Nicola Spirig en argent: «J'ai fait tout juste»

JO 2016Quatre ans après son triomphe sur le triathlon à Londres, la Zurichoise s'incline devant Gwen Jorgensen.

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Après l'or, l'argent! Quatre ans après son triomphe au sprint aux Jeux de Londres, Nicola Spirig a trouvé encore plus forte qu'elle, en la personne de l'Américaine Gwen Jorgensen, qui a décroché un premier titre olympique à Rio au terme d'un magnifique duel avec la Zurichoise, qui aura tout tenté.

Spirig s'est dans l'ensemble montrée la plus active sur le parcours tracé à Copacabana. A plusieurs reprises, sur les 40 km à vélo, elle a secoué le peloton de tête fort d'une vingtaine d'athlètes, sans pouvoir prendre plus de 2 secondes d'avance. Mais il s'agissait aussi d'une démonstration de force. Spirig était sortie avantageusement de l'eau après 1,5 km de natation, pas son point fort habituellement.

Le duel tant attendu avec Jorgensen a eu lieu dès le début des 10 km en course à pied. Les deux championnes ont couru épaule contre épaule pendant huit kilomètres, prenant même le temps d'échanger quelques mots à deux reprises. Puis l'Américaine a placé son attaque, irrésistible, pour couper la ligne avec 40'' d'avance sur Spirig au terme de 1h56' d'efforts.

«J'ai fait tout juste»

La Zurichoise conservait l'argent avec 5'' d'avance sur la Britannique Vicky Holland, revenue très fort pour prendre le bronze. Et Spirig était très heureuse: «Sur le plan émotionnel, j'ai ressenti cette 2e place beaucoup plus fortement que ma victoire à Londres. Revenir quatre ans plus tard pour remonter sur le podium, quand on sait tout ce qui peut se passer entre-temps, me rend très fière. J'ai énormément investi pour ça», a relevé la juriste de Bülach.

Spirig est allée jusqu'à modifier son style en natation pour trouver une posture plus adaptée aux conditions particulières à cette côte de l'Atlantique, avec la nécessité de dompter les vagues. «Personne, je pense, n'a autant travaillé cet aspect que moi», a précisé la quintuple championne d'Europe. Et cela a payé: elle a d'emblée été bien placée pour s'élancer sur le parcours à vélo, où elle a tout essayé pour faire la différence. «J'ai fait tout juste. Une course parfaite selon moi. Mon but était d'user mes adversaires pour qu'elles abordent la course à pied les jambes bien fatiguées. Mais Jorgensen était plus forte finalement et elle mérite sa victoire.»

De sa boîte à malices, Spirig a même sorti une astuce pour tenter de déstabiliser psychologiquement son adversaire en course à pied: «J'ai cherché à la faire sortir de son rythme, en lui parlant. A un moment donné, je lui ai demandé que chacune prenne le relais à son tour, et elle m'a répondu: 'Mais c'est c'est justement ton tour'. Je lui alors dit que moi, j'étais déjà championne olympique (sous-entendu: pas nécessaire pour elle de tirer encore les marrons du feu).

Aux yeux de Brett Sutton, l'entraîneur australien de Nicola Spirig, le parcours à vélo n'était pas assez épicé pour permettre à sa protégée de se détacher. Les montées étaient trop courtes. Et Spirig, la meilleure cycliste parmi les triathlètes, était... trop forte pour que quiconque puisse l'accompagner et l'aider à prendre le large avant la course à pied. Cela aurait été, en ce samedi, sa seule chance de battre Gwen Jorgensen.

Plus forte qu'à Londres

Sutton est très fier de son athlète. Il sait qu'elle est meilleure qu'il y a quatre ans lors de son sacre londonien. L'adversité était simplement plus forte à Rio. «Le triathlon fait partie de la vie de Nicola mais ne représente pas toute sa vie», a précisé le coach australien. C'est aussi ce qui explique la fierté de l'intéressée. «Je me suis préparée dur tout en devenant mère après Londres (d'un petit Yannis, né en 2013), nous avons rénové notre maison (elle vit avec l'ancien triathlète Reto Hug), j'ai créé une fondation», énumère-t-elle, entre autres accomplissements.

Sans compter que cette championne de 34 ans a dû surmonter une fracture de la main gauche survenue en mars lors d'une chute à vélo en Séries mondiales à Abu Dhabi. Elle porte du reste encore dans son corps 23 vis et plaques posées après l'opération. Sportivement, la Zurichoise a continué à évoluer durant tout ce temps. Elle s'est remise à l'athlétisme, la discipline de ses débuts, en participant au marathon des Championnats d'Europe de Zurich en 2014 (24e en 2h37'12). Elle a beaucoup couru sur piste aussi.

Mais les Américains avaient vu juste en affirmant que Jorgensen était «imbattable en course à pied». Ce n'est pas pour rien qu'elle est double championne du monde. Jorgensen était restée invaincue pendant plus d'un an, de 2014 jusqu'au début de l'année dernière, enchaînant notamment 13 victoires en Séries mondiales, le plus haut niveau.

Il y a quatre ans à Londres, cette ancienne nageuse et spécialiste de cross-country, venue assez tard sur le triathlon, n'avait fini que 38e, victime d'une crevaison. Spirig et l'Américaine ne s'étaient plus affrontées depuis lors. Jorgensen a pris sa revanche, sans pouvoir enlever le sourire à la Zurichoise.

(ats/nxp)

Créé: 20.08.2016, 20h20

Un 2e enfant?

Nicola Spirig va maintenant prendre des vacances en famille avant de décider de la suite de sa carrière. Elle a dit cependant qu'elle avait disputé à Rio ses derniers Jeux en tant que triathlète. Se remettra-t-elle au marathon, se lancera-t-elle sérieusement dans les épreuves de triathlon longues distances (Ironman), ou autre?

L'avenir reste inscrit en pointillé. Mais en conférence de presse, deux jours avant sa course, la championne et mère du petit Yannis avait indiqué qu'elle souhaitait élargir sa famille. L'assistance a senti qu'il s'agissait là de sa priorité.

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