Il a manqué quatre matches du FC Bâle depuis quinze ans

FootballPatrick Sauteur, kiosquier à Yverdon, est un fondu du FCB, qu’il suit partout. Dimanche, il vivra sa 11e finale de Coupe!

Gérant du kiosque situé dans le Migros Métropole du centre-ville d’Yverdon, Patrick Sauteur est un visage connu de tous.

Gérant du kiosque situé dans le Migros Métropole du centre-ville d’Yverdon, Patrick Sauteur est un visage connu de tous. Image: Patrick Martin

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Il en rigole encore, Patrick Sauteur. «C’était en 2006, Bâle recevait Strasbourg en Ligue Europa. Un client avait joué Strasbourg gagnant. Il me tend son ticket et je le déchire! Il me demande ce que je fais et je lui réponds que je ne peux pas valider un pronostic donnant Bâle perdant. Il l’a refait avec une victoire du FCB et là, c’était bon, j’ai passé son coupon.» Le résultat du match le soir-même? «Victoire de Strasbourg!» Cette fois, le kiosquier le plus célèbre d’Yverdon-les-Bains se marre franchement. «Si j’ai des remords? Non!»

Il faut dire que Patrick Sauteur (48 ans) est un vrai phénomène. Les habitants d’Yverdon ne connaissent pas son nom, mais il est pourtant l’une des «semi-personnalités» les plus connues de la deuxième ville du canton. Arrivé dans le Nord vaudois en 1996, il a successivement géré les kiosques de la gare, puis celui de la Migros au centre-ville, qui sont de très loin les deux plus fréquentés. Son visage, tout le monde le connaît.

Ce que les clients de passage savent moins, voire pas du tout, c’est que l’homme est un ravagé du FC Bâle, une passion dévorante. Depuis l’inauguration du Parc Saint-Jacques, en 2001, il n’y a tout simplement... pas raté un match officiel! Mieux, sur les quinze dernières années, il n’a manqué que quatre rencontres du FCB, toutes à l’extérieur. Et ce Lausanne-Bâle de 2012, tombé le jour de son mariage, lui fait encore mal. «Ma femme voulait annuler, car elle voyait que ça me minait. J’ai dit non, quand même.» Il a également renoncé à un voyage en Islande, à cause du coût. «J’ai des limites. C’est ma passion, d’accord, mais le billet d’avion était 800 francs. J’ai été raisonnable, sans regrets. Pour une finale, je ferai l’effort. Là, je ne compterai pas, c’est sûr.»

La liste des déplacements du club rhénan depuis quinze ans donne un aperçu de sa grandeur, mais aussi une certaine idée du tour d’Europe auquel a eu droit l’un de ses fans les plus passionnés. «J’en suis à vingt-sept pays visités grâce au FCB», détaille Patrick Sauteur, qui cite spontanément les déplacements au PAOK Salonique, à Poznan, en Israël, à Liverpool et à Chelsea parmi les plus marquants. Evidemment, cette passion entame son budget. «Cette année, on a eu coup sur coup Limassol, Salonique et Arnhem, c’est clair que la fin de mois a été un peu plus compliquée.» On lui suggère que l’élimination prématurée de la scène européenne a au moins fait du bien à son portemonnaie, mais la remarque le fait moyennement sourire. Il ne se prive pas d’avouer, d’ailleurs, qu’une défaite n’est agréable ni pour lui, ni pour son entourage. «C’est sûr que ça influe sur mon humeur. Je déteste que le FCB perde, même contre Barcelone. Après un moment, c’est bon. Le lendemain au boulot, aucun problème. Mais le jour-même, je n’aime pas ça.»

Parmi les souvenirs marquants, le déplacement à Sarajevo figure en bonne place. «Vingt heures de car à l’aller, vingt heures au retour.» Est-il le fan le plus passionné du FCB? «Non. Je suis bien placé, mais j’en connais qui n’ont raté aucun match. Moi, il m’en manque quatre. Aucun souci, ce n’est pas un concours.»

Sur place, il voit souvent les mêmes têtes et se fait des amis, mais il apprécie également voyager seul. «Ma femme vient avec moi des fois. Elle voulait voir Israël et la Russie, j’étais tout content de la prendre avec. Des fois, j’y vais avec des copains, des fois en solitaire. J’essaie de visiter un peu, mais ce n’est pas toujours possible.» Culpabilise-t-il quand il laisse son épouse seule? «Non. Tout est clair avec elle, on est ensemble depuis 29 ans. Je suis absent un jour sur deux le week-end. L’autre, je suis avec elle. Comme un gars qui joue en 3e ligue, rien de plus. Mis à part les déplacements européens, bien sûr.»

A noter que Patrick Sauteur n’est pas un ultra. «Non. A Bâle, je suis assis en face d’eux. Mais je les apprécie et à l’extérieur je suis avec eux. J’essaie de me mettre dans un coin pour ne pas être gêné par les drapeaux. Je veux voir mon match, en profiter.» Ce sera encore le cas dimanche à Berne (14h) pour la finale de la Coupe de Suisse face à Thoune. La 21e pour le FCB, la 11e pour Patrick Sauteur.

Reste une question, quand même: se déplace-t-il aussi pour les matches amicaux? «Disons que j’en fais peu.» Une pause. «Mais l’hiver est long, le FCB me manque vers la fin. Alors je m’en fais quand même un ou deux avant que la saison recommence.»

Créé: 17.05.2019, 08h03

Conquis par l'ambiance

Patrick Sauteur se rappelle parfaitement de son premier match du FC Bâle à la télévision. «La finale de la Coupe en 1982, perdue face à Sion.» Son premier match au stade a eu lieu lors de la saison 1986-87, un LS-Bâle. Et petit à petit à petit, le virus «rouge et bleu» le gagne.

«Je suis Broyard fribourgeois à la base, j’allais voir Gottéron quand j’étais jeune, mais j’ai tout de suite accroché au FCB, à cet état d’esprit, à ces supporters si impressionnants en déplacement. J’ai eu la chance de vivre la montée en puissance des années 2000, mais j’étais déjà là dans les années 90 quand on jouait en LNB partout en Suisse romande. C’étaient de très belles années aussi et l’ambiance de l’ancien Saint-Jacques est encore bien présente dans mon esprit. Quand vous supportez le FCB, vous faites partie d’une grande famille et j’aime ça.»

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