À Renens, on veut d’abord éviter de répéter les erreurs du passé

FootballAvec une équipe essentiellement composée de jeunes éléments, le néo-promu en 2e ligue inter traverse une période compliquée.

Joël Bonzon et son comité n’ont pas voulu satisfaire les hautes exigences de leur ancien coach, Edin Becirovic.

Joël Bonzon et son comité n’ont pas voulu satisfaire les hautes exigences de leur ancien coach, Edin Becirovic. Image: Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le 15 juin dernier, le stade du Censuy était en fête. Après seize longues années passées au sein des ligues cantonales (2e et 3e ligues), le FC Renens regagnait enfin sa place en 2e ligue inter. Une deuxième promotion réussie en trois ans qui ne devait être que le prélude à un grand retour – à plus ou moins brève échéance – en 1re ligue.

Une catégorie de jeu où le club de la banlieue lausannoise s’était distingué durant une bonne vingtaine d’années entre 1980 et 2000. Avec même, faut-il le rappeler, une aventure longue de trois saisons en LNB entre 1984 et 1987.

Trois mois plus tard, on est toutefois très loin de ces ambitieuses projections. Après cinq rondes de championnat, le FC Renens ne compte en effet pas encore le moindre point et se traîne à la dernière place du classement. Avec, déjà, cinq longueurs de retard sur le 11e et premier non relégable. «Nous nous attendions à vivre une entame de championnat très compliquée, explique Joël Bonzon, le président renanais. Pour la simple et bonne raison que l’équipe actuelle n’a plus rien à voir avec celle qui avait été promue en juin. Quelques jours après avoir battu Stade Nyonnais II lors des finales, notre entraîneur, Edin Becirovic, nous a quittés. Et tous les joueurs, à deux exceptions près, en ont fait de même. Du coup, nous nous sommes retrouvés sans entraîneur ni équipe un petit mois seulement avant la reprise.»

Aucun reproche à Becirovic

Un exode massif que Joël Bonzon a vu venir, mais certainement pas dans ces proportions. «Avant les finales de promotion, nous avions bien sûr commencé à évoquer l’avenir avec Edin Becirovic, précise-t-il. Et nous nous sommes vite rendu compte que les objectifs de notre ambitieux coach ne collaient pas à notre réalité. En d’autres termes, il voyait beaucoup plus grand que nous. Raison pour laquelle il a choisi de rejoindre Dardania avec quelques-uns des joueurs qui lui sont liés. Mais ce qui nous a un peu étonnés, c’est que presque tous leurs coéquipiers ont alors décidé de changer d’air. Mais que les choses soient bien claires, personne, ici, n’en veut à notre ancien entraîneur. Nous tenons au contraire à le remercier pour l’excellent travail effectué.»

Faut-il dès lors blâmer la frilosité et le manque d’ambition des dirigeants renanais? Président du club depuis trois ans et demi, et ancien joueur, Joël Bonzon détaille les raisons de cette prudence assumée. «Avec une dizaine d’anciens de Renens, nous en avons repris les rênes au printemps 2016. La 1re équipe était alors en grand danger de relégation en 4e ligue et le club avait des dettes. Si, depuis, la situation financière a pu être assainie, nous ne nous sommes toutefois pas sentis prêts à prendre le risque nécessaire pour satisfaire les exigences de notre ancien coach (ndlr: le budget aurait dû à peu près être doublé). Plus simplement, à Renens nous avons vu passer trop de présidents qui avaient la folie des grandeurs – et qui quittaient ensuite le club en le laissant dans un sale état – pour que nous commettions à notre tour les mêmes erreurs.»

D’abord limiter les dégâts

Une louable sagesse qui ne signifie toutefois pas que ce nouveau FC Renens manque totalement d’ambition. «Même si la situation actuelle est compliquée, concède Joël Bonzon, notre but reste de nous maintenir en 2e ligue inter. Et nous allons faire notre possible pour y parvenir en essayant de recruter quelques bons éléments lors de la pause hivernale. Jusque-là, il s’agira surtout de limiter les dégâts pour que notre retard ne soit pas rédhibitoire. Un objectif qui me semble à la portée du bon duo d’entraîneurs que composent Victor Ikarlibond et Sébastien Bongard, et de notre très jeune mais prometteuse équipe. Des joueurs qui ont jusque-là payé leur inexpérience au prix fort mais qui ont aussi démontré par moments avoir non seulement le niveau de cette 2e ligue inter, mais encore une grosse marge de progression.»

Créé: 11.09.2019, 13h53

Redevenir un bon club formateur

Lorsque le FC Renens évoluait en LNB (l’actuelle Challenge League) ou 1re ligue, une bonne partie de ses joueurs était régulièrement issue de son mouvement junior. Dont quelques pépites – Claude Ryf, Marc Hottiger ou Fabio Celestini – qui ont très vite poursuivi leur progression au Lausanne-Sports avant de porter le maillot de l’équipe de Suisse.

«Redonner du sens et une vie à notre secteur formation a été l’une de nos priorités, assure Joël Bonzon. Et, contrairement à ce qui était le cas des années durant, les jeunes Renanais recommencent à venir jouer dans le club de leur ville.»

Avec plus de 300 jeunes et 27 équipes, le vivier dans lequel la 1re équipe est appelée à puiser n’est certes pas encore d’aussi bonne qualité qu’au siècle passé mais il en prend le chemin. «Sans oublier l’importance que nous accordons au foot féminin, conclut le président.

Dans le cadre de la Coupe de Suisse, Renens féminin, qui évolue aussi en 2e ligue inter, accueillera d’ailleurs le FC Zurich, champion de Suisse en titre, le 22 septembre, au Censuy.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 19 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...