«J’aurais tellement voulu offrir une sortie plus glorieuse à «Nino»

Hippisme Steve Guerdat, quatrième à moins d’une seconde du podium, n’a pas été loin de rééditer son exploit de Londres. Le titre à Nick Skelton.

Steve Guerdat et «Nino des Buissonnets» ne sont pas passés loin d’un nouvel exploit.

Steve Guerdat et «Nino des Buissonnets» ne sont pas passés loin d’un nouvel exploit. Image: Keystone

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Dès que Nino a aperçu au loin ces obstacles, la foule qui criait, son sang n’a fait qu’un tour. Cela devait être son jour, son or, comme la dernière fois. Il avait ce regard espiègle et vif qu’il a toujours lors des grands événements. L’œil de celui qui était prêt pour un grand numéro.

Avec Steve Guerdat, ils ont tracé toute la journée des courbes parfaites, avalant avec maestria, ces grosses barres durant deux manches de rêve avec une force et une dextérité extraordinaires. Trente-cinq cavaliers étaient au départ, vingt en deuxième manche et, au final, six au barrage. «Go for gold, Steve!» Son frère, Yannick, ses supporters et tout le Jura y ont cru, jusqu’au bout.

Comme s’ils avaient sauté par-dessus la Manche et remonté le temps, Steve Guerdat et Nino des Buissonnets semblaient bien partis pour toucher une nouvelle fois le Graal, charmer le Dieu des Jeux. Jusqu’à cette finale des rois, qui réunissait six paires auteurs d’un double sans faute, et à ce premier vertical, qui leur sera fatal…

Skelton parade

«Je ne m’y attendais pas du tout, s’est excusé le cavalier. Après, j’ai essayé d’y aller pour une médaille, mais à moitié. C’est de ma faute, j’aurais dû rester plus concentré et risquer un peu plus. Enfin c’est comme ça, je suis désolé.» Qui pourrait lui en vouloir?

Alors qu’on envoie l’hymne anglais pour Nick Skelton, au pied du podium le cœur est gros pour les héros de Greenwich Park, qui ont tout donné pour entrer dans l’histoire. Pour être les premiers à toucher de l’or deux olympiades de suite. Et refaire encore une fois ce tour d’honneur avec une médaille autour du cou. C’était cette fois au tour du Britannique, qui avait été malheureux quatre ans plus tôt en touchant la barre en fin de seconde manche, de parader sur son Big Star. Cela faisait deux ans qu’il n’avait plus connu le succès avec son étalon. Au Suédois Peder Fredricson et le Canadien Eric Lamaze, le champion olympique de Pékin, de compléter la photo de famille. Alors qu’Al Thani et Farrington se sont retrouvés aussi abattus que l’Helvète.

Mais le Jurassien, s’il est légitimement déçu de la tournure des événements, de ce quatrième rang à nonante-neuf centièmes seulement du podium, il peut être fier de lui, de son Nino, de ce qu’ils ont réalisé à Deodoro. Ils sont passés tellement près, à un centimètre…

«Je ne suis pas certain que cela va le consoler car je n’ai jamais vu Steve aussi effondré qu’aujourd’hui, lâche le papa, Philippe, triste pour son fiston. Il voulait tant offrir une dernière médaille à son cheval, c’est vraiment dur pour lui. Non, ils ne méritaient vraiment pas ça!»

«Ça fait mal»

Les champions ont aussi des émotions. C’est en effet Steve Guerdat en pleurs qui s’est présenté devant des journalistes lui rappelant que personne avant lui n’avait été aussi proche de rééditer son exploit quatre ans après, si ce n'est en 1924 à Paris, mais c’était un autre temps, un autre sport.

«Nino aurait mérité une médaille aujourd’hui, sanglote le cavalier de Bassecourt. On s’est tellement battu, on a sauté magnifiquement les deux. J’aurais tellement voulu lui offrir une sortie plus glorieuse, mais c’est le sport, c’est ainsi. A Londres, j’avais eu de la chance, pas à Rio, c’est Nick qui avait touché et moi qui suis à sa place. Cela se joue à des détails. Il faut l’accepter et regarder de l’avant pour revenir plus fort la prochaine fois.» Mais ce sera sans son phénoménal selle français; à 15 ans c’était ses derniers Jeux. Un autre crack va prendre sa place.

«Il faut profiter quand les choses vont bien car ce n’est jamais donné, mais là, rajoute Guerdat, ça fait mal, même s’il y a des choses plus graves dans la vie…»

Il reviendra dans quatre ans, probablement avec Corbinian, un futur champion. Dès qu’il aperçoit des barres, la foule qui crie, son sang ne fait qu’un tour…

Créé: 20.08.2016, 10h29

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