Le Brésil ne peut pas décevoir une troisième fois sa torcida

FootballAprès les échecs de 2012 (JO) et de 2014 (Mondial), la Seleção se doit de battre l’Allemagne en finale samedi soir dès 22 h 30.

Le Brésil attend de la bande à Neymar qu’il obtienne un sacre inédit pour le pays du sport-roi.

Le Brésil attend de la bande à Neymar qu’il obtienne un sacre inédit pour le pays du sport-roi. Image: AP

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Dimanche 7 août. Plein à craquer, le Stade Mané Garrincha de Brasília est en ébullition. Renato Augusto vient de manquer, dans les arrêts de jeu, l’une des rares occasions brésiliennes. Debout, le public conspue longuement ses joueurs qui quittent la pelouse tête basse. Après avoir partagé l’enjeu (0-0) contre l’Afrique du Sud quatre jours plus tôt, le Brésil n’a pas fait mieux contre l’Irak. Neymar, la star qui doit emmener la Seleção jusqu’au premier titre olympique de son histoire, est l’objet de toutes les critiques. De quidams fanatiques, bien sûr, comme le Brésil en a tant, mais aussi d’anciennes gloires, comme Zico. «Neymar est un très bon joueur, assène l’ancienne star de la Seleção, mais pas ce leader dont a besoin une équipe surévaluée qui n’a, à mon avis, que peu de chances d’aller au bout.»

Treize jours plus tard, l’équipe que dirige Rogerio Micale est en finale des JO. Un dernier acte qu’elle aborde en grandissime favorite. Après une entame chaotique, la Seleção a changé de rythme. Ou, plus vraisemblablement, elle s’est enfin libérée et gère ainsi mieux l’immense pression qui pèse sur ses épaules. Une métamorphose dont la genèse a été ce but libérateur inscrit par Gabriel Barbosa lors du match couperet contre le Danemark, en phase de poules.

Depuis cette fameuse 26e minute, le Brésil montre un tout autre visage. Offensif, joueur, concentré et souvent brillant, il ne fait qu’une bouchée de ses adversaires. Emmené par un Neymar omniprésent, décisif et altruiste, il balaie le Danemark (4-0), la Colombie (2-0) et le Honduras (6-0) pour amplement mériter sa place en finale. Il y retrouvera, demain (22 h 30 en Suisse) cette Allemagne qui lui avait causé, deux ans plus tôt lors de sa Coupe du monde, l’un des plus grands traumatismes (1-7) de sa riche histoire.

Même s’il n’est en rien comparable, ce duel pourrait donc permettre à la torcida brésilienne d’oublier (un peu) cette débâcle. Et aussi, surtout, à l’équipe de ramener cette médaille d’or olympique après laquelle le pays le plus titré de la planète, avec ses cinq sacres mondiaux, court en vain depuis plus d’un siècle. Il y a quatre ans, elle aurait déjà pu effacer cette anomalie. Mais, déjà emmenée par un très jeune Neymar (20 ans à l’époque), elle avait échoué en finale pour la troisième fois, face au Mexique cette fois (1-2).

Le Brésil favori

Le hasard veut que ce soit donc cette Allemagne tant crainte qui sépare encore le Brésil de son Graal. Mais, contrairement à la demi-finale de 2014, le Brésil partira cette fois largement favori. Pourquoi? D’abord parce que cette équipe d’Allemagne est certes très homogène, mais guère expérimentée et sans véritable joueur haut de gamme malgré la présence des frères Bender et du talentueux Leon Goretzka (Schalke).

Ensuite, parce que ce Brésil olympique semble même supérieur à celui qui avait sombré contre les futurs champions du monde il y a deux ans. Avec le talent offensif du trio Gabriel Barbosa-Neymar-Gabriel Jesus, la défense de la sélection dirigée par l’inoubliable Horst Hrubesch doit se préparer à souffrir. Et enfin, parce que cette Seleção est particulièrement bien équilibrée depuis que Micale a choisi de miser sur Wallace et Juan. Pour preuve, le Brésil marque beaucoup depuis la titularisation des deux hommes, ce qui ne l’empêche pas de ne pas encaisser, grâce notamment à l’expérimenté gardien Weverton (28 ans).

Bien protégée par Wallace et par Renato Augusto, l’enfant du Maracanã né à l’ombre du mythique stade, l’arrière-garde brésilienne reste surtout une forteresse inviolée parce qu’elle est dirigée par un duo de centraux aussi complets que complémentaires. Si les bonnes prestations du Parisien Marquinhos ne sont pas une surprise, celles de Rodrigo Caio (23 ans/São Paulo FC) lui vaudront certainement de belles offres d’Europe. Surtout si l’épilogue de ce tournoi olympique est celui dont rêve tout un pays. (24 heures)

Créé: 20.08.2016, 13h56

Le CIO propose, la puissante FIFA dispose

Le très haut niveau des compétitions est l’une des principales raisons de l’immense succès des Jeux. Dans 27 des 28 sports présents à Rio, les spectateurs peuvent voir ce qui s’y fait de mieux. Sauf en football, où le tournoi olympique est, depuis 1992, réservé aux seuls joueurs âgés de moins de 23 ans. Mais avant les JO de Barcelone, la situation était pire encore puisque la compétition était réservée, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, aux seuls amateurs. Une aberration qui a valu une longue série de victoires scandinaves ou de sélections des différents pays de l’Est.

Bien que le football y soit présent depuis 1900, il ne fait donc pas bon ménage avec les Jeux olympiques. La raison de ce mariage presque forcé – comment les JO pourraient-ils se passer du sport le plus populaire de la planète? – tient aux diktats de la FIFA. La plus puissante des fédérations mondiales ne veut tout simplement pas que le tournoi olympique devienne un concurrent pour sa Coupe du monde. Du coup, elle n’autorise que les joueurs de moins de 23 ans à s’y rendre.

Magnanime, la FIFA accepte aussi que ces sélections soient renforcées par trois éléments plus âgés. Mais comme ce rendez-vous olympique ne figure pas dans le calendrier officiel, les clubs ne sont pas obligés de céder leurs joueurs. La plupart des cadors présents à Rio, l’Argentine en tête, ont ainsi dû essuyer une longue série de refus de la part de clubs plus que réticents à l’idée de laisser partir leurs joueurs pour près d’un mois alors que les championnats commencent.

Cette situation ambiguë n’est pas près d’évoluer. On est en effet aujourd’hui plus proche d’une disparition du foot aux JO que de pouvoir y admirer les meilleurs joueurs de la planète.

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