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FootballRomain Dessarzin et Saint-Prex, le bon compromis

L'ancien joueur du LS a dit adieu au monde professionnel. Son présent s'appelle Amical, club dont il fait les beaux jours en 2e ligue inter.

Romain Dessarzin est devenu une terreur du football amateur.
Romain Dessarzin est devenu une terreur du football amateur.
Jean-Luc Auboeuf

L'ascension en Super League avec le Lausanne-Sport, ses sélections en équipes nationales juniors, son périple d'une année en Suisse allemande, à Winthertour: ces événements appartiennent depuis peu à une vie passée pour Romain Dessarzin. À 26 ans seulement, le milieu à vocation offensive encore dans la fleur de l'âge les a laissés derrière lui. Sans regrets ni lamentations inutiles. Sans tomber dans la nostalgie dès qu'il se retourne. «J'ai vécu des choses que beaucoup rêvent de vivre. Et j'en ai franchement bien profité», sourit-il simplement, alors que ses coéquipiers d'Amical Saint-Prex l'attendent dehors pour aller enquiller les kilomètres de course dans le froid. «Le coach nous a dit de ne pas prendre les crampons ce soir. Donc...»

Ce nouveau départ en 2e ligue inter, Romain Dessarzin l'a choisi. Ni contraint, ni forcé. D'ailleurs, de son propre aveu, si les choses s'étaient mieux passées pour lui au Stade Nyonnais, il pourrait toujours être professionnel à l'heure qu'il est. «Dans l'esprit, c'est sûr. Mais c'est bien là-bas que le bouton a tourné», image celui qui a mis le cap sur le monde amateur à la suite de son passage à Colovray, en Promotion League, il y a une année. Parce que John Dragini, l'entraîneur la saison dernière, ne comptait pas sur lui autant qu'il le souhaitait. Parce que la frustration prenait petit à petit le pas sur le plaisir.

Un autre niveau d'exigence... et de plaisir

«J'ai le souvenir d'un mercredi soir où on m'avait envoyé avec la «deux», en 2e ligue. Je ne peux pas dire que j'en garde un immense souvenir, glisse dans un sourire celui qui a rejoint Amical l'hiver passé. Ce sont des petites choses comme ça qui ont fait que.» Que Romain Dessarzin doit désormais se presser à la sortie du bureau pour arriver à l'heure à l'entraînement. En somme, qu'il a renoncé à vivre du foot, avec les contraintes et les avantages que cela représente. «Disons que la part d'exigence a baissé et que celle de plaisir a augmenté. Il faut s'y faire, mais c'est très bien ainsi.»

Mais au fait, pourquoi Saint-Prex? Le rival Saint-Prex, même, pour celui qui a effectué toutes ses classes à Chêne Aubonne avant de rejoindre le Team Vaud. «J'ai pactisé avec l'ennemi, c'est vrai. Mais en vérité, je connais un peu tout le monde ici, lance celui qui travaille désormais à 100% à Lausanne, au centre-ville. Pendant mes juniors à Aubonne, mon frère jouait à Amical. Vu qu'on suivait respectivement ce que faisait l'autre, on a noué certains liens avec le club d'à côté. Et puis juste avant moi, Sonny Kok, avec qui je m'entends vraiment bien, avait aussi fait le chemin de Nyon à Saint-Prex. Bon, il est parti depuis, mais ça avait participé à orienter ma décision.»

«Je n'ai pas mis les pieds n'importe où. Amical, c'est costaud»

Onze en seconde partie de championnat la saison passée, neuf depuis la reprise: Romain Dessarzin empile ainsi les buts En Marcy, dans un club où il se sent mis en valeur. «Il y avait même un peu de pression au début, parce que je savais qu'on m'attendait au tournant. Mais je dois avouer être assez satisfait de cette première année.» Parce que rejoindre le monde amateur après avoir été pro constitue tout sauf une étape évidente. «C'est même un peu frustrant lorsqu'on sent qu'on n'arrive plus tout à fait à réaliser les mêmes choses, à courir aussi longtemps ou aussi vite qu'avant. Il faut accepter de ne plus pouvoir pousser aussi loin la machine. Mais cela s'est fait assez naturellement pour moi.»

Ce qui est certain, c'est que le garçon de Lavigny ne fera pas machine arrière. Aider à faire grandir Saint-Prex, le projet résonne d'ailleurs plutôt bien en lui. «Si on finissait par monter en 1re ligue? Ah mais ce serait génial, je signe tout de suite. Il faut bien se rendre compte que je n'ai pas mis les pieds n'importe où non plus. Amical, c'est costaud. Le club monte petit à petit, porté par d'excellents joueurs et des dirigeants compétents. J'y suis bien, vraiment.»

Au vu du parcours immaculé de la réserve du Servette FC cette saison, il faudra vraisemblablement attendre une année de plus avant de pouvoir viser une deuxième promotion, après celle de 2018. Dauphins du leader genevois, Saint-Prex et Romain Dessarzin sont bien campés sur leurs appuis. À la première occasion de quitter les starting blocks, ils ne trembleront pas.

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Romain Dessarzin en trois points

Son meilleur souvenir en pro

La promotion de 2016 en Super League avec le Lausanne-Sport. C'était l'histoire d'une super bande de potes qui avait vécu une saison de rêve. Bon, à la fin, on ne m'avait pas gardé pour la montée. Mais ça fait partie du jeu.

Le meilleur entraîneur qu'il a côtoyé

Fabio Celestini. Il nous avait tellement apporté à son arrivée au LS. Je crois qu'il n'y a pas un seul joueur de l'équipe de cette époque qui peut dire que Fabio ne l'a pas fait progresser.

Son entraîneur actuel

Paulo Diogo? Je crois que c'est le coach parfait pour Saint-Prex. Il ne se prend pas trop la tête, il sait rester proche des joueurs. Comme il vient aussi du monde du foot professionnel, il sait se mettre à ma place. On a de la chance de l'avoir.

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