Huit gros pays n'iront pas à la Coupe du monde. Pourquoi?

FootballLes champions d'Afrique et d'Amérique du Sud ne verront notamment pas la Russie. Curieuse situation...

Toute la détresse de l'ancien Servettien Jorge Valdivia, qui ne verra pas la Russie avec le Chili, pourtant champion d'Amérique du Sud.

Toute la détresse de l'ancien Servettien Jorge Valdivia, qui ne verra pas la Russie avec le Chili, pourtant champion d'Amérique du Sud. Image: AP

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Voilà, on connaît maintenant 23 des 32 nations qui participeront à la Coupe du monde 2018 en Russie. Parmi celles-ci ne figure pas la Suisse, mais la sélection de Vladimir Petkovic peut encore espérer accrocher l’une des neuf places restantes. Cela passera, on le sait, pas la victoire dans un périlleux double barrage de novembre. Au moins les Helvètes préservent-ils un semblant d’espoirs, ce qui n’est plus le cas pour plus de 100 pays déjà écartés des débats. Parmi eux, nous en avons retenu huit qui semblaient en mesure de s’inviter au rendez-vous estival, mais sont passés à côté. Et ce pour diverses raisons. Explications.

ALGERIE

Le contexte: c’est peu dire que l’échec est immense pour les «Fennecs» qui, il y a trois ans et demi, s’étaient invités en 8es de finale de la Coupe du monde et y avaient menacé l’Allemagne, future lauréate. Cette non-qualification pour la Russie est un vrai bide pour l’Algérie, qui pointe carrément à la dernière place de son groupe avec un seul point pris en cinq sorties. Un bilan dû aux errements de la Fédération et aux mauvais choix en termes de sélectionneur. Poussé à la démission, Christian Gourcuff a vu son Milovan Rajevac enfoncer les Algériens dans la crise. George Leekens et Lucas Alcaraz, successeurs du Serbe, feront encore pire. Et ce en dépit d’un groupe composé de plusieurs talents – Brahimi, Feghouli, Ghoulam, Mahrez…

Ce qui aurait pu la sauver: que la cohésion et l’état d’esprit nés entre 2012 et 2014 demeurent et que les tiraillements en coulisses cessent.

Ce qui cloche chez elle: un peu tout, du mental à la (non) gestion des talents.

BOSNIE

Le contexte: il n’a manqué que deux points aux Bosniens pour s’inviter en barrages. Troisièmes de leur groupe derrière l’intouchable Belgique et les inconstants Grecs, les hommes de Mehmed Bazdarevic n’ont pas été maladroits au fil de ces éliminatoires, mais ils ont tout perdu en s’inclinant à Chypre le 31 août dernier alors qu’ils menaient encore 0-2 à l’heure de jeu! Cette défaite inattendue a provoqué la chute de la sélection, présente au Brésil voici quatre ans. Preuve en est qu’elle a encore explosé il y a une semaine face à la Belgique, concédant sa première défaite à domicile de la campagne (3-4, après avoir mené 2-1, puis 3-2). Le succès signé mardi en Estonie avec un doublé du «Suisse» Izet Hajrovic (ex-GC) ne relève que de l’anecdote.

Ce qui aurait pu la sauver: que sa défense – 13 buts encaissés en 10 matches – se montre un peu moins fébrile en deuxième partie de campagne et qu’elle ne s’imagine pas trop belle en menant 0-2 à Chypre.

Ce qui cloche chez elle: son système défensif et le manque de solidité autour des pépites Edin Dzeko et Miralem Pjanic.

CAMEROUN

Le contexte: avec un sélectionneur non payé depuis près d’une année et un énorme manque de production offensive, les champions d’Afrique se sont montrés incapables de surfer sur leur inattendu triomphe de la dernière CAN. Vincent Aboubakar ne peut pas toujours sauver les meubles. Le match nul concédé à domicile contre la Zambie puis la violente claque encaissée au Nigeria ont eu raison des espoirs des Lions (In)domptables.

Ce qui aurait pu la sauver: que le buteur Aboubakar soit mieux épaulé. Et que le tirage au sort lui offre un autre groupe que celui d’un Nigeria redevenu très solide.

Ce qui cloche chez elle:il y a un gros manque de complémentarité entre les joueurs et aucune véritable locomotive, exception faite d’Aboubakar, pour tirer le groupe vers l’avant. Les leaders du passé, les forts en gueule, manquent cruellement au Cameroun.

CHILI

Le contexte: lauréat de la Copa America, le Chili était déjà présenté comme un potentiel outsider de la Coupe du monde 2018. Et au final, il ne la verra même pas, passant à côté de la place de barragiste à la différence de buts! Cruel? Oui, mais pas illogique, sachant qu’Alexis Sanchez et ses partenaires ont par moments balbutié leur football au fil de la campagne. La victoire initiale contre le Brésil a agi en trompe-l’œil, la suite se voyant constituée de quelques faux pas évitables (défaites 3-0 en Uruguay, 2-1 au Paraguay, 3-o en Equateur, 1-0 en Bolivie, 0-3 à domicile contre le Paraguay…). Et dire qu’avec un point en plus, les Chiliens auraient entraperçu la Russie.

