Jeunes retraités, ils ont trouvé une nouvelle voie

CarrièreLes raisons qui ont poussé quatre sportifs à se retirer prématurément du sport de haut niveau.

À 28 ans, Sven Ryser a fait le choix de ranger ses patins au placard pour retourner travailler dans l’entreprise de parquets de son père.

À 28 ans, Sven Ryser a fait le choix de ranger ses patins au placard pour retourner travailler dans l’entreprise de parquets de son père. Image: Keystone

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Les talents purs du sport étirent volontiers leur carrière au-delà de la quarantaine. Mais pour des Cristobal Huet (retraité à 42 ans), Igor Fedulov (à 45 ans) ou l’«immortel» Roger Federer (37 ans), combien de joueurs arrêtent bien avant… La médecine et les préparations physiques modernes permettent aux athlètes de profiter toujours davantage de leur passion. Mais d’autres font des choix draconiens bien plus vite. Que ce soit par manque de motivation, pour soulager un corps qui commence déjà à «siffler», ou par simple fatigue d’un milieu qui peut paraître très artificiel selon votre caractère et votre éducation.

L’exemple le plus patent est sans doute l’éphémère Lausannois Sven Ryser. Pour l’ancien attaquant de 28 ans, qui s’est épanché comme rarement dans les médias alémaniques la semaine dernière, c’était même plus symbolique, puisqu’il a choisi de s’asseoir sur une (belle) année de contrat à Malley 2.0 pour être en accord avec lui-même. «Je n’ai jamais fait ce que les gens attendaient de moi. Décider de prendre ma retraite a été un long processus, réfléchi, pas du tout fait à la va-vite, avouait-il à nos collègues. Pour moi, beaucoup de choses n’allaient plus, étaient contraires à mes valeurs. Quand vous êtes jeunes, au hockey, vous gagnez beaucoup trop d’argent par rapport à votre âge, tout en travaillant à côté de personnes qui ont aussi des salaires très élevés.» L’homme est retourné dans l’entreprise de parquets de son père, dont il espère pouvoir reprendre les commandes ensuite. En Romandie, trois autres sportifs ont tiré la prise cet été. Ils détaillent leur choix.


«J’en avais marre de ne pas être à 100%»

Guillaume Katz (29 ans)

«Il y a trois principales raisons à mon choix. La première, c’est la lassitude. J’ai connu de belles années, notamment à mes débuts: la Coupe d’Europe, la Super League, une finale de Coupe et des expériences en Suisse-Allemande. La seule chose qui me motivait encore, c’était de retenter ma chance dans l’élite, mais c’est bouché aujourd’hui. La priorité va aux jeunes. La deuxième, c’est que j’ai connu quelques pépins. Je n’ai jamais eu de grosses blessures, mais ça fait une année et demie que je joue avec des problèmes à un genou. J’ai essayé de me faire opérer... J’en avais marre de ne pas être à 100%, d’autant plus que je n’ai jamais vraiment misé sur mon talent. J’ai besoin de me sentir bien pour être fort. Enfin, je commençais à penser à ma reconversion, car je n’avais pas envie de jouer encore six ans au football… A mon âge, il y a encore la possibilité de trouver des choses intéressantes et motivantes, comme ce que j’ai commencé à faire au marketing du Lausanne-Sport.»


«Mon accident m’a fait franchir le cap»

Grégory Junod (30 ans)

«L’idée de me retirer du sport motocycliste datait de quelques années déjà et j’ai toujours voulu m’y préparer à l’avance. Plus tôt tu y penses… Il y a eu le cap passé de la trentaine, j’ai eu une belle carrière et plus grand-chose à en attendre. Et puis il y a eu ce gros accident au Mans au printemps dernier et je ne suis pas passé loin du tout de finir en chaise roulante. Après un tel événement, tu vois les choses différemment. Ça m’a définitivement fait franchir le cap et partir sur d’autres projets. J’ai passé trois mois avec un corset et ensuite un mois et demi de rééducation. Quand une telle chose arrive, tu as beau y être préparé… Après mon opération, il y avait pas mal de risques que je ne marche plus, alors la tête cogite, forcément. J’avais un peu peur d’avoir un gros vide, mais la vie se remplit vite, finalement. Ça fait cinq ans que je travaille en parallèle au TCS, où j’essaie d’apprendre aux gens à ne pas tomber justement (rires) et là, ça fait une semaine que j’ai recommencé.»


«Il y a eu de la fatigue mentale»

Julien Carrel (30 ans)

«Forcément, il y avait pas mal de facteurs en jeu dans ce genre de décision. Mais je n’ai jamais eu le statut de professionnel et à la fin, il y a eu de la fatigue mentale. J’ai vraiment arrêté parce qu’au terme de la saison dernière j’ai commencé à ne plus ressentir la même motivation de me dépasser, d’aller à la salle chaque jour. Depuis toujours, il n’y a pas eu une journée où j’abordais une saison ou même un entraînement en me disant que j’allais le faire à moitié. Travailler toute la journée, aller aux entraînements le soir, au fitness à midi… C’est un rythme de fou. Dès le moment où j’ai commencé à ne plus vouloir mais à devoir, ça marquait la fin de l’aventure. Et comme je travaillais déjà, je n’avais pas à me demander ce que j’allais faire après. Ce n’était en aucun cas pas la passion du sport qui avait diminué, parce que je me projette encore dans plein de choses autour du volley. Je coache des jeunes, je vais m’entraîner avec la 2e équipe en LNB pour les pousser, j’aide le LUC…» (24 heures)

Créé: 13.09.2018, 21h22

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