«J'espère de tout cœur que le tournoi aura lieu en Suisse en 2021»

Hockey sur glaceSans Championnat du monde en Suisse en 2020, le sélectionneur Patrick Fischer n’aura pas droit à son «grand moment» à domicile sur le banc de l’équipe nationale.

Patrick Fischer espère que les Championnats du monde pourront avoir lieu l'an prochain en Suisse.

Patrick Fischer espère que les Championnats du monde pourront avoir lieu l'an prochain en Suisse. Image: Keystone

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Les Championnats du monde 2020 en Suisse, le grand projet de la carrière de Patrick Fischer, ont été annulés samedi passé. Le sélectionneur national Patrick Fischer planifie déjà la suite et garde bon espoir de disputer le tournoi l’an prochain à domicile. «La mentalité de gagnants s’est installée dans le vestiaire de la sélection», assure-t-il. Les résultats récents plaident en sa faveur, même s’il faudra attendre au moins une année, dans le meilleur des cas, pour savoir si la Suisse, à domicile, est capable de bouleverser la hiérarchie mondiale.

La saison de hockey s’est terminée abruptement, avec un dernier événement, le plus important du calendrier, annulé il y a tout juste cinq jours. Comment occupez-vous vos journées maintenant que vous savez que les Championnats du monde en Suisse n’auront pas lieu en mai?
J’ai commencé lundi à téléphoner à tous les joueurs qui étaient pressentis pour rejoindre la sélection élargie de 35 joueurs à partir du 6 avril. J’ai envie de savoir comment ils vont. Cela va me prendre un peu de temps pour faire le tour et parler à chacun. Mais c’est aussi une façon de tirer un trait sur cette saison et de transmettre les indications pour la reprise.

Quand avez-vous vraiment compris que le tournoi n’aurait pas lieu?
Cela faisait un moment que c’était dans l’air et on pouvait se douter que ce ne serait pas possible de jouer. J’ai longtemps gardé espoir. Mais, il y a une dizaine de jours, lorsque les premières mesures de confinement de la population ont été prises, quand les commerces non essentiels ont dû fermer leurs portes, j’ai bien compris que c’était fini. Plus personne, de toute façon, n’avait vraiment la tête au sport, l’ambiance est retombée brutalement.

Le scénario idéal serait de pouvoir jouer ces Championnats du monde l’an prochain en Suisse…
C’est ce que j’espère sincèrement. Ce serait le compromis parfait. Le comité exécutif de l’IIHF va certainement étudier cette possibilité. Pour que la Suisse puisse obtenir le tournoi en 2021, il faudra que les pays qui ont déjà obtenu l’organisation des prochaines éditions acceptent de décaler leur attribution. D’après ce que je sais à ce stade, la solidarité entre les nations est forte. Ce sera une démarche compliquée, mais j’espère vraiment que nous pourrons jouer à domicile l’an prochain.

Comment évaluez-vous la saison de l’équipe nationale, même si vous avez été privé de ce qui aurait dû être le plus grand moment de votre carrière d’entraîneur?
Nous avons connu une très bonne saison et nous avons continué de grandir en tant que sélection nationale. Les éléments que nous avons souhaité intégrer dans notre jeu, comme une attitude offensive et défensive plus agressives, ont été assimilés et se sont traduits dans notre jeu, par exemple lorsque nous avons battu la Russie 8-2 à Viège au mois de décembre. Cela reste pour moi le grand moment de notre saison écourtée. Même s’il ne s’agissait pas de la meilleure sélection russe possible, nous avons dominé comme rarement une grande nation du hockey. L’autre grande satisfaction provient de l’intégration des prospects, soit notre sélection des moins de 23 ans qui a réalisé du très, très bon boulot lors de la Deutschland Cup. De nombreux jeunes joueurs qui ont fait partie de cette équipe auront un rôle à jouer plus tard à des Championnats du monde.

Conséquence d’une fin de saison sans champion ni revenus liés aux play-off, une période de grande incertitude s’annonce pour le hockey suisse. Avez-vous des craintes pour l'avenir de l’équipe nationale?
J’espère que les clubs se remettront de ce coup dur sur le plan économique et que nous puissions commencer la nouvelle saison comme prévu en septembre. Personne ne sait encore comment tout cela va évoluer et quelles seront les conséquences. Mais je ne me fais pas de soucis pour l’équipe nationale. La qualité du jeu va rester élevée en Suisse, tandis qu’une bonne partie des internationaux évolue en Amérique du Nord, en NHL.

Votre parcours à la tête de l’équipe de Suisse a été parsemé de hauts et de bas. Des débuts difficiles en 2016, puis une grosse désillusion aux JO de PyeongChang en 2018, avant de vous hisser quelques mois plus tard en finale des Championnats du monde à Copenhague…
Au bout du compte, le plus important, c’est la manière. J’attache surtout de l’importance à la façon dont une équipe se développe à travers le temps. Je pense que nous y sommes arrivés: nous voulions nous développer et nous avons démontré que cela a été le cas en nous montrant constants contre les nations de pointe et en réussissant à faire le jeu contre les plus «petites» nations, ce qui avait été loin d’être le cas par le passé. D’un point de vue de la qualité de notre jeu, de notre philosophie, nous allons dans la bonne direction. Ce qui me plaît aussi énormément, c’est l’attachement des joueurs pour le maillot national. Les sélectionnés aiment rejoindre l’équipe de Suisse, ils viennent volontiers, que ce soit pour des matches amicaux ou de grandes compétitions. Cela non plus, ça n’a pas toujours été une évidence. Il reste désormais à poursuivre notre progression et à nous affirmer encore davantage dans les grands matches, ceux qu’il s’agit de gagner à tout prix.

Comme tout le monde, désormais, vous êtes confiné chez vous. Comment vivez-vous ces moments particuliers tandis que le sport est complètement à l’arrêt?
La vie sans sport, c’est une situation totalement atypique. Avant, je passais de nombreuses heures à regarder des matches de hockey, que ce soit en Suisse ou en NHL, pour suivre l’évolution des internationaux. Maintenant que la planète sport est à l’arrêt, c’est aussi l’occasion de s’intéresser à d’autres choses. Au lieu de regarder des matches à la TV, on peut lire des livres ou se développer en se formant. Personnellement, je profite de passer du temps avec mon épouse, qui va accoucher au mois de juin. Ce sera une fille! Disons que je n’ai pas le temps de m’ennuyer pour l'instant et je sais déjà que mes nuits risquent d'être courtes cet été!

Créé: 25.03.2020, 12h09

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