Istomin va affronter Federer: «Le plan ne marche pas toujours»

TennisL’Ouzbek évoque ce qui l’attend au premier tour de l’Open d’Australie. Fortunes diverses pour les Suisses lors du tirage au sort.

Roger Federer, d’humeur joviale, a assisté au tirage au sort sur un plateau improvisé au milieu de la Margaret Court Arena.

Roger Federer, d’humeur joviale, a assisté au tirage au sort sur un plateau improvisé au milieu de la Margaret Court Arena. Image: Keystone

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Forcément, tout bourdonne déjà dans sa tête. Denis Istomin, ouzbek aux lunettes profilées, s’applique pour l’instant à frapper des balles propres sur le court N° 23, tout au fond de Melbourne Park. Le tirage au sort vient d’avoir lieu, mais le brave Denis cogne pour feinter la réalité: en début de semaine prochaine, il aura en face de lui Roger Federer, la légende vivante du tennis. Un match reste toujours un match, sans doute, mais enfin, il en est certains qui sont un brin différents des autres. «Eh bien comme celui-là, oui, souffle-t-il en quittant le terrain. C’est toujours spécial d’affronter Federer. J’aime, c’est une chance: il ne va pas encore jouer pendant dix ans, non?»

Non, sûrement pas. Le privilège a un prix: défier le meilleur joueur de tous les temps, vainqueur en 2017 et en 2018 en Australie (6 victoires au total). Si Istomin a 32 ans, le Bâlois, du haut de ses 37 printemps, semble pourtant plus léger que jamais. De quoi éteindre les ambitions de l’Ouzbek? «Non, je ne vais pas venir sur le court en pensant à la défaite», prévient-il. Il a pour lui son exploit de 2017, ici même, quand il avait créé la sensation en éliminant Novak Djokovic au deuxième tour pour ensuite se hisser jusqu’en huitièmes de finale. Il était 117e mondial au début du tournoi.

Deux ans plus tard, il pointe au 99e rang, mais a toujours le regard fier. Et goguenard. «Évidemment qu’il faut avoir un plan, même quand c’est Federer en face, assure-t-il. Le seul souci, c’est que le plan ne fonctionne pas, ou alors qu’il faut en changer rapidement en cours de match. Cela dit, je suis toujours partant pour une nouvelle surprise…»

Pas de quoi inquiéter Roger Federer. L’expérience du Bâlois lui donne cette sérénité qui est drapée d’une humilité naturelle. Le tirage au sort, lui l’a vécu en direct. Sur le plateau improvisé au milieu de la Margaret Court Arena, il est venu en souriant dire pourquoi il était là.

«J’aime ce moment, a-t-il souligné tout simplement. Parce que c’est à cet instant que tout commence vraiment, que je peux me concentrer sur mon prochain adversaire.» Et sur ce 100e titre en simple qu’il vise? «Nonante-neuf, ça me va, c’est un beau nombre, je peux vivre avec. Mais 100, c’est si proche. Franchement, je serais très heureux si cela devait se faire ici, je ne dirais pas non…» Le Bâlois en a profité pour parler d’avenir. Parce qu’il ne compte pas se retirer de sitôt. «Les duels qui m’ont opposé à Nadal et à Djokovic m’ont obligé à penser autrement le tennis. Quel jeu adopter, quelle raquette, quel revers? Il a fallu que je me pose des questions. Et je le fais parce que j’aime ce sport et que je veux y jouer le plus longtemps possible. J’avoue: je suis surpris que tout aille encore si bien pour moi. Alors j’espère durer. Il faudra regarder avec mes enfants, ma femme, mon corps, mon dos. Pour l’instant, tout va bien.»

Pas facile pour Wawrinka

Stan Wawrinka, lui, a sans doute évité une tête de série, mais son actuel classement (59e) le laisse d’abord aux prises avec Ernests Gulbis (ATP 83e), un sympathique Letton de 30 ans capable de tout, le pire comme le meilleur. Et ensuite, il y aura sur le chemin du Vaudois le vainqueur du duel entre Kyrgios et Raonic: pas simple, même si les deux compères ne semblent plus dans leur meilleure forme actuellement. On peut compter sur Wawrinka pour s’emparer de la question. À l’entraînement en tout cas, ce jeudi, il frappait juste et bien.

Dans le tableau féminin, il va falloir que Mlles Bacsinszky, Vögele et Bencic relèvent les défis qui les attendent. Timea Bacsinszky pour commencer: la Vaudoise doit écarter la tête de série N° 10, la Russe Daria Kasatkina. Pas simple. Idem pour Stefanie Vögele, qui doit en découdre avec la joueuse de Taïwan, tête de série N° 28, Su-Wei Hsieh. Enfin, Belinda Bencic est elle aussi attendue au tournant face à Katerina Siniakova, une Russe qui est 36e à la WTA, mieux classée que Bencic, 55e.

On notera aussi un certain Cilic-Tomic, ou ce Bautista Agut Murray, pour autant que l’Écossais soit d’attaque, lui qui a beaucoup peiné à l’entraînement contre Djokovic. Tout ce beau monde se prépare pour l’ouverture des feux, lundi.

(24 heures)

Créé: 10.01.2019, 21h56

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