Teddy Riner est toujours un grand seigneur des anneaux

Rio 2016Le judoka français, qui n’a plus perdu un combat depuis six ans, reste le maître de la discipline, même si un Japonais l’a titillé.

Teddy Riner savoure la médaille d'or après sa victoire dans la catégorie des plus de 100 kg.

Teddy Riner savoure la médaille d'or après sa victoire dans la catégorie des plus de 100 kg. Image: Keystone