Les Universitaires lausannoises défieront le Brésil aux Mondiaux

FootballAvec ses moyens, l’équipe de l’UNIL défendra dès vendredi les chances de l’Europe en Chine.

Les Universitaires lausannoises, qui ont appris leur qualification il y a un mois et demi, mettent les bouchées doubles sur le terrain de Dorigny.

Les Universitaires lausannoises, qui ont appris leur qualification il y a un mois et demi, mettent les bouchées doubles sur le terrain de Dorigny. Image: PATRICK MARTIN

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Elles portent des survêtements du LUC, de Prangins ou de Locarno. Placées en arc de cercle au milieu du terrain synthétique de Dorigny, ce jeudi matin-là, elles écoutent attentivement les consignes du coach, Kevin Hill. Les dernières avant le grand départ pour la Chine. «J’ai aimé votre attitude hier soir. Vous avez cherché à reproduire ce qu’on a mis en place ensemble à l’entraînement et ça, c’est positif», félicite-t-il, au lendemain d’une courte défaite en amical face au LUC, avant de lister quelques pistes pour s’améliorer. Il en existe pas mal, en fait, ce qui est tout à fait légitime: il y a deux mois, ces joueuses n’avaient pour la plupart jamais évolué ensemble. D’ici à la fin de la semaine, elle défendront les couleurs de l’Europe aux Championnats du monde universitaires.

Cette aventure porte le sceau d’un contraste assez saisissant. Depuis quelques années, l’équipe féminine de l’Université de Lausanne est devenue une habituée des grands rendez-vous. Elle a participé aux Européens de 2015 (Croatie) et de 2017 (Portugal), en se hissant à chaque fois en quarts de finale. Ce sont d’ailleurs ces résultats, couplés au retrait de dernière minute d’une équipe française, qui lui ont ouvert les portes des Mondiaux. En revanche, le groupe qui s’est envolé dimanche pour la Chine est composé quasi exclusivement de néophytes, dont bon nombre militent en ligue romande. Tout le monde est ainsi bien conscient que s’extraire de la phase de groupe serait un sacré exploit, même si les Lausannoises n’ont d’autres intentions que de vendre chèrement leur peau.

Une aventure humaine

On peut l’écrire autrement: pour l’équipe de l’UNIL, l’aventure humaine compte autant que la compétition en elle-même. «J’arrive à la fin de mon master et je n’ai jamais encore eu l’occasion de partir à l’étranger avec l’université. C’est une expérience à prendre, une chance à ne pas laisser passer», souligne Lauren, deux ans de foot à son actif. Elle a ainsi profité de l’appel lancé, début octobre, par Kevin Hill, le responsable de la discipline sur le campus. «On a dû agir un peu dans l’urgence, sachant qu’on a appris notre qualification il y a tout juste un mois et demi, détaille celui qui défend également les couleurs du FC Bavois. Les critères pour rejoindre l’équipe se veulent assez restrictifs et les joueuses qui ont porté le groupe ces dernières années, comme Cristel Miocevic, les sœurs Alison et Lori Fallet ou la gardienne Estelle Zurkinden, ne sont plus là. Tout cela a réduit notre marge de manœuvre.»

Reste qu’entre les matches amicaux et les entraînements, les Vaudoises n’ont pas ménagé leurs efforts ces dernières semaines pour se mettre à niveau. Outre l’appui de Kevin Hill, elles peuvent également compter sur la présence de l’entraîneur du FC Sainte-Croix/La Sagne (3e ligue), Adnan Alicajic, et de l'ex-buteur du Lausanne-Sport Quentin Rushenguziminega en qualité de coachs assistants. Un soutien qui ne sera pas de trop pour défier Australiennes, Chinoises et Brésiliennes, les trois autres formations du groupe A.

17 joueuses seulement

«Difficile de se faire une idée de la valeur de nos adversaires. Mais on sait tous ce que représente le football au Brésil. Dans la même idée, en Chine, le sport est mis en avant par la société, c’est quelque chose de très bien vu. Ces équipes n’auront pas peur de nous rentrer dedans», souligne l’entraîneur, qui n’a pas hésité à se joindre à ses joueuses pour la démonstration d’un exercice de duels aériens, histoire de tenter de faire naître cette fameuse agressivité positive chez chacune d’entre elles. Et pour titiller leur fibre compétitive, il leur a proposé un pari, sous forme de séance de tirs au but, qu’il a perdu sans gloire. Ce qui lui en coûtera une tournée générale lors d’une soirée «de repos».

«L’agressivité, c’est bien, mais il faudra également tenir le coup physiquement», prévient Quentin Rushenguziminega, en pointant du doigt le programme chargé qui attend les Universitaires en terres asiatiques. Soit trois matches de nonante minutes en l’espace de quatre jours. Et même quatre rencontres en six jours en cas de qualification pour les demi-finales. Le tout avec un effectif limité à 17 joueuses. Même les pros en pleine semaine anglaise ne sont pas soumis à un tel régime. Les Lausannoises se rassureront en se rappelant que l'intensité est la même pour chaque équipe. Et que si cela devait mal se passer, pour réconforter tout le monde, leur entraîneur a promis de payer la tournée.

Créé: 19.11.2019, 22h28

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