Passer au contenu principal

«Incroyable!» ne cesse de répéter Musa Araz

Passé fin juillet du LS à Konyaspor, le milieu de terrain évoque sa nouvelle vie et l’immense engouement dans son pays d’origine.

Musa Araz (au centre) dimanche soir à Istanbul, face au Basaksehir d’un certain Adebayor.
Musa Araz (au centre) dimanche soir à Istanbul, face au Basaksehir d’un certain Adebayor.
Konyaspor

Musa Araz n’a pas encore tout à fait réalisé ce qui lui arrive. A tout bout de champ, il dit «c’est incroyable!» Il est vrai que, en quelques semaines, la vie du petit milieu de terrain s’est singulièrement accélérée. Fin juillet, il quittait le Lausanne-Sport. Un mois plus tard, on le retrouve titulaire à Konyaspor (1re division), un club qui, la saison passée, a remporté la Coupe de Turquie.

Joint lundi en milieu de journée alors qu’il regagnait son domicile, Araz était rentré dans la nuit d’Istanbul, où son équipe venait de s’incliner (2-1) devant Basaksehir, club proche de la famille Erdogan et l’un des favoris du championnat. «Une défaite un peu amère. Peut-être avons-nous été trop respectueux.» Après trois journées, Konyaspor comptabilise donc un succès pour deux défaites, ainsi qu’une victoire à l’occasion de la Supercoupe de Turquie, remportée le 6 août face à Besiktas.

A 23 ans, Musa Araz n’a pas hésité longtemps lorsque cette offre est arrivée. «Je ne pensais pas avoir aussi vite une aussi si belle opportunité à l’étranger, avoue-t-il. En me proposant un contrat de cinq ans (ndlr: à des conditions sensiblement supérieures à celles qu’il avait connues jusque-là en Suisse), les dirigeants m’ont montré leur confiance. Le transfert s’est conclu en quelques jours.»

Située à 200 kilomètres au sud d’Ankara, Konya compte plus d’un million d’habitants. Turc d’origine, Araz est né et a grandi à Fribourg. Il a fait ses classes de footballeur au FC Bâle, a ensuite été prêté au FC Le Mont, puis à Winterthour, avant de rejoindre le LS. Il a également joué en sélection suisse jusqu’en M21. «J’ai souvent passé mes vacances en Turquie, explique-t-il. Je ne connaissais toutefois pas Konya. C’est une grande ville, mais c’est plutôt tranquille. Ce critère-là avait son importance, surtout pour un jeune joueur, dans un pays comme la Turquie.»

«Les gens adorent le club et comptent sur leurs joueurs. Tu le sens à chaque instant»

Un pays de passion, dans lequel le football occupe une place de choix. «L’engouement est énorme. Les gens adorent le club et comptent sur leurs joueurs. Tu le sens à chaque instant. Et pour ce que j’ai pu en voir jusque-là, l’atmosphère dans les stades est juste incroyable.» Lundi dernier pourtant, pour la première de la saison à domicile, Konyaspor – qui possède un stade moderne de 42 000 places, inauguré en 2014 – a dû jouer… à huis clos. Conséquence des échauffourées entre supporters qui avaient accompagné le match de Supercoupe. «Le club a pris cinq matches sans public. On espère que cette sanction pourra être réduite.»

Dans cette rencontre face à Genclerbirligi (victoire 3-0), Musa Araz a inscrit deux buts de son pied gauche plutôt adroit. Sa position plus avancée sur le terrain explique en partie cette efficacité qu’on ne lui connaissait guère. Dans un système en 4-2-3-1, Araz joue en effet plus avancé qu’au LS, par exemple. «J’évolue en 10, derrière l’attaquant, précise-t-il. Ce qui me permet de me projeter et d’aller finir les actions.» Surpris par ce positionnement? «La presse turque m’avait annoncé comme un 10. Et je dois dire que cela me convient bien. Je ne pensais pas forcément être titulaire aussi vite. Je m’étais dit: ne te prends pas la tête avec ça et travaille. Je suis donc très heureux de qui m’arrive. Et peu importe le poste occupé.»

Quant au style de sa nouvelle équipe, appelée à jouer un rôle dans la première moitié de tableau, il indique: «Agressive et qui aime aller vite devant, grâce à un jeu très direct.»

Les amis du 53

Sur son maillot, Musa Araz porte le numéro 53. Une façon de garder un lien avec sa famille et ses amis. «Je n’oublie pas d’où je viens. Le 5 et le 3 sont les numéros des bus avec lesquels je peux rejoindre mon quartier de Torry, à Fribourg. Au début, c’était plutôt un clin d’œil, une plaisanterie entre nous. Mais finalement, l’idée est restée. Et c’est devenu mon numéro.» A Konya, le joueur a découvert des conditions de travail de haut niveau. «Les infrastructures et l’encadrement sont incroyables, assure-t-il. A ma première visite, j’en suis resté bouche bée. Il s’agit véritablement d’un autre monde.»

Konyaspor disputera également l’Europa League, dans un groupe qui comprend les Portugais de Vitoria Guimarães, Salzbourg et l’Olympique de Marseille. Là encore, Musa Araz savoure, avec un premier rendez-vous prévu le 14 septembre au Stade Vélodrome. «Pour moi, c’est un truc de malade. Depuis tout petit, je suis en effet un inconditionnel de l’OM. Pas mal d’amis et des gens de ma famille feront le voyage de Marseille, ça va être énorme!»

C’est presque une nouvelle vie qui a débuté pour lui avec les «Aigles d’Anatolie». Musa Araz en est conscient. «Je sais la chance que j’ai».

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.