Steve Rouiller, le sourire retrouvé d’un Servette qui commence fort

FootballIndésirable à Lugano, il est devenu le patron de la défense grenat. Cet ex-attaquant sait sentir le danger et anticiper.

Avec Rouiller, Servette a recruté un défenseur capable de faire parler son leadership sur le terrain. Tout ce qui manquait.

Avec Rouiller, Servette a recruté un défenseur capable de faire parler son leadership sur le terrain. Tout ce qui manquait. Image: Eric Lafargue

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À l’âge où tous les gamins qui tapent dans un ballon ont une idole en tête, le héros de Steve Rouiller s’appelait Ronaldo. «Le Brésilien», précise-t-il pour éviter toute confusion. Transféré de Lugano à Servette gratuitement alors qu’il lui restait une année de contrat, le nouveau patron de la défense grenat dissimule bien ses atouts. S’il aimait tant Ronaldo, c’est parce qu’il a longtemps été un buteur, comme le Brésilien. Enfin, presque. Et s’il excelle désormais dans son rôle d’arrière-central, c’est peut-être aussi en raison de ce passé qui l’aide à lire, interpréter, anticiper les intentions de son adversaire.

«Je jouais devant jusqu’à l’âge de 20 ans, en fait, explique-t-il. Oui, j’étais un attaquant jusqu’aux M21 de Sion. Et à ce moment, l’entraîneur Christian Zermatten est venu vers moi pour me dire qu’il voulait me voir évoluer en défense. J’ai bien sûr été surpris, mais je me suis rapidement pris au jeu, y trouvant du plaisir. Finalement, c’était bien vu, cela m’a permis d’intégrer la première de Sion, trois ans plus tard.»

Les illusions perdues

Trois ans, le temps de passer d’abord par Monthey, en 1re ligue, le temps aussi d’enterrer ses illusions. «Disons qu’en retournant à Monthey, où j’avais fait mes classes juniors jusqu’en C inter avant de filer à Sion, je me suis dit que je ne serais sans doute jamais footballeur professionnel. C’était ainsi, je m’étais résigné, sans que cela ne soit plus grave que ça. Et puis un jour, Christian Constantin m’a appelé pour me proposer de faire la préparation avec le FC Sion. J’ai dit oui, cela s’est bien passé et j’ai intégré la première avec un contrat pro.»

Mais pour une seule saison, six matches de championnat joués, deux en Coupe et une fin en queue de poisson, avec un contrat bizarrement rompu et une grosse désillusion. Steve Rouiller n’a pas baissé les bras. Il s’en est allé une saison à Chiasso, où Lugano a remarqué ses qualités pour l’enrôler dès 2016.

Le défenseur donnait satisfaction, mais l’arrivée de Guillermo Abascal au Cornaredo en fin de saison passée a tout fait basculer.

Problème avec Abascal

«Les trois premiers matches, je n’ai pas joué une minute, souffle-t-il. C’était curieux. C’était une première petite fracture. J’ai sollicité des explications sans en recevoir en retour. Puis une nouvelle fois pour comprendre qu’il ne voulait vraisemblablement pas de moi. Lugano n’a pas insisté, m’a libéré gratuitement.»

Il est vrai que du côté du Cornaredo, on préfère un jeune étranger, quitte à le surcoter, qu’un Suisse de 28 ans déjà. Tropisme de l’affairisme qui a fait le bonheur de Servette, donc. Et de Steve Rouiller.

«Mon agent, Lorenzo Falbo, connaît bien Servette, les choses se sont faites naturellement, poursuit le défenseur. Et puis il y a Alain Geiger, c’est un plus pour un Valaisan.»

Depuis, tout va bien. «Je voulais un projet ambitieux, un club sérieux: Servette m’apporte tout ça. Et c’est tant mieux pour la famille aussi. Ma femme ne parlait pas l’italien, nous avons déjà un enfant et en attendons un deuxième pour décembre: revenir en Suisse romande en découvrant Genève, c’est parfait. Bien sûr que je connais la rivalité entre Sion et Servette. Mais je n’ai pas le sentiment de trahir le Valais en enfilant le maillot grenat. Au contraire: c’est un club prestigieux, avec un superbe palmarès. Et tout est mis en œuvre pour que les joueurs se sentent bien.»

Si tout n’est pas simple dans le jeu, malgré les deux succès initiaux à Aarau et à Chiasso (0-2 et 0-3), il y a deux blanchissages à la clé. De quoi réjouir le patron de la défense. Et tant pis si la manière n’est pas encore au rendez-vous, avec un Servette souvent en bloc bas, pour se montrer outrageusement efficace en rupture. Un peu comme la France, toutes proportions gardées.

Un système solide

«L’idée d’Alain Geiger, c’est davantage de presser haut et de jouer vite en transition, corrige Rouiller. Mais nous avons eu la chance de marquer en premier et tôt lors de nos deux matches. Donc, après, nous avons géré, c’est vrai. Mais nous savons quoi faire et tout se met en place.» Avec Steve Rouiller en leader de la défense, Servette a assurément tiré le bon numéro. (24 heures)

Créé: 01.08.2018, 22h41

Carte d'identité

Né le 10 juillet 1990 à Monthey.

Ses premiers clubs Il commence au FC Troistorrents puis joue en junior à Monthey, jusqu’en C inter, avant de rejoindre la formation de Sion, jusqu’en M21. Retour à Monthey, en première ligue, de 2011 à 2014, avant que le FC Sion ne lui propose de rejoindre les rangs de la première équipe après un test en préparation.

Carrière pro 2014-2015: Sion. 2015-2016: Chiasso. 2016-2018: Lugano. Depuis cet été, il est au Servette FC.

Son contrat Steve Rouiller s’est engagé pour deux saisons avec le club grenat. Il existe une option pour une saison supplémentaire.

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