«Une fois sur le banc, on va se détester comme les autres»

FootballPère et fils, entraîneurs de Gingins et de la «deux» du Stade Nyonnais, Michel et Yannick Tachet se feront face samedi.

S’ils avouent un respect mutuel, Michel (à g.) et Yannick Tachet promettent de ne pas se faire de cadeau samedi.

S’ils avouent un respect mutuel, Michel (à g.) et Yannick Tachet promettent de ne pas se faire de cadeau samedi. Image: Jean-Luc Auboeuf

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Chez les Tachet, le foot est religion. Avec un ancien pro, une tenancière de buvette, un commentateur et pléthore de joueurs ou entraîneurs pour garnir les dernières branches de l’arbre généalogique. Le sujet de discussion est donc tout trouvé lors des réunions de famille.

Samedi, ils devraient d’ailleurs être quelques-uns à prendre le chemin de Colovray, sachant que Michel, le père, et Yannick, son fils, seront opposés, sur les bancs respectifs de Gingins et du Stade Nyonnais II. Un affrontement symbolique entre deux coaches proches dans la vie, liés par l’amour du ballon rond et qui n’ont pas attendu ce week-end pour commencer à se charrier. Avec, en toile de fond, une lutte pour faire sa place dans le haut du tableau de 2e ligue. Interview croisée.

Qui aura le droit au soutien de la famille? Yannick: Nyon, forcément! On est le double de Tachet. J’entraîne et Jimmy, 0mon petit frère, joue.

Michel: Il marque un point. Mais je n’ai pas besoin de ça pour gagner (rires).

Justement, pourquoi ce derby va-t-il vous revenir? Y: Parce qu’on monte en puissance. On a mal commencé le championnat, mais on est en train de retrouver des principes de jeu. On récupère certains blessés, aussi.

M: D’abord, parce qu’on est intouchables dans les derbys. On en a disputé quatre jusqu’ici cette saison, pour autant de victoires. Ensuite car on a besoin de points pour rester en haut du classement. Et aussi un peu pour faire ch… mon fils.

Quelle sera la clé pour gagner ce match? Y: Déjà, ne pas leur laisser prendre leur chance en demi-volée à 25 mètres. Ils en ont déjà marqué trois comme ça récemment. Ensuite, déplacer la rencontre de quelques mètres, sur le terrain 7. C’est un synthétique. Sur cette surface, on est l’équipe la plus à l’aise des deux.

M: Éviter de reproduire le même match que la saison dernière. Après 19 minutes, il y avait déjà 4-0 pour Nyon…

Si vous pouviez voler un élément à l’autre… Y: (après réflexion) Théo Schaller, l’un de ses ailiers. Il est jeune, ambitieux, talentueux: il conviendrait à merveille à l’effectif de Nyon.

M: C’est dur à dire, sachant que les deux formations ont des philosophies très différentes. À la «deux» du Stade, ils aspirent tous à jouer plus haut, avec l’équipe fanion. Ce qu’on ne pourrait pas leur offrir à Gingins. Je dirais peut-être Joan Londono, un milieu de terrain qui s’adapterait bien chez nous.

Sur le banc samedi, ce sera chaud? Y: Ça fait un petit moment qu’on parle de ce match, qu’on appréhende la situation. J’ai de la peine à imaginer à quoi cela va ressembler. Mais ce sera particulier, à coup sûr. Je n’oublie pas que j’ai hérité de tout le travail que mon père a effectué avant mon arrivée, lorsque c’est lui qui dirigeait la réserve de Nyon. Je dirais même que tout ce que j’ai appris dans le foot, c’est lui qui me l’a transmis. Donc ce moment, avant tout, ce sera une fierté.

M: C’est une fierté, absolument. Maintenant, on ne se projette pas dans ce match comme s’il avait eu lieu dès la reprise. D’un côté comme de l’autre, on vit une semaine très chargée. Il y a les 16es de la Coupe vaudoise, ce derby, puis on recevra encore Concordia en milieu de semaine prochaine. Mais une fois face à face, chacun sur son banc, je pense qu’on va se détester comme on déteste les autres. Surtout s’il fait preuve de mauvaise foi (rires).

Pourquoi l’autre est-il un bon entraîneur? Y: Parce qu’il est passionné. Je connais peu de monde qui passe autant de temps que mon père au bord des pelouses. C’est un ancien milieu de terrain: le foot, il connaît. D’ailleurs, il est la personne dont l’avis m’intéresse le plus après un match. La saison dernière, j’ai reçu pas mal de compliments pour le joli championnat qu’on a réalisé. Lui savait me dire quand j’aurais pu mieux faire, et c’est ça qui m’aide à progresser.

M: Yannick, il est dix fois plus au courant que moi sur les méthodes actuelles. Et ce qu’il arrive à faire malgré sa maladie (ndlr: il souffre d’amyotrophie spinale, une maladie rare qui entraîne une atrophie des muscles) est inspirant. Il ne peut pas jouer mais il a tout de même réussi à obtenir le respect de ses joueurs. Ça veut dire beaucoup.

Où se trouveront les deux équipes à la fin de la saison? Y: Dans le top 5. Et face à face en demi-finale de la Coupe.

M: Même pronostic. Dans un groupe aussi disputé, c’est compliqué d’être plus précis.

Créé: 25.10.2019, 09h13

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