Maxime Brenet échappe de peu à une arnaque

FootballLe nouveau gardien du Stade Nyonnais était tout près de s’engager à Bahreïn avant de flairer une sombre escroquerie.

Après un été tumultueux, Maxime Brenet a eu la chance de pouvoir rebondir au Stade Nyonnais.

Après un été tumultueux, Maxime Brenet a eu la chance de pouvoir rebondir au Stade Nyonnais. Image: Vanessa Cardoso

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Samedi 10 août, Maxime Brenet défendait les buts du FC La Chaux-de-Fonds en 1re ligue. Samedi dernier, il contribuait à la brillante victoire du Stade Nyonnais contre Étoile Carouge. Mais ce qui nous intéresse vraiment, ce sont ces six semaines qui séparent ces deux dates. Quarante-deux jours durant lesquels le gardien franco-suisse est passé par tous les états d’âme. Du fol espoir de décrocher enfin, à 27 ans, un vrai contrat de joueur professionnel, à la découverte que ce rêve avait un prix. Celui d’une escroquerie.

«Je savais bien sûr déjà que le monde du football était peuplé de personnes peu recommandables, raconte Maxime Brenet. Mais ce que j’ai vécu cet été me confirme une fois encore que nombre de gens qui gravitent dans ce milieu cherchent à n’importe quel prix à gagner de l’argent, sans se préoccuper du mal qu’ils font.»

Visiblement encore marqué par sa mésaventure, Maxime Brenet la détaille avec minutie. «Au lendemain de ce match avec La Chaux-de-Fonds, où je venais d’arriver quelques semaines plus tôt, un ami me demande si je suis intéressé par un éventuel transfert à l’étranger. J’accepte, sans me faire la moindre illusion. Mais peu après un agent anglais, David Houghian – qu’il connaît bien – me contacte pour me dire qu’un club à Bahreïn est intéressé. Prudent, je prends alors des renseignements sur l’agent et sur le club d’Al Riffa auprès d’une connaissance qui travaille à la FIFA. Où l’on me confirme que tout est en règle, des deux côtés.»

L’espoir commence vraiment à prendre forme lorsque Maxime Brenet reçoit, chez lui, un contrat dûment signé d’Al Riffa, qu’il n’a plus qu’à parapher. «Très méfiante jusque-là, mon épouse, avec laquelle j’ai eu un enfant un an plus tôt, accepte donc l’idée de vivre à Bahreïn les dix-huit prochains mois. En formation à Neuchâtel, je demande à mon employeur de suspendre mon contrat et à La Chaux-deFonds de me libérer de mes obligations.»

5000 dollars à verser

Tous deux acceptent et la famille Brenet dénonce le bail de l’appartement puis vend ses meubles dans la précipitation. Mais, alors que les billets d’avion devaient leur être livrés pour un départ le mardi 20 août, rien n’arrive. «Mon agent anglais a alors contacté l’entraîneur et manager du club, celui qui avait signé mon contrat, qui lui a répondu que je devais d’abord m’acquitter de la somme de 5000 dollars, soit un peu plus que mon salaire mensuel promis à Bahreïn, pour finaliser l’affaire. Sous différents prétextes, tous aussi étranges les uns que les autres. Pour le coup, je lui demande de tout stopper avec Al Riffa.»

David Houghian revient alors à la charge en proposant à Maxime Brenet un autre club, au Kazakh­stan cette fois. «Dans la situation qui était alors la mienne, soupire le gardien, j’ai accepté cette hypothèse. D’autant plus que cet important club, qui ambitionnait de jouer l’Europe la saison prochaine, me proposait un salaire net annuel de quelque 100'000 dollars.» Mais, cette fois encore, la finalisation du transfert tarde parce que, avant de le régler, l’agent doit d’abord convaincre les dirigeants kazakhs d’engager le staff technique qu’il leur propose. «Au bout de quelques jours d’attente vaine, explique Maxime Brenet, j’ai choisi de tout abandonner. Une décision d’autant plus facile à prendre que le Stade Nyonnais m’avait appelé entre-temps.»

Six semaines à haute tension qui se terminent plutôt bien puisque Maxime Brenet a non seulement pu reprendre son apprentissage de dessinateur en génie civil, mais encore trouvé, dès le 1er octobre, un nouvel appartement à Neuchâtel et, enfin, déniché un poste de gardien en Promotion League, soit une catégorie en dessus de celle de La Chaux-de-Fonds.

«Les choses ne vont toutefois pas en rester là, conclut-il. Toutes les démarches entreprises, la perte de salaire durant plus d’un mois et la vente, à perte, de nos meubles nous ont quand même coûté quelques milliers de francs. Raison pour laquelle j’ai décidé d’attaquer ce manager général d’Al Riffa, un Égyptien je crois, devant la FIFA, qui offre tous les frais de procédure pour régler ce type de cas. Et, quel que soit le temps que cela prendra, j’irai jusqu’au bout. Pour récupérer cet argent mais, surtout, afin que cela puisse servir d’exemple à tous ces joueurs qui sont depuis longtemps victimes, de par le monde, de ces tentatives d’escroquerie.»

Créé: 23.09.2019, 22h26

«J’en ai fini de rêver. À moins que…»

Le retour au jeu de Maxime Brenet a été couronné de succès, samedi à la Fontenette. Face à l’un des favoris de Promotion League, Stade Nyonnais s’est imposé 4-0. «Je n’ai pas eu trop de boulot, sourit le gardien. Rien de bien difficile, si l’on excepte un bel arrêt à la 90e minute.»

Habitué à changer souvent de club, Maxime Brenet espère se mettre en valeur à Nyon. Afin de décrocher enfin un lucratif contrat? «Non, j’en ai fini, cette fois, de rêver d’un engagement à l’étranger, assure-t-il. Ou alors il faudrait que ce soit vraiment quelque chose de solide…»

Un entêtement – ou une envie de croire en une bonne étoile tardive – que Maxime Brenet justifie à sa façon. «D’autres penseront peut-être le contraire, mais j’estime
ne pas avoir eu, jusqu’à aujourd’hui, la carrière que je méritais. Parce que, lorsque j’étais deuxième gardien à Xamax, en Super League, j’ai commis l’erreur de trop ouvrir ma gueule, mais aussi parce que je n’ai pas eu beaucoup de chance.» L’avenir donnera-t-il raison sur le tard au gardien nyonnais?

Bio express

Né le 1er mars 1992, à Chambéry (France)

Poste: gardien
Club: Stade Nyonnais
Parcours;

Ne/Xamax jusqu’en janvier 2012
2012-2013 Serrières
2013-2014 Fribourg
2014-2016 Le Mont
Janvier-juin 2017 Yverdon
2017-2018 Guin
2018-2019 Colombier

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