Mouloud Mekaoui veut faire renaître Montreux

FootballLe Stéphanois est en train de refaire le coup de Bex à Chailly. Et, cette fois, il ne compte pas s’arrêter en cours de route.

Mouloud Mekaoui, le fédérateur qui veut remettre le FC Montreux-Sports au centre de la carte.

Mouloud Mekaoui, le fédérateur qui veut remettre le FC Montreux-Sports au centre de la carte. Image: Chantal Dervey

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L’exigence. Voilà ce que Mouloud Mekaoui a gardé de son parcours de footballeur professionnel. On adorerait l’écouter s’étendre sur son passé de latéral rapide et percutant, mais ce n’est vraiment pas le genre de la maison. L’homme a enfermé ces souvenirs-là loin au fond de lui et veille à ce qu’ils y restent.

«J’étais un joueur quelconque, voilà tout. On peut parler de Montreux, maintenant?» Pas tout de suite. Parce que celui qui a grandi à quelques kilomètres de Saint-Étienne a bien été formé à l’ASSE, avant de faire carrière durant une dizaine d’années en France, notamment à Valence. Voilà qui mérite d’être dit.

«Mais je ne m’identifie pas à ce football-là. Les joueurs sont traités comme de la marchandise, pas comme des êtres humains. Lorsque des clubs de ligue nationale ont appris que j’étais arrivé en Suisse, il y a treize ans, j’aurais pu rebondir. J’ai dit non. J’étais dégoûté. Je n’avais plus envie de ça.» Voilà pour les détails dont il faudra se contenter.

On ne rigole pas avec le foot

Heureusement, le parcours de Mouloud Mekaoui avec une casquette d’entraîneur sur la tête est également inspirant. Avec donc, comme principe inaliénable, cette exigence qui le caractérise. Au FC Montreux-Sports, tous les joueurs ont reçu un équipement pour l’entraînement et tout le monde doit être assorti à chaque séance. C’est la règle. Sous peine de passer à la caisse. La méthode est militaire, mais elle fonctionne. «Et, de toute façon, ils n’ont pas le choix, pose fermement le technicien. On ne rigole pas avec le football. La notion de plaisir est fondamentale, mais ça reste un travail, à effectuer avec sérieux. C’est la base d’afficher et de porter fièrement les couleurs du club. Le MS doit représenter quelque chose dans la vie de mes joueurs.»

Le Stéphanois est loin d’être un tyran pour autant. Ce n’est pas à lui qu’on va apprendre qu’on ne commande pas l’AS Saint-Étienne comme on dirige des amateurs en 2e ligue. Et d’ailleurs, ceux-ci ont plutôt tendance à vouloir évoluer sous ses ordres qu’à le fuir. À l’été 2018, lorsqu’il a pris les commandes de Montreux, son contingent n’était fourni que de trois joueurs. Aujourd’hui, Mouloud Mekaoui jongle avec une trentaine d’éléments, en faisant tout pour éviter un défaut qui l’a fait souffrir dans son autre vie: la négligence.

«La blessure bête»

«Disons que j’ai connu le coup de la blessure bête de laquelle on veut se relever trop vite, pour continuer à exister, et qui empire. Et pendant ce temps-là, croyez-moi, j’étais seul. Alors j’essaie de me montrer particulièrement présent pour mes blessés.» D’ailleurs, l’une des premières choses que le Français a mises en place en arrivant à Chailly, c’est une cellule de soins efficace.

Un premier pas pour faire grandir, ou plutôt renaître, le FC Montreux-Sports. Habituellement prudent lorsqu’il s’agit de se projeter, Mouloud Mekaoui y va cette fois sans prendre de pincettes: «Montreux n’est pas un club de 2e ligue. Notre projet s’étend sur le long terme, on parle de cinq ans, voire plus. Mais l’idée, c’est d’atteindre la 1re ligue. Et pas n’importe comment! En donnant leur chance à des jeunes de la région, qui en compte tellement.»

Un passage marquant à Bex

Le discours semble idéaliste, mais l’homme fort du MS peut tendre à la face des sceptiques une expérience récente et aboutie: celle de son passage à Bex. Avec une équipe exclusivement composée de Bellerins, surtout, et de Chablaisiens, un peu, «MM» s’est sorti d’un exercice compliqué lors de sa première année sur le banc, avant de générer un esprit de groupe époustouflant qui a permis au FCB de survoler le championnat et d’être promu en 2e ligue inter à l’été 2017. «C’est probablement l’épisode le plus intense que j’ai vécu dans ma carrière. Et l’un de mes plus gros regrets.»

Parce que, pour des raisons professionnelles, le technicien s’en est allé sur cet accomplissement. «C’est là que je me suis rendu compte de mon côté fédérateur. Beaucoup de joueurs ont préféré retrouver un autre club.» Et Bex a plongé.

Le chemin est tracé

Si le MS le lui permet, Mouloud Mekaoui ne s’arrêtera cette fois pas à mi-chemin. Pour le reste, les similitudes entre ces deux épisodes constituent bien plus que de simples coïncidences. Une première saison lors de laquelle il faut s’arracher pour s’en sortir. Une deuxième où l’équipe flambe (six victoires en neuf matches pour l’heure). Des jeunes de la région sur le terrain. Une identité claire qui repose sur un véritable esprit de groupe. Des matches serrés qui finissent très souvent par tourner du bon côté: le chemin est plus que tout tracé.

L’Algérien d’origine au réseau bien étendu possède une liste longue comme le bras de jeunes prometteurs à qui il se verrait bien tendre la main. Sur la Riviera, l’ombre et la concurrence de Vevey United planent, mais elles ne sont pas pour effrayer le Stéphanois. «Il y a de la place pour les deux. Vevey en Promotion League et nous en 1re ligue.» L’approche du MS est de toute façon différente, lui qui compte sur Mouloud Mekaoui pour en faire le club phare des joueurs de la région. Si un homme en est capable, c’est bien lui.

Créé: 17.10.2019, 10h43

Le SLO comme exemple

Montreux-Sports n’a pas dû aller chercher bien loin un modèle digne de ce nom pour son nouveau projet: Stade-Lausanne-Ouchy. Les moyens entre les deux clubs ne sont pas tout à fait les mêmes mais, dans la philosophie, c’est exactement ce à quoi aspire Mouloud Mekaoui.

«Ils ont fait tout juste, bâti un mouvement juniors exceptionnel, constitué une deuxième équipe avec les jeunes de là-bas. Et la progression de la «une», on n’en parle même pas. Andrea Binotto, l’entraîneur, c’est un exemple pour moi. Le SLO est la preuve d’une chose: lorsqu’on tend la main à des joueurs, qu’on leur donne leur chance bien qu’ils soient moins renommés que d’autres, ils vont le rendre au centuple à l’équipe.»

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