L’incroyable trajectoire du Vaudois Jonathan Falk

Football américainIl n’a commencé son sport qu’à 23 ans. Trois ans plus tard, il est passé pro et il vient de remporter le plus prestigieux trophée européen.

Jonathan Falk a remporté le «Super Bowl allemand» avec son club de Braunschweig.

Jonathan Falk a remporté le «Super Bowl allemand» avec son club de Braunschweig. Image: Uwe Zingler

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À 23 ans, Jonathan Falk n’avait jamais touché un ballon ovale de football américain; à 29 ans, le Vaudois a remporté le «Super Bowl allemand», soit le trophée le plus prestigieux de ce sport yankee remis en Europe.

Quand il évoque l’épisode le plus marquant de sa carrière, cette soirée exceptionnelle vécue à mi-octobre dans l’enceinte traditionnellement occupée par l’Eintracht Francfort, le colosse de 114 kilos ne cherche pas à masquer ses émotions. Sa voix tremblote; uniforme quelques instants plus tôt, sa locution devient saccadée.

«Le moment le plus fort, c’était l’entrée sur le terrain. En championnat, avec mon club de Braunschweig, on jouait dans un stade plus petit, devant quelques centaines, voire deux ou trois milliers de fans, mais là…» Là, ils étaient 20 382. «Je peux vous le certifier: voir autant de monde, cela procure des frissons.» Deux heures plus tard, la victoire contre les Schwäbisch Hall Unicorns acquise (10-7), le linebacker pouvait savourer sa retraite sportive avec le sentiment du devoir bien accompli. Mais pas seulement. Car l’histoire de Jonathan Falk, c’est aussi l’histoire de l’impossible devenu possible.

Il s’ennuyait à la piscine

On rembobine le film. La vingtaine de bougies soufflées, le Vaudois est en quête d’une identité. Il jouit d’une bonne réputation dans son job du domaine tertiaire, les fins de mois ne sont pas trop difficiles et les sorties en décapotable sont devenues sa vie. «Mais il me manquait quelque chose», se remémore-t-il. Un défi, de l’adrénaline. Pas assez bon pour gravir les derniers échelons de la pyramide de formation du Lausanne Hockey Club, il s’ennuie au fitness et à la piscine. «J’avais besoin de pratiquer un sport de contacts.»

Son introspection débouche sur un choix drastique: ce sera la boxe ou le football américain. «Un soir, après le travail, j’avais convaincu un collègue de m’accompagner dans une salle de boxe. Quand nous sommes arrivés, le patron nous a dit qu’il ne prenait plus de nouvelles inscriptions.» Cela fut donc le foot américain, par défaut. Dans ce domaine, les portes se sont montrées moins verrouillées que dans le club de boxe. Jonathan Falk est accueilli les bras ouverts, même si ses habiletés restent une énigme. Va-t-il pouvoir se tailler une place au sein d’une équipe formée de routiniers? Le jeune homme, qui en est convaincu, bosse à l’entraînement, effectue du rab en salle de force, passe des heures à s’inspirer de vidéos de professionnels et se développe dans un milieu qui lui était totalement étranger quelques semaines plus tôt.

Plus les mois passent, plus Falk devient connu dans le microcosme helvétique. Mais il en veut davantage: comme le sport est US, pourquoi ne pas aller le pratiquer sur les pelouses de l’Oncle Tom (Brady), se dit-il? Après avoir réglé les formalités administratives, il est accepté dans une université américaine, en Ohio, où il côtoie sur une base quotidienne des joueurs qui ont parfois cinq ans de moins que lui. «J’ai franchi un palier dans ma progression lors de cette aventure», estime-t-il.

De retour en Europe, Jonathan Falk est animé d’un nouveau projet: devenir professionnel dans un sport observé par quelques curieux en Suisse et qui ne jouit pas de couverture télévisuelle. Ce plan, il le concrétise de l’autre côté du Léman, chez les Black Panthers de Thonon. «J’étais en harmonie avec ma personne, même si mon revenu s’était fortement réduit.»

Accomplissement personnel

En France, il devient rapidement un élément dominant et est vite repéré par les recruteurs des New Yorker Lions de Braunschweig, dans la principale ligue du Vieux-Continent, en Allemagne. «Sous un angle pécuniaire, j’ai davantage vivoté que vécu. Mais sous l’angle de l’accomplissement personnel, j’ai gagné quelque chose qui n’est pas quantifiable.»

Dès la saison prochaine, Jonathan Falk transmettra son savoir aux joueurs de Thonon dans la tunique de l’entraîneur adjoint, tout en encadrant le développement des jeunes dans sa structure privée (Performance Athletic Center). Il n’a donc pas fini de toucher ce ballon ovale qui lui fut si longtemps étranger.

Créé: 06.11.2019, 20h04

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