Lucas Tramèr décompresse à Rio: après l’effort, le réconfort!

AvironLe rameur genevois réalise petit à petit ce que représente vraiment une médaille d’or aux Jeux olympiques. Il savoure…

Lucas Tramèr se plaît à promener son or à Rio et ne refuse pas de l’arroser d’une caïpirinha.

Lucas Tramèr se plaît à promener son or à Rio et ne refuse pas de l’arroser d’une caïpirinha. Image: Christian Maillard

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Il est toujours sur son petit nuage, tout là-haut, de là où l’on ne redescend jamais tout à fait vraiment quand on a touché un jour les étoiles. Le regard furtif, évasif, admiratif, Lucas Tramèr commence toutefois gentiment à réaliser, mais pas totalement, que cette médaille d’or qu’il tient dans ses mains a un poids certain, au propre comme au figuré. «Ces 500 grammes symbolisent en effet toute la dimension des Jeux, elle est si impressionnante qu’on se dit que, oui, bien sûr, on a fait quelque chose d’exceptionnel, sourit-il. Mais je n’ai pas dormi avec. Je ne voulais pas m’étrangler…»

Comme un vide

Sur cette plage mythique d’Ipanema, non loin de Copacabana, le Genevois savoure sa nouvelle notoriété. Ses yeux sont tirés, depuis son sacre. Comme ses trois autres camarades du quatre poids légers, il a été très sollicité. «On parle souvent de notre sport que tous les quatre ans, alors on n’a pas trop l’habitude», se marre le Genevois qui a reçu également de nombreux messages, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur son téléphone portable. «Cela me fait tout bizarre de penser qu’on a réalisé notre rêve, qu’aujourd’hui tout est peut-être fini ou presque, lâche-t-il, un peu nostalgique. A vrai dire, je ressens comme un vide, un manque. Plus d’entraînement, de compétition…»

Après «l’une des courses les plus dures» de sa vie, les images de la consécration sont encore bien présentes dans sa tête. «On la voulait tellement cette médaille d’or, qu’on avait tous la rage, se remémore-t-il. Je pense qu’on était plus prêts mentalement que nos adversaires à se faire mal.» A vider leurs tripes sur le bateau, pour ne rien regretter plus tard. «A la fin de notre course, on s’est tellement dépassé, quitte à exploser, qu’on n’arrivait même pas à marcher, ni pleurer.» Comprendre, tout simplement, qu’ils avaient été si grands, si forts…

Si lui, Simon Schürch, Simon Niepmann et Mario Gyr savaient, en franchissant la ligne, qu’ils avaient gagné, c’est l’amplitude de ce succès, ce que signifiait ce titre, qu’ils n’ont pas saisi d’emblée. «On avait juste battu des équipages comme aux Mondiaux, poursuit Lucas. Mais c’est ensuite, sur le podium, quand le drapeau monte, en voyant le bonheur des spectateurs suisses en face de nous, qu’on se dit que tout un pays nous a vus, qu’il n’y a pas que des fans d’aviron qui nous regardaient. Ce sont des moments d’une extrême fierté. J’imagine que lorsqu’on va rentrer chez nous, ce sera la folie. On a beaucoup de chance d’avoir eu quatre rameurs exceptionnels en même temps, dans le même bateau. Je suis heureux de faire partie de cette génération.»

S’il a eu l’occasion de trinquer le soir de son triomphe à la Maison Suisse, ce quatuor en or n’a pas encore eu vraiment le temps d’arroser sa victoire. «Mais il reste encore une semaine, sourit Tramèr. On aura bien la possibilité de faire la fête avec d’autres athlètes, car j’espère bien qu’il y aura encore plein de breloques à célébrer.» Après l’effort, le réconfort, il ne sera pas contre un bon verre de caïpirinha!

Privilège d’un champion

Privilège d’un titre olympique, les quatre garçons vont pouvoir rester jusqu’à la fin des JO au village des athlètes. «On va pouvoir encourager les autres Helvètes et défiler à Maracanã pour la cérémonie de clôture», se réjouit le rameur de Vésenaz, qui avait été privé de l’ouverture pour se concentrer sur les premières épreuves.

Seront-ils encore ensemble à Tokyo? Rien n’est encore sûr. «Mais ce n’est pas impossible», remarque le futur médecin, qui doit encore terminer ses études avant de savoir s’il cherchera, avec ses potes, à conserver ce titre dans quatre ans au Japon. En attendant, ils profitent de leur vie de stars à Rio. «Quand les Brésiliens nous voient dans la rue avec nos habits olympiques et notre médaille, on se fait arrêter pour un selfie, raconte Tramèr. Mais on doit tout de même faire attention de ne pas se la faire voler.»

Le représentant du Team Genève est conscient que dans la Cité merveilleuse, on serait prêt à tout pour ce demi-kilo d’or. «D’un côté, il y a des paysages fantastiques comme le Corcovado ou le Pain de sucre, des gens très accueillants. Et, de l’autre, il ne faut pas trop se promener dans certains quartiers, plutôt dangereux.» Surtout si, sur son nuage, il a la tête dans les étoiles…

Créé: 15.08.2016, 07h48

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