Marco Cardello, au cœur du phénomène Prangins

FootballLe buteur en série de La Côte plante des goals pour une équipe qui aligne les promotions et les matches sans défaite.

Marco Cardello a déjà scoré sept fois en championnat cette saison.

Marco Cardello a déjà scoré sept fois en championnat cette saison. Image: Florian Cella

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Les joueurs de Prangins ont mis sur pied une tradition un peu fourbe. Entre la fin de chaque match et le début du premier entraînement de la semaine, ils votent pour élire le pire geste d'un des leurs sur le terrain durant le week-end. Le «gagnant» se voit contraint de porter un maillot rose fluo, probablement visible depuis le château du village, durant l'intégralité des deux séances hebdomadaires. «Cette semaine, c'est notre gardien qui s'y colle, sourit Marco Cardello. Il a paniqué sur une passe en retrait dimanche contre Echichens II. L'attaquant est venu le presser et il a réussi à contrer le ballon, qui a fini sur la ligne. Moi? J'en ai hérité il y a deux semaines. J'ai tiré la balle directement dans la tête d'un coéquipier... à l'engagement. On ne me l'a pas pardonné.»

Ce jeudi soir de début octobre, le serial buteur donne un coup de main à la «deux», en 5e ligue. Cela lui permet au passage de courber un entraînement avec la première, ce que ne manquent pas de lui faire jalousement remarquer certains de ses partenaires. «C'est un match important, contre les premiers, Lavigny. On aimerait bien le gagner. Mais je ne fais qu'une mi-temps, il faut que je sois en forme pour la rencontre de ce week-end», explique-t-il à vingt minutes du coup d'envoi, pas trop pressé d'entamer son échauffement. Malgré ses deux goals, Prangins II s'inclinera de justesse, 2-3.

Des buts et de la bonne humeur, voilà exactement ce qu'était venu chercher Marco Cardello aux Abériaux, où il fait le bonheur de l'équipe locale depuis bientôt une année. Deux domaines desquels l'attaquant s'était un peu égaré. «Disons qu'on m'a fait deux-trois remarques quand j'étais à Gland, comme quoi je marquais un peu moins qu'avant. Ce n'était rien de méchant, il s'agissait même de la stricte vérité, mais ça m'a un peu bouleversé. Ça fait trente ans que je joue au foot et trente ans que j’inscris des buts. C'est mon truc, ce qui me fait me sentir bien. Alors traverser deux, trois voire quatre matches sans ça, c'était dur.» Et puis est arrivé le coup de fil de Kurt Hann, l'ancien président. Et la résurrection.

Un renouveau venu de Divonne

Il faut dire que Prangins Sport est devenu un club un peu à part. La première équipe a connu la 2e ligue à l'époque, mais elle était surtout retombée en 5e ligue, tout en bas de la pyramide. Ceux qui l'ont sortie de là? Des anciens joueurs de Divonne, habitués à participer au tournoi à six de fin de saison organisé par Prangins. «On l'a remporté une fois, deux fois, trois fois... Puis l'ancien président, un type génial, nous a dit de garder la coupe, se remémore Romain Vosdey, le capitaine. Comme un de nos joueurs possède un bateau qu'il parque ici, il a fini par rejoindre le club, en sachant où il mettait les pieds.» Tel un pionnier. Les autres suivront rapidement le mouvement.

À l'étroit en 5e ligue, le PS remonte dans la foulée et grâce à son nouveau souffle en 4e ligue. Avant de fêter une deuxième promotion successive l'été passé. «Pour vous donner une idée, à Divonne, on jouait souvent en préparation contre des équipes genevoises. On dominait celles de 2e ligue. Par contre, on était un peu courts face à celles de 2e inter», détaille le défenseur central. Stéphane Prieur, l'entraîneur, a d'ailleurs suivi le même chemin.

Invaincu depuis 24 matches

Les divisions régionales françaises, Marco Cardello n'a pas connu, lui qui a surtout fait trembler les filets pour Italia Nyon, Saint-Prex et Crans. Mais le buteur de 36 ans s'est adapté sans peine à son nouvel environnement. «Avec eux, c'est facile: ce sont des grands malades, se marre-t-il. Ce que j'aime, c'est qu'on s'amuse.Mais une fois qu'on se trouve sur le terrain, on est capables de tourner le bouton et de se montrer sérieux.»

Dans le groupe 1 de 3e ligue, personne ne dira le contraire, puisque aucune équipe n'est encore parvenue à faire tomber le phénomène Prangins Sport. Mieux: sa dernière défaite officielle remonte au 28 octobre 2018. Soit une année et 24 matches sans connaître le moindre revers. «Jusqu'où on peut aller? Disons qu'il y a l'objectif, assez modeste, donné par le club, et il y a celui qu'on s'est fixé entre nous», lâche Marco Cardello, sans en dire plus.

Quoi qu'il en soit, l'attaquant, qui finira tôt ou tard par ranger ses crampons, a un rôle majeur à jouer dans la destinée de son équipe. Lui qui pointe à la huitième place des meilleurs buteurs de 3e ligue, avec sept réalisations, pas loin devant son jeune coéquipier Loïk Primiceri (six). «Loïk, il peut vraiment faire quelque chose dans le foot. Il a tout. Il faut simplement qu'il relativise un peu plus ses échecs et qu'il ne se laisse pas abattre par une contre-performance ou une erreur.» Le conseil vient d'un partenaire qui a deux fois son âge, et pourtant encore beaucoup à apporter à un Prangins qui n'a pas fini de faire parler de lui.

Créé: 26.10.2019, 10h07

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