«Je ne serai pas l’idole des supporters mais je tiens parole»

FootballAu lendemain du rachat de Neuchâtel Xamax, Jean-François «Jeff» Collet fait le point sur la négociation et sa mission à venir.

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Jeff Collet, est-ce que les négociations avec Christian Binggeli ont été aussi agréables que votre communication le suggère?

Oui. On pourrait même dire que ce n’était pas réellement une négociation. Déjà parce que je n’étais pas demandeur. Ces derniers mois, je n’avais pas dans l’idée de reprendre un club. Sans ambition particulière, je n’avais donc pas vraiment de pression. Et puis aussi parce que Christian Binggeli n’en a jamais fait une histoire d’argent. Il n’avait pas l’intention de s’enrichir. Du coup, personne n’a lutté pour un meilleur prix. Tout s’est déroulé de manière très cordiale.

Les choses ont donc été très vite?

Pas tout à fait. J’ai eu besoin d’un peu de temps pour me décider. La question n’était pas financière mais privée: est-ce que je me sentais prêt à replonger?

Les Binggeli père et fils restent à la présidence alors qu’on vous a connu comme président impliqué au LS. Pourquoi le nouveau propriétaire ne décide-t-il pas?

La réponse tient dans le timing du rachat. À titre personnel, j’étais favorable à une passation des pouvoirs en juin 2020. Mais au regard de la situation, il était important d’agir tout de suite. Par ailleurs, le club fonctionne bien, tant sur le plan sportif qu’administratif. Je ne voyais pas l’intérêt de tout chambouler. Selon moi, «qui est président?» est une question secondaire. Après, il faudra observer en pratique et sur la longueur comment nous allons fonctionner.

Vous évoquez une situation qui exige d’agir, Xamax est-il à ce point en proie à des difficultés financières sérieuses?

Sauf erreur, Christian Binggeli a lui-même évoqué le spectre de la faillite lundi soir sur la RTS (ndlr. «J’ai pas envie que Xamax parte en faillite et qu’après toutes ces belles années, on puisse dire les Binggeli l’ont monté mais l’ont aussi descendu»). Alors le mot faillite, je ne sais pas… Mais en effet, le club avait besoin d’un soutien financier. Pour être tout à fait clair, mon apport va combler le déficit prévisionnel pour cette saison. Et puis il s’agira ensuite d’opérer les changements nécessaires pour endiguer ce qui ressemble à un déficit structurel. Mon objectif à moyen terme est de faire de Xamax un club qui fonctionne à l’équilibre.

Est-ce que l’ouverture de l’actionnariat est l’une des mesures envisageables parmi ces changements?

C’est encore un peu tôt pour répondre. J’ai signé il y a deux jours. Il me manque encore la connaissance globale du club pour envisager son fonctionnement futur.

Quelle est la méthode Jeff Collet?

Beaucoup de rigueur. J’ai bien conscience que je ne fais pas forcément rêver tout le monde. Je ne serai pas l’idole des supporters. Mais je tiens parole, je réalise ce à quoi je me suis engagé. Je pense être très rigoureux au niveau budgétaire. Et quand il faut trancher, je n’ai pas peur de prendre des décisions, même celles qui ne sont pas agréables.

Si vous deviez garder une décision prise au Lausanne-Sport à absolument dupliquer. Et une autre qu’il faudra éviter à tout prix.

(Il réfléchit) C’est délicat parce que chaque club est différent; j’ai donc du mal à transposer les situations. Quand nous avons repris le LS, le club était pour ainsi dire à l’abandon. Il n’y avait plus de président, aucun joueur sous contrat. Son seul atout, c’était de jouer en Challenge League. Là, c’est une autre histoire. Xamax tient son rang en Super League, il est déjà bien structuré. Le travail qui nous attend tient davantage de l’optimisation. Cela dit, si je devais m’inspirer d’une mesure, ce serait l’unité mise en place au LS dans la formation. Il y a des choses à améliorer dans ce secteur à Xamax. Le club fait actuellement jouer des jeunes mais en prêt. Selon moi, une formation qui fonctionne, donc assure l’avenir du club, fournit des jeunes sous contrat à sa première équipe.

Vous étiez le candidat de la SFL à la présidence de l’ASF. Vos réseaux à la Ligue sont-ils un atout pour Neuchâtel Xamax?

Je pense. C’est aussi clairement un plus par rapport à mes années à Lausanne. Aujourd’hui, je connais très bien les présidents de la Ligue. Ces rapports peuvent être utiles lorsqu’il faut négocier un prêt, par exemple. Et puis je connais nettement mieux comment les choses fonctionnent. C’est utile. Mais pas forcément déterminant.

Du coup, peut-on dire que vous êtes un meilleur propriétaire de club aujourd’hui qu’il y a huit ans?

Pour être un bon propriétaire de club, il faut aussi de la réussite. J’en ai eu au LS, à quelques moments charnières, et je ne l’oublie pas. Mais pour répondre à votre question: normalement je ne dois pas être devenu moins bon. Meilleur? On verra.

Mathieu Aeschmann

Créé: 05.11.2019, 12h11

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