Toutes griffes dehors, «Ladycat» s’adjuge le Bol d’Or

Bol d’Or MirabaudL’équipe créée par Dona Bertarelli et Yann Guichard a devancé «Alinghi» et «Mobimo» grâce à un équipage français de très haut niveau.

«Ladycat» est parti fort devant la meute. Par la suite, c’est «Alinghi» qui a mené le bal, avant de céder le leadership définitivement lors du retour vers Genève.

«Ladycat» est parti fort devant la meute. Par la suite, c’est «Alinghi» qui a mené le bal, avant de céder le leadership définitivement lors du retour vers Genève. Image: Loris Von Siebenthal

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Certaines mauvaises langues diront que «Ladycat renverse tout sur son passage». Une boutade qui fait référence à un incident survenu il y a un mois lors d’une course à Versoix. Ce jour-là, le D35 noir et or avait failli entrer en collision avec des bateaux qui s’était portés au secours d’un concurrent qui avait démâté (RealTeam). Le drame avait été évité de très peu. L’accident n’en avait pas moins provoqué quelques remous sur les pontons pourtant toujours très policés de la classe des D35. Pointé du doigt, Xavier Revil, le barreur, avait lui aussi très mal vécu l’incident.

On aurait pu croire que ce père de famille reconnu par beaucoup comme étant quelqu’un de sensible et sensé allait subir le contrecoup de l’incident. Il a réagi en champion. Depuis, il a gagné les trois courses auxquelles Ladycat Powered by Spindrift racing a participé. Un Grand Prix à Versoix, suivi d’un doublé prestigieux Genève-Rolle-Genève - Bol d’Or Mirabaud. Une domination sans partage, donc. Mais à voir l’émotion de Xavier Revil et Dona Bertarelli, dimanche soir, plusieurs heures après l’arrivée, on peut deviner que les dernières semaines avaient laissé des traces et valaient bien une petite décompression émotionnelle.

Un joli coup de bluff

Ce n’est en tout cas pas le final de ce 78e Bol d’Or qui aura donné des cheveux blancs supplémentaires aux supporters de Dona Bertarelli. Longtemps au coude à coude avec «Alinghi», le bateau d’Ernesto Bertarelli, «Ladycat» a forcé le destin sur le chemin du retour entre Evian et Yvoire. C’est là que le tacticien, Erwan Israël a élaboré un plan. Radieux sur le ponton d’honneur de la Société nautique, le Breton raconte: «Nous étions à l’attaque juste derrière Alinghi qui était passé en tête au Bouveret. J’ai alors proposé à l’équipe de tenter un coup. On a fait un faux «jib». Nous avons fait mine d’empanner mais nous avons stoppé la manœuvre. Ils sont tombés dans le piège et ils ont empanné pour de bon. C’est comme ça que nous avons pu reprendre le bon côté du plan d’eau.»

«Je suis très heureux que Dona nous a rejoints pour le final. Cette saison, avec Yann, elle nous a confié les clés du bateau»

La suite s’est déroulée comme dans un rêve sur fond de carte postale. «Dans le petit lac, le séchard s’est installé, dit le tacticien. Et quand nous avons vu que le Jet d’eau avait été éteint (ndlr: quand le vent de nord-est souffle) nous savions que plus rien ne pouvait nous empêcher de gagner ce Bol d’Or.» C’est à peu près à ce moment-là que la patronne a déboulé au large de Nyon sur son Zodiac noir de jais pour profiter, elle aussi, du spectacle. «Je suis très heureux que Dona nous a rejoints pour le final, dit Xavier Revil. Cette saison, avec Yann, elle nous a confié les clés du bateau. C’est un beau signe de confiance…»

De confiance et de réussite aussi. «J’ai gagné deux fois la course en étant à bord, sourit Dona. Et bien, même si c’était dur de ne pas être avec eux sur le bateau aujourd’hui, c’est aussi une énorme satisfaction de gagner en tant que chef d’une écurie que nous avons, avec Yann, créée en 2011 et qui connaît depuis un incroyable succès.» Lors du dernier Trophée Jules Verne, des liens forts se sont tissés entre la patronne et certains de ces marins qui ont fait samedi le tour du lac comme des chefs. Pas étonnant, donc, que l’émotion ait été très intense au moment de franchir la ligne d’arrivée sur le coup de 18 h 31. Dona a bondi sur le trampoline pour embrasser les héros du jour.

Que vont faire les autres?

Les hommes qui font le succès de Ladycat cette saison ne sont pas forcément des stars de la voile. Erwan Israël, Xavier Revil, Jacque Guichard, Fred Moreau, Malo Bessec et Benjamin Amiot sont pourtant tous de grands professionnels. Dans le milieu, leur réputation n’est pas à faire. Campagne olympique, tour du monde, Tour de France, transatlantiques, Volvo Ocean Race, ces jeunes marins français sont des professionnels jusqu’au bout de leurs bottes en néoprène. Ils forment cette saison une mécanique particulièrement bien huilée.

Cette approche ultraprofessionnalisée de la navigation en D35 va forcément avoir des répercussions. Que vont pouvoir faire les autres? Suivre le mouvement? Travailler encore plus? La seconde option est la plus vraisemblable. Mais une tendance se dessine: l’omnipotence de cette équipe qui renverse tout sur son passage va sans doute tirer tout le monde vers le haut. (24 heures)

Créé: 12.06.2016, 22h22

Standing ovation pour «Raffica», qui gagne le Bol de Vermeil pour de bon

Voilà une victoire qui fera sans doute plaisir à Rodolphe Gautier. Depuis qu’il a repris la présidence du comité d’organisation du Bol d’Or Mirabaud, celui qui est aussi le skipper du M1 Safram (10e) est un fervent partisan de l’internationalisation de la plus grande régate du monde en bassin fermé. Les Hongrois de Raffica ont eu droit à une véritable standing ovation de la Nautique au moment d’accoster au ponton d’honneur de l’institution. Avec leur drôle de monocoque aussi large qu’un multicoque avec ses doubles échelles latérales, les quatorze costauds ne passent pas inaperçus. De retour à la case départ en 10 h 48’et 12’’, le Libera hongrois n’a laissé que des miettes à ses poursuivants. Le premier d’entre eux, Syz and Co de Jean Psarofaghis est arrivé deux heures plus tard!

Avec cette démonstration, l’équipe s’adjuge le Bol de Vermeil (1er monocoque) définitivement grâce à un troisième succès en l’espace de cinq ans. De quoi ravir Kiraly Zsolt, propriétaire de Implant Centre Raffica: «Lorsque nous sommes venus ici pour la première fois en 2012, nous avons remporté la victoire. Nous nous sommes alors fixé un objectif ambitieux: remporter définitivement ce Bol de Vermeil. C’est aujourd’hui chose faite et nous sommes très fiers de cet aboutissement.»

Pour ceux qui seraient lassés de la suprématie de la luge hongroise, Kiraly Zsolt ne sera d’aucun secours. «Nous n’allons pas nous arrêter là, dit-il. Nous adorons naviguer ici sur le Léman et nous reviendrons, dès l’an prochain; nous nous réjouissons déjà.» Pour mieux repartir à la conquête d’un second Bol de Vermeil?

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