Ce qui aurait pu la sauver: de pouvoir compter sur un meilleur système défensif et un gardien d’un plus haut niveau.

Ce qui cloche chez elle: la défense, pas à la hauteur des arguments offensifs.

ETATS-UNIS

Le contexte: désormais habitués aux Coupes du monde, les Américains s’imaginaient pouvoir faire le déplacement en Russie en se tournant les pouces. Le reste de la Zone CONCACAF en faisait également un gros favori pour la qualification. Or, du début à la fin de la campagne, l’US Soccer a alterné le pire et le… très, très moyen. Vous direz qu’une sélection qui ne cueille que douze points en dix matches ne mérite pas de s’inviter au bal (et vous aurez raison), mais avec une unité supplémentaire, la troupe de Bruce Arena aurait validé son ticket. Seulement a-t-elle manqué de pep mardi contre Trinidad-et-Tobago. Comme elle avait d’ailleurs précédemment manqué d’à peu près tout ce qui constitue une équipe de football. Ses résultats (défaites 4-0 au Costa Rica, 0-2 contre le Costa Rica, matches nuls 1-1 au Panama et au Honduras…) en sont la preuve. Son changement de sélectionneur – Bruce Arena a succédé à Jürgen Klinsmann – n’y a rien changé. Les Etats-Unis vivent une crise profonde, sur le rectangle vert.

Ce qui aurait pu la sauver: que le groupe dispose d’une véritable force de caractère et de quelques joueurs d’expérience autre que Clint Dempsey afin de pouvoir lui permettre de surnager dans les moments délicats.

Ce qui cloche chez elle: manque de leadership, manque de talents, manque d’expérience, manque de caractère…

PAYS-BAS

Le contexte: absents de l’Euro 2016 après avoir été demi-finalistes de la précédente Coupe du monde, les Néerlandais espéraient retrouver les feux des projecteurs, mais leurs cadres ne se renouvelant pas et leurs anciens joueurs majeurs ayant pris de l’âge et perdu de la qualité, il était impossible de «sauter» la France pour la qualification directe. La place de barragiste, lâchée à la Suède à la différence de buts, était mine de rien à portée, mais cela aurait sans doute été immérité pour des «Oranje» à la mécanique branlante. La défaite concédée au mois de mars en Bulgarie est définitivement venue plomber le décor.

Ce qui aurait pu la sauver: de pouvoir compter sur un vrai meneur de jeu tel Wesley Sneijder. Celui de 2010, voire de 2014. Pas son ombre de l’ère actuelle. Et puis d’avoir une défense moins légère.

Ce qui cloche chez elle: comme pour les Etats-Unis: manque de leadership, manque de talents, manque d’expérience, manque de caractère…

PAYS DE GALLES

Le contexte: auréolés d’une inattendue et inespérée place de demi-finalistes à l’Euro 2016, les Gallois pouvaient espérer surfer sur la bonne vague, placés qu’ils se trouvaient dans un groupe qui n’était pas des plus relevés (Serbie, Eire, Autriche, Géorgie et Moldavie). Or, les récurrents problèmes de santé de leurs leaders Aaron Ramsey et Gareth Bale leur ont coûté cher tout au long de la campagne. Eux qui manquent la place de barragiste pour deux petits points regretteront longtemps d’avoir été tenus en échec par la Géorgie à l’automne 2016 (1-1) et de s’être montrés incapables de tenir le score lors de la dernière journée face à des Irlandais qui en ont profité pour leur subtiliser le 2e rang de la poule.

Ce qui aurait pu la sauver: d’avoir un Bale épargné par les pépins physiques.

Ce qui cloche chez elle: pas grand-chose, à dire vrai, si l’on fait exception de ses soucis à la finition. A dire vrai, l’heure est surtout venue de se souvenir que la place dans le dernier carré de l’Euro tenait du véritable miracle. Et que, finalement, une non-qualification pour le Mondial n’était pas une telle catastrophe pour cette nation.

TURQUIE

Le contexte: bien que pas forcément brillants lors de l’Euro, les Turcs pouvaient s’appuyer sur un bon mélange générationnel pour espérer écrire un nouveau chapitre de leur histoire. Mais, plongés dans un groupe compliqué (avec notamment l’Islande, la Croatie et l’Ukraine), ils n’ont pas su confirmer les promesses. Notamment car les jeunes n’ont pas su prendre le pouvoir et les responsabilités. Le début de campagne – deux nuls, une défaite – a très vite mis à mal une équipe en manque de caractère et de mental. Contraints de courir derrière les points, Arda Turan et ses partenaires ont fini par prendre un gros coup sur la tête le 2 septembre en Ukraine. Avant de voir l’Islande les assommer définitivement.

Ce qui aurait pu la sauver: un meilleur départ dans la campagne et une défense moins perméable.

Ce qui cloche chez elle: aucune force de caractère, aucun leader, Arda Turan n’ayant pas été à la hauteur de sa réputation.

(24 heures)

Créé: 11.10.2017, 15h57

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