«J’ai l’âge, le dynamisme et l’envie pour relever ce défi»

FootballVice-président de la Ligue, Jean-François Collet vise la tête du football helvétique. À 50 ans, l’ancien boss de la Pontaise expose ses raisons.

Jean-François Collet: «Je ne vais aucunement me travestir pour plaire.»

Jean-François Collet: «Je ne vais aucunement me travestir pour plaire.» Image: PATRICK MARTIN

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La décision de Peter Gilliéron de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête de l’Association suisse de football (ASF) aiguise les appétits en même temps qu’elle suscite déjà des vocations. Premier à sortir du bois, Jean-François Collet se verrait bien succéder le 18 mai à l’actuel patron de l’ASF, en poste depuis 2009.

À 50 ans, l’ancien président du Lausanne-Sport, un club qu’il a dirigé durant six ans (jusqu’en 2013), possède plusieurs atouts de nature à faire la différence dans les urnes. Notamment sa connaissance du monde du sport à travers la société Grand Chelem qu’il a fondée et dont il est toujours le directeur. Si sa candidature doit encore être officiellement avalisée par la Ligue, Jean-François Collet évoque les dossiers chauds du moment et la manière dont il envisage la fonction présidentielle.

Vous voilà parmi les favoris. Qu’est-ce qui vous a convaincu de vous présenter?
Lorsque, au sein du comité central de la Swiss Football League (ndlr: l’ancien boss de la Pontaise y siège depuis 2016), la question de la succession de Peter Gilliéron a été évoquée cet automne, mon nom a été prononcé. Plusieurs personnes ont estimé que je pouvais être le candidat idéal. C’était une surprise totale dans la mesure où je n’avais pas du tout imaginé cette éventualité. C’est quelque chose qui ne me titillait pas. Ce n’était en tout cas pas mon ambition au départ.

Et aujourd’hui?
La décision de me lancer a mûri. Je suis prêt à me lancer dans cette aventure car j’ai la conviction que je peux amener quelque chose. Cela fait plus de vingt ans que je suis dans le milieu du sport. En travaillant au quotidien avec plusieurs grandes fédérations internationales, dont l’ATP (ndlr: tennis) et l’UCI (ndlr: cyclisme), j’ai acquis une expérience qui peut être intéressante. Je suis d’abord un entrepreneur. Je connais le business, je sais comment il fonctionne. Et quand un problème surgit, je pense connaître la meilleure solution pour le résoudre. Au niveau de la gestion des droits TV par exemple, peu de gens peuvent se prévaloir de mon expérience.

Au point d’imaginer être l’homme de la situation?
Je pense avoir à la fois l’âge, l’envie et le dynamisme pour relever un défi comme celui-là. En tant que président, mon but serait de donner les bonnes impulsions.

Êtes-vous déjà en campagne?
Je dois d’abord recevoir le feu vert définitif de la Ligue à la fin du mois. Si l’on considère que je suis le bon candidat, j’exposerai mes priorités et la façon d’améliorer les choses, sachant que le foot suisse se porte déjà plutôt pas mal. Mais si l’on devait considérer qu’il existe un candidat avec plus de compétences, je m’inclinerais.

Quelles sont vos chances d’être élu?
Si c’est une décision purement politique, mes chances ne seront pas très élevées. Je ne suis pas un homme à serrer des mains, c’est peut-être mon handicap. De toute manière, je suis conscient de la difficulté de la tâche. Si je n’étais pas élu, ma vie continuera et elle est plutôt sympa.

Afin de dégager une majorité, il vous faudra pêcher des voix…
Ce que j’entends faire en restant moi-même. Si je fais ce job jusqu’à être élu, j’entends le faire avec ma vision des choses. Je ne vais aucunement me travestir pour plaire. Il faut rester qui l’on est.

Alors qu’un changement de formule de championnat avait été mis à l’étude, comment avez-vous accueilli le statu quo actuel?
Pour moi, c’est une aberration d’être resté à dix clubs en Super League. On peut même y voir un non-sens. J’étais un partisan convaincu d’un changement de formule mais je n’ai pas été suivi. Il fallait monter à douze équipes, avec la réintroduction des play-off. Lausanne a été le seul club à voter pour une augmentation. Dix clubs, ce n’est pas assez. En termes d’image, c’est même un enfer. Le modèle actuel marche sur la tête parce que les clubs ne sont pas rentables. Se battre avec peu, je sais ce que c’est. On est souvent attiré par le sommet de la pyramide mais il convient aussi de faire vivre les petits clubs.

Avec la multiplication de l’offre, notamment télévisuelle, la baisse des affluences dans les stades helvétiques ne vous inquiète-t-elle pas?
Juger l’intérêt des gens en fonction du nombre de spectateurs présents dans le stade n’est plus forcément le jalon adéquat. Ce qui compte, c’est le nombre de personnes qui suivent les images du match en question.

Comment avez-vous vécu l’été mouvementé du football suisse, marqué par le scandale de l’aigle bicéphale à la Coupe du monde et la démission du secrétaire général?
Tout n’a pas été fait comme cela aurait dû l’être. Sans doute y aurait-il eu le moyen d’éviter tous ces remous. Si la Suisse avait battu la Suède en huitième de finale, aurait-on parlé de tout ça? Certainement pas. Globalement, je suis cependant demeuré moins critique que les médias.

Quel regard portez-vous sur les révélations des Football Leaks? Le sport que vous défendez est-il à ce point contaminé par la corruption?
Dès qu’il y a du pouvoir, il y a des tentations. Je déplore que l’on n’ait pas été au bout du fair-play financier…

Un mot sur la course à la promotion, qui concerne notamment votre ancien club: qui va gagner?
Je pense que Lausanne va y arriver. Et Servette aussi, reste à savoir dans quel ordre.

(24 heures)

Créé: 07.11.2018, 23h24

Le mode d’emploi de l’élection

Le 18 mai 2019, Jean-François Collet ne sera bien sûr pas le seul candidat à espérer s’installer dans le fauteuil occupé par Peter Gilliéron. Présenté par le secteur professionnel, soit les clubs de la Swiss Football League (SFL), le Vaudois devra composer avec des adversaires issus des deux autres chambres composant l’Association suisse de football (ASF). On sait déjà que le monde amateur, représentant les ligues inférieures, entend lancer son propre candidat – des «primaires» auront d’ailleurs lieu cette fin de semaine – et il est vraisemblable que les représentants de la Première ligue en feront de même de leur côté. En outre, il n’est pas exclu qu’un membre du comité central de l’ASF se détermine en jouant sa carte personnelle.

À l’heure du vote, l’ensemble de l’assemblée des délégués réunira un total de 101 voix,
à savoir 28 pour la SFL, 26 pour la Première ligue et 47 pour la Ligue amateur. Au premier tour, la majorité absolue (50% +1) est requise. Le second tour a lieu à la majorité simple des suffrages valablement exprimés. En cas d’égalité des voix au second tour, un tirage au sort est effectué par le président sortant.

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