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Coupe de SuisseLe jour où Échallens avait battu le «grand» Servette aux Trois-Sapins

Les Vaudois défient les Grenat ce samedi en Coupe de Suisse, quatorze ans après une mémorable victoire en championnat.

20 août 2005. Échallens remportait une vicoire «historique» face à Servette, qui repartait en 1re ligue après une faillite traumatisante. Ci-dessus, Chedly se fait stopper par Xavier Pittet devant le but d’Échallens, défendu par Marc Hubacher.
20 août 2005. Échallens remportait une vicoire «historique» face à Servette, qui repartait en 1re ligue après une faillite traumatisante. Ci-dessus, Chedly se fait stopper par Xavier Pittet devant le but d’Échallens, défendu par Marc Hubacher.
PATRICK MARTIN

Échallens et Servette se retrouvent samedi après-midi au stade des Trois-Sapins, quatorze ans après. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et tout semble opposer ces deux matches. Aujourd’hui, le Servette d’Alain Geiger s’avance en terres vaudoises avec le désir de conforter, à l’occasion de ce 32e de finale de Coupe de Suisse, son bon début de saison en Super League. Le 20 août 2005, les Genevois, à peine relevés d’une traumatisante faillite, découvraient la vie en première ligue – et subissaient la première défaite de leur nouvelle existence (2-1). Oui, tout a changé entre ces deux matches. Mais certaines traditions demeurent, à commencer par la farouche volonté qu’a le «petit de la campagne» de faire trébucher le «grand de la ville».

John Dragani en répond, lui qui était sur le banc d’Échallens en 2005 et qui s’y assoira ce samedi aussi. «Battre Servette, c’était forcément quelque chose. On avait aussi gagné contre le Lausanne-Sport de Gérard Castella et Gabet Chapuisat un peu avant, se remémore sourire en coin le coach vaudois, qui a prévu d’animer sa causerie avec ces morceaux de bravoure. Inconsciemment, il y avait une stimulation supplémentaire, on avait su se transcender face au grand. On va essayer de retrouver ça, avec notre identité propre, nos valeurs: travail, humilité, grinta. Mais attention, on risque de passer un après-midi compliqué. À l’époque, Servette était une équipe de première ligue. Aujourd’hui, ils pratiquent l’un des meilleurs foots du pays.»

La mémoire perdue

À l’été 2005, Échallens s’était montré supérieur, dans l’envie et même le jeu. «On avait perdu?!? Je te jure, je ne me souviens pas, c’est incroyable, normalement je me rappelle tous mes matches… Tu es sûr que j’étais sur le terrain?» Oui, Oscar Londono, et ce jour-là, ça n’était pas beau à voir. «C’était une belle aventure, c’est une fierté d’avoir connu cette époque, rigole avec une pointe de nostalgie celui qui avait été l’un des rares pros à ne pas quitter le navire grenat à l’heure du naufrage. On repartait comme une petite famille avec quelques personnes comme le président Viñas et le directeur sportif Sébastien Fournier, dans un esprit ultrasain, avec tous ces gamins qui ont pour la plupart fait carrière.»

Parmi les gamins, il y avait Julian Esteban, Genséric Kusunga ou Tibert Pont. Et Geoffrey Tréand, qui ne garde «pas un très bon souvenir» de ce match: «C’était juste après le cataclysme, tout avait changé dans le club, on vivait le début de quelque chose, avec quelques anciens et les jeunes. Notre but, c’était ramener Servette en Challenge League tout en apprenant le métier. On avait faim.» Cela ne s’était pas beaucoup matérialisé, ce jour-là. «On traversait une période pas évidente, il fallait du temps pour créer l’amalgame», plaide Xavier Hochstrasser, lancé par l’entraîneur Jean-Michel Aeby à 17 ans. Lui non plus ne se rappelle plus trop ce match du 20 août 2005…

Atmosphère spéciale

Les souvenirs sont meilleurs, plus clairs côté Échallens. «J’ai vécu d’autres beaux moments, comme la promotion en Challenge League avec Nyon, mais c’est sûr qu’une victoire contre Servette, ça reste dans la carrière d’un joueur de première ligue, dit Hervé Rickli, qui avait signé le 2-0 à la 70e – Albino Bencivenga avait ouvert le score dès la 10e. Je me souviens qu’on avait souffert dans le dernier quart d’heure (ndlr: Philippe Cravero avait réduit le score à la 79e), mais ça avait passé.»

Hervé Rickli ne pourra pas être au stade des Trois-Sapins puisque, dans le même temps, Pully lui offre la possibilité de disputer son dernier match d’attaquant contre Bâle. Mais il prédit aux Genevois une expédition épineuse. «Je vois bien Échallens accrocher Servette, ils ont les moyens de créer la surprise, je peux même vous dire que je vois bien Quentin Rushenguziminega me succéder dans le rôle du buteur.»

Ça rigole au bout du fil, entre bons souvenirs d’antan et match de Coupe à venir. «Il y a toujours une atmosphère spéciale pour ces affiches, avec un joli public dans un vrai stade de foot, j’imagine que les gars se défonceront pour essayer de faire tomber le grand, comme nous à l’époque, espère Thierry Pichonnaz, formé à Échallens, sur le terrain en 2005. Servette, à l’échelle suisse, c’est l’Histoire avec un grand H.» Une histoire faite d’heures glorieuses et d’insondables galères. Une histoire qui, de temps en temps, repasse par Échallens.

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