Crispations autour du Team Vaud

FootballLa structure faîtière de formation a atteint un niveau jamais égalé. Ce qui n'empêche pas des partenaires de s’estimer lésés.

Si les relations entre les différents acteurs du Team Vaud sont globalement bonnes, il existe aussi certaines incompréhension.

Si les relations entre les différents acteurs du Team Vaud sont globalement bonnes, il existe aussi certaines incompréhension. Image: Iris Andermatt

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Le Team Vaud accueille tous les meilleurs jeunes footballeurs du canton, avant de les «redistribuer» au terme de leur cursus. Cette seule phrase suffit à comprendre que, non, le centre de formation ne peut pas faire l’unanimité. La structure est alimentée en juniors et en fonds par sept clubs partenaires: Stade-Lausanne, Yverdon, Nyon, Bavois, Vevey, Échallens et Gland. Ces clubs évoluent souvent au même niveau. Et finissent par entrer en concurrence. Conséquence? Une incompréhension peut s’installer devant ce qui est parfois jugé comme une inégalité de traitement, et amener certaines équipes à se fâcher.

Querelles d’argent

Commençons par ce qui fonctionne idéalement: les partenaires issus de la 1re ligue. Les deux clubs concernés, Échallens et Vevey, alimentent le système autant qu’ils en profitent. Dans le Gros-de-Vaud comme sur la Riviera, on accorde une place de choix aux éléments passés par la filière Team Vaud, souvent des joueurs de qualité, mais trop justes pour prétendre à la ligue nationale ou qui explosent sur le tard.

Mais si la situation devait changer «En évoluant en quatrième division, nous sommes conscients d’occuper une position privilégiée, explique William von Stockalper, président de Vevey. Parmi la dizaine d’anciens joueurs du Team Vaud qui évoluent chez nous, peut-être que seulement la moitié aurait sa place à l’échelon supérieur. Et simplement un ou deux en Challenge League. En somme, si nous venons à monter en Promotion League (troisième division), notre position vis-à-vis du Team Vaud pourrait être reconsidérée. Dans la mesure où la formation dans notre région fonctionne bien, Vevey United offrirait bon nombre de débouchés à ses jeunes, qui n’auraient plus forcément besoin de rejoindre la structure cantonale.»

Devenir suffisamment puissant pour éviter que ses meilleurs éléments partent systématiquement dans la capitale, sans billet de retour: cette idée a déjà traversé la tête du leader de Promotion League, Yverdon Sport. «Nous ne sommes pas en guerre avec le Team Vaud, loin de là. Nos contacts sont même plutôt bons, assure le président Mario Di Pietrantonio. Simplement, nous avons parfois le sentiment de plus donner que de recevoir.» YS a notamment vu partir gratuitement Jordan Lotomba (désormais à Young Boys) et Théo Rochat (Team Vaud M21). À l’inverse, les Nord-Vaudois alignent depuis un an et demi le gardien Kevin Martin, qu’ils avaient initialement formé avant son départ pour Lausanne.

Ces critiques amènent à s’intéresser à la structure du Team Vaud. L’entité pèse quelque 2 millions de francs de budget annuel, et l’entier du déficit est garanti par... le Lausanne-Sport. Dans les faits, des clubs comme Yverdon ou Stade-Lausanne versent environ 100000 francs par saison au Team Vaud, une somme qu’ils ne financent qu’en petite partie, la majorité étant assumée par des aides et des sponsors. L’apport du LS, lui, atteint environ le demi-million de francs annuel. D’où la position préférentielle qu’il s’octroie au moment de s’attacher les services des juniors les plus prometteurs.

«Certains clubs se plaindraient de n’avoir rien touché sur le transfert de Bryan Okoh à Salzbourg (ndlr: le défenseur de 16ans appartenait au Team Vaud et a été recruté cet été pour 2 millions d'euros), soulève Stefan Nellen, vice-président du LS. Très bien, partageons. Mais dans ce cas, nous invitons tout le monde à couvrir la perte croissante engendrée par la structure. À l’époque de la présidence de Jeff Collet et d’Alain Joseph au LS, il était question de 100000 francs par année. Pour les deux saisons actuelles, nous parlons de 750000 francs en tout. Autant dire que nous arrivons vite aux 2 millions du transfert de Bryan.»


«Nous avons parfois le sentiment de plus donner que de recevoir»

Mario Di Pietrantonio, président d'Yverdon-Sport

Le départ de la pépite lausannoise pour l’Autriche est surtout la preuve que, sportivement, la formation vaudoise ne s’est jamais aussi bien portée. Le Lausanne-Sport voit presque chaque année un ou plusieurs de ses anciens juniors tenter leur chance plus haut, avec une jolie plus-value financière. Le dernier transfert en date est celui de Dan Ndoye, engagé par l’OGC Nice en début de semaine. Et la liste n’a pas fini de s’allonger.

«À l’époque du Mont en Challenge League, on était parvenus à mettre en place quelque chose d’intéressant en collaboration avec le LS, rappelle Serge Duperret, l’ex-président montain, aujourd’hui directeur sportif d’Yverdon. Ce qui avait permis de relancer certains jeunes. Je pense à Numa Lavanchy, par exemple. Aujourd’hui, mais ce n’est peut-être que mon impression, le LS paraît moins accessible, les contacts sont plus rares.»

Un sentiment partagé par Yagan Hiraç, directeur sportif de Stade-Lausanne. «Plus de 15% du contingent des différentes équipes du Team Vaud vient de chez nous, précise-t-il. Par contre, l’été dernier, nous avons été contraints de diriger notre recrutement vers d’autres clubs. Lorsque nous avons souhaité faire venir un joueur issu de la formation et sous contrat avec le LS, le club a imposé qu’on lui fasse bénéficier d’un temps de jeu minimum. Je ne trouve pas ça correct.»

«On avait demandé exactement la même chose à Saint-Gall lors du prêt de Simone Rapp, rétorque Stefan Nellen. Cela va surtout dans l’intérêt du joueur.» Ou quand celui-ci se frotte aux intérêts personnels... «On peut résumer cela ainsi: ceux qui jouent le jeu du Team Vaud en sont récompensés.»


La filière type

Dès l'âge de 12 ans, un jeune Vaudois prometteur est amené à quitter son club formateur pour rejoindre l'une des quatre sections régionales du Team Vaud (La Côte, Riviera, Lausanne et Yverdon région/Broye). S'il se trouve être à la hauteur des attentes, la suite de son cursus se déroule dans la capitale à partir des M16, puisque l'honneur des compétitions nationales est réservée à la section lausannoise du Team. Son aventure dans la ville olympique peut durer jusqu'aux M21, après quoi commence sa carrière en actif. Le moment où il peut devenir l'objet de toutes les convoitises et, parfois, le nœud des tensions.

«Ce que souhaiterait le Lausanne-Sport, c'est de dissocier les étapes de pré-formation (M13-M15) et le centre de formation basé à Lausanne (M16-M21), explique Stefan Nellen. Cela ne changerait rien au parcours actuel du junior. Simplement, le LS assumerait financièrement ce deuxième stade d'apprentissage. Ce qui veut dire que l’identifié des coaches et des formateurs serait de notre ressort uniquement.» Contrairement à aujourd'hui, où les huit clubs et les quatre Team régionaux, en plus de l'Association cantonale vaudoise (ACVF), possèdent un droit de vote égal dans l'entier des affaires du Team Vaud.

Créé: 30.01.2020, 07h57

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