«Il y a cette impression visuelle frappante, bien plus forte que les écarts»

CyclismeChristian Prudhomme, patron du Tour, parle de Chris Froome et de la probable étape en Valais en 2016.

Christian Prudhomme, le patron du Tour, fait face sur tous les fronts avec une élégance dont il ne se départit jamais.

Christian Prudhomme, le patron du Tour, fait face sur tous les fronts avec une élégance dont il ne se départit jamais. Image: MAXPPP

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Christian Prudhomme est seul aux commandes de l’immense paquebot Tour de France depuis 2007 et l’exclusion d’un certain Michael Rasmussen. Il a déjà essuyé pas mal de tempêtes. Le successeur de Jean-Marie Leblanc ne brave pas les orages que côté sport. Cet ancien journaliste (France Télévisions, Europe 1, La Cinq, LCI) fait face sur tous les fronts. Par gros temps, il navigue avec une élégance dont il ne se départit jamais et la force de l’habitude. En août 1998, un mois après le scandale Festina, Prudhomme participa à la création de L’Equipe TV, devenue L’Equipe 21.

Le Tour est-il déjà joué?
Je ne pense pas. Je ne dis pas ça pour ménager le suspense. On aborde aujourd’hui quatre étapes de montagne, c’est la première fois depuis 1987 et la victoire de Stephen Roche qu’il y a un tel enchaînement. Le Tour est caniculaire mais aussi marqué par de fortes amplitudes thermiques. Les organismes sont marqués.

Faites-vous confiance à Chris Froome, malgré la suspicion qui entoure ses performances et en dépit de la publication de ses données par son team?
Dans aucun autre sport, on ne se poserait la question en ces termes. Il y a des disciplines dans lesquelles on pourrait pourtant creuser. Je ne veux pas entrer dans la querelle des watts. Je n’ai pas les compétences pour débattre de ce sujet. Il y a surtout cette impression visuelle, extrêmement frappante, saisissante, bien plus forte que les écarts (ndlr: Quintana pointe à 3’10” et Van Garderen à 3’32”). Il en résulte une vraie frustration. Au départ, il existait une telle envie d’assister à la montée en puissance de quatre favoris désignés (Froome, Contador, Nibali et Quintana) et là, on a un coureur contre le reste du monde. La frustration est accentuée en France (ndlr: Péraud et Pinot avaient terminé sur le podium l’an dernier). On oublie que Bardet, premier Français en 2013, avait fini 15e. Et dire qu’à la présentation de l’événement on m’avait reproché d’avoir fait un Tour pour les Français (rires).

Le Tour est victime de son gigantisme et le danger pour Froome n’est-il pas constitué par le public considérable et incontrôlable?
Comme sur un vélo, le Tour doit toujours trouver son point d’équilibre. Mais il faut distinguer ce qu’on dit, ce qu’on raconte de ce qui se passe. 99,9% des gens saluent la performance des coureurs avec ferveur, enthousiasme et passion. Dans le respect. Il faut se prévenir du bruit médiatique. J’ai une vieille maman de 87 ans qui pense qu’on va se faire égorger au coin de la rue. Les consignes de sécurité sont suivies. J’ai écouté le podium. J’ai entendu les applaudissements pour Quintana et Sagan, mais pas de sifflets pour Froome.

Le monde agricole profite aussi de la caisse de résonance du Tour pour faire entendre sa voix. La caravane publicitaire a été impactée…
J’ai vu beaucoup de pancartes intitulées «Non au loup, oui au Tour». C’est significatif. Le Tour met en vitrine le monde rural et celui-ci le sait. Je n’ai pas de crainte spéciale.

Le Tour est chahuté de toutes parts. Oleg Tinkov (le propriétaire de la formation Tinkoff) a menacé de le boycotter en 2016. Contador, son leader, s’est plaint du logement…
C’est un peu retenez-moi ou je fais un malheur. Qu’il s’en aille! Comme Contador, je rêve d’un pays de cocagne où l’on dort tous les soirs dans de beaux hôtels. On ne peut pas passer tous les jours de repos à Pau.

Le Tour entretient des rapports compliqués avec l’UCI. Vers quoi la réforme du cyclisme tend-elle?
Je ne suis pas en charge du dossier. Disons qu’il existe une volonté commune d’avoir un système ouvert mais qu’il y a un hiatus sur cette définition.

Le Tour 2016 est annoncé en Suisse, plus précisément en Valais. A Crans-Montana les hôtels afficheraient déjà complets…
En Suisse, chacun sent plus ou moins confusément que le Tour ne va pas mettre trop de temps à revenir (ndlr: la dernière fois c’était à Porrentruy en 2012). Crans-Montana, Verbier, Finhaut, Berne et Aigle sont candidats. Mais on ne va pas faire cinq étapes en Suisse. J’ai rencontré le syndic d’Aigle à l’arrivée à Gap. Il est venu humer le parfum du Tour. Je recevrai une délégation de Crans-Montana à Saint-Jean-de-Maurienne et une de Verbier à La Toussuire.

Créé: 22.07.2015, 06h59

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