Xamax et des aspirants vaudois, un mariage probable qui fait causer

FootballAlors que les Neuchâtelois jouent ce jeudi à la Pontaise en Coupe, Jean-François Collet, ex-président du LS, est pressenti pour reprendre le club.

Christian Binggeli, président de Ne/Xamax, vendra-t-il le club qui, pour subsister, voire grandir, doit trouver de nouvelles ressources? JEAN-CHRISTOPHE BOTT/KEYSTONE

Christian Binggeli, président de Ne/Xamax, vendra-t-il le club qui, pour subsister, voire grandir, doit trouver de nouvelles ressources? JEAN-CHRISTOPHE BOTT/KEYSTONE Image: JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

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Neuchâtel Xamax dispute un match important, ce jeudi soir à Lausanne, en huitième de finale de Coupe de Suisse. Mais au-delà du terrain, l’affiche propose une collision dans les coulisses de la Pontaise. Plusieurs acteurs du foot helvétique nous l’ont confirmé: Jean-François Collet, ex-président du Lausanne-Sport, a exprimé son intention de reprendre le club neuchâtelois. Récent candidat malheureux à la présidence de l’Association suisse de football, le Vaudois a déjà plus d’un pied à la Maladière, puisqu’il est directeur de Grand Chelem Event, la société qui gère les secteurs administration, sponsoring et hospitalité des Rouge et Noir. Franchira-t-il le pas?

«Une forme de fragilité»

L’intéressé ne souhaite pas commenter, mais il ne nie rien. Christian Binggeli, président xamaxien joint mardi, admettait des «discussions», mais trouvait nos questions prématurées. Le lendemain, a-t-on appris auprès d’Arcinfo, il s’adressait aux joueurs afin de les prévenir de la situation, de les rassurer. «Notre priorité, c’est ce match de Coupe», clame-t-il. Mais l’objectif, pour Christian Binggeli et son fils vice-président Gregory, propriétaires du club, c’est de vendre – ce qui ne les empêcherait pas de rester sur le navire ensuite.

«Nous sommes en présence d’un président dévoué, qui a repris un club en 5e division (ndlr: après la faillite de 2012 sous le Tchétchène Bulat Chagaev) pour se retrouver au plus haut niveau, met en perspective Alain Ribaux, conseiller d’État et fervent supporter. Le club ne peut s’appuyer ni sur une fortune personnelle importante, ni sur une multinationale, ni sur une structure financière consolidée et éprouvée. Il y a donc une forme de fragilité.»

Christian Binggeli met un point d’honneur à régler toute facture rubis sur l’ongle, mais il en a conscience: pour subsister, voire grandir, Xamax doit trouver de nouvelles ressources. Le président a aussi compris, notamment grâce à la revente du Lausanne-Sport par Grand Chelem à Ineos (estimée à 8 millions de francs), qu’il était possible de gagner de l’argent avec un club romand. «Christian est arrivé avec une valise en carton, il repartira en millionnaire», formule un observateur de la place, sans dénigrer le courage initial ni les efforts consentis.

Jean-Marc Rohrer met un frein aux fantasmes: «Xamax n’est pas propriétaire de son stade, les juniors relèvent de la Fondation Facchinetti et il n’y a pas de capital joueurs. La richesse, c’est qu’il n’y a pas de dettes», estime l’ex-directeur sportif du club (2007-08), acteur important de la vie économique locale. L’homme sait de quoi il parle, puisqu’il a lui-même œuvré à un possible rachat. «Nous en avons discuté mi-juillet avec M. Binggeli, explique-t-il. J’avais du monde pour reprendre le club, mais à condition que je devienne président. Comme je n’étais pas trop chaud pour ça, ce n’est pas allé plus loin.»

«Un bon coup avec le LS»

Jean-Marc Rohrer ne nourrit aucune amertume et assure ne pas avoir d’ambitions personnelles à propos de Xamax. Alors malgré son amour, il porte un regard a priori neutre sur la situation. Et il ne verrait pas d’un mauvais œil la reprise du club par les aspirants vaudois: «Ceux qui s’en plaindraient doivent se rendre compte qu’il vaut mieux, plutôt que je ne sais quoi, une société à 45 minutes de voiture. Dès le moment où Grand Chelem entrait dans le club (ndlr: avril 2018), à mes yeux, il y avait anguille sous roche.»

«Alain Joseph et Jean-François Collet ont fait un bon coup avec le LS, ils ont envie de recommencer avec Xamax. Si le club parvient à se maintenir dans la future Super League à douze, il y aura par la suite la possibilité de revendre», diagnostique une voix anonyme, qui se trompe au moins sur un point à entendre ledit Alain Joseph. «En tant que propriétaire de Grand Chelem, j’ai bien sûr eu des discussions avec la famille Binggeli, dit l’ex-président du LS. J’ai été sollicité mais, après réflexion, j’y ai renoncé. La société ne participera pas à la reprise du club.»

Gourmand revendeur

Des mots qui n’empêcheront pas Jean-François Collet de vivre sa vie, ni d’assouvir ses envies; perspective qui ne ravit pas tout le monde. «Si Xamax était repris par une personnalité ou une entité vaudoise, j’aurais plutôt tendance à porter un regard critique, dit Alain Ribaux. Je pense qu’un club n’a de sens que s’il possède une identité propre et la cultive. Il est important de conserver un ancrage local.» Certains ont tenté leur chance. «Il n’y a pas eu matière à discussion, dans la mesure où M. Binggeli ne souhaitait pas ouvrir le conseil d’administration à d’éventuels partenaires», témoigne cet entrepreneur refroidi.

Christian Binggeli, humble sauveur métamorphosé en gourmand revendeur, a froissé des susceptibilités ces derniers temps à Neuchâtel. «Le personnage charmant voire naïf qu’on perçoit hors du canton, il y a longtemps qu’on ne l’a plus vu.» À l’usage du football pro, l’homme est devenu pragmatique. Et Jean-François Collet, qui connaît bien la musique, n’est pas loin de s’entendre avec lui.

Créé: 30.10.2019, 23h36

Coupe de Suisse

Le match
En huitièmes de finale de la Coupe de Suisse, Lausanne-Sport reçoit Ne/Xamax ce jeudi à 20h15 à la Pontaise.
Offensif
Entre l’attaque lausannoise qui flambe en Challenge League et celle retrouvée de Ne/Xamax en Super League, le duel entre les deux Romands promet de faire des étincelles. «Si on a un plan anti-Nuzzolo ou anti-Karlen? Certainement pas. Et on ne va pas reculer non plus», promet Giorgio Contini.
Affluence
5430 personnes se sont rendues à la Pontaise pour le derby de dimanche contre Stade-Lausanne. Mais il est juste de dire que toutes les conditions étaient réunies pour attirer du monde. Les travées de la vénérable enceinte lausannoise seront-elles aussi garnies ce jeudi pour ce 8e de finale de la Coupe? Cette affiche le mériterait.
Au complet
«Je vais devoir faire des choix et laisser près d’une dizaine de joueurs à la maison», pose Giorgio Contini, qui fait face à un problème de riche, puisque l’intégralité de son effectif est à disposition. «Pour ce qui est du onze de base, je me déciderai définitivement ce jeudi.»
Florian Vaney

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