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FootballPrésident de club et entrepreneur: le casse-tête commence

Ils se nomment William von Stockalper, Mario Di Pietrantonio ou Jean-Michel Viquerat et ils sont à la fois parton de boite et dirigent d'un club. Face au virus, ils tremblent.

Président de Vevey United, William von Stockalper n'est pas au bout de ses peines.
Président de Vevey United, William von Stockalper n'est pas au bout de ses peines.
Chantal Dervey

La situation était particulièrement parlante l’hiver dernier. À la lutte pour la promotion en Challenge League, Stade-Lausanne-Ouchy, Yverdon Sport et le Stade Nyonnais s’étaient lancés dans une course à l’armement sans précédent à l’échelle de la courte histoire de la Promotion League. Les joueurs passaient d’un club à l’autre, ceux qui se trouvaient sur le marché étaient recrutés à prix d’or et les salaires avaient plus que jamais pris l’ascenseur. Un boom qui n’avait d’ailleurs pas manqué de questionner, pour des clubs naviguant entre le début du professionnalisme et le monde semi-pro.

Une année plus tard, cette bulle est sur le point d’exploser. «Les budgets, les revenus: tout risque d’être divisé par deux pour le début de la prochaine saison», prédit William von Stockalper, le président de Vevey United. «Il n’y a pas de raison que les présidents assument à eux seuls les pertes actuelles. Tout le monde, joueurs compris, devra faire un effort», renchérit le boss d’Yverdon Sport, Mario Di Pietrantonio.

Lendemains difficiles

Pour comprendre le phénomène, il faut s’intéresser à la structure de ces clubs de troisième et quatrième divisions. Une structure qui souvent s’appuie sur un président aux reins solides, capable de faire avancer la machine si ce n’est à lui seul, au moins en subvenant aux besoins qui ne sont pas couverts pas les sponsors et les autres sources de revenus. En général, un patron d’entreprise pour qui les affaires fonctionnent plutôt bien.

À Bavois, cet homme-là s’appelle Jean-Michel Viquerat. Président du FCB et grand patron de Paul Vaucher SA, pour qui tout tourne au ralenti depuis l’apparition du coronavirus. «On commence tout juste à souffrir des premières conséquences du virus. Les chantiers s’arrêtent, les ventes sont presque au point mort, grince l’homme fort du club des Peupliers, qui emploie plusieurs joueurs dans son entreprise. L’impact que cela peut avoir sur le club de foot? A priori, je dirais aucune. Je suis bien plus embêté par la fermeture du restaurant du terrain. Sur une année, ça représente quand même 100 000francs dans la caisse du club.»

Un optimisme relatif pas franchement partagé du côté de Vevey. FrappeCom, l’entreprise de média digital créée il y a onze ans par William von Stockalper, également sponsor principal de Vevey United, ne dispose pas du même ancrage que Paul Vaucher. Pour son directeur, les lendemains s’annoncent difficiles, lui qui s’est vu contraint de placer ses sept collaborateurs au chômage partiel. «C’est la deuxième vague qu’on se ramasse de plein fouet dans un laps de temps très court. D’abord, il y a eu la Fête des Vignerons, qui a mis à mal nombre de petits commerces locaux, dont certains étaient partenaires de notre club. Et maintenant, il y a cette épidémie. Pas plus tard que ce matin, je recevais un coup de fil d’un centre thermal pour me dire qu’il rompait momentanément notre entente. Et ce n’est pas le premier»

Plus que des charges

Une entreprise censée alimenter le club à l’arrêt, des sponsors qui se retirent en attendant que l’orage passe, un repas de soutien annulé: à l’heure actuelle, le quotidien d’un club comme Vevey, Yverdon ou Bavois n’est fait que de charges. Un rythme forcément impossible à tenir sur la durée. «Il faudra sans doute plusieurs saisons avant que la situation ne se rétablisse complètement, prévient Mario Di Pietrantonio. D’autant plus qu’il est logique que le bien de nos entreprises passe avant le foot. Reste qu’à mon sens, pour ce qui est de notre domaine de niche, il s’agit sûrement d’un mal pour un bien.»

Privilégiés jusqu’ici, les joueurs risquent ainsi de devenir les premiers à en payer le prix. La question se pose même déjà pour les éléments qui ne disposent pas d’un contrat professionnel, et qui ne peuvent donc pas aspirer au chômage technique. Chaque président assure être à la recherche de la meilleure solution, du meilleur compromis. «Je sais que certains clubs ont proposé de payer un mois de salaire. D’autres ont carrément arrêté de rémunérer leurs footballeurs. De notre côté, comme on a vraiment envie de travailler sur la durée avec ce groupe, tout le monde reste payé à hauteur de 80% de ce qu’il touchait. Que ce soit grâce au chômage ou non, détaille William von Stockalper. Ensuite, on a prévu deux plans de défraiement. Le plan A si le championnat peut reprendre. Le plan B en cas d’arrêt.» Le casse-tête ne fait que commencer.

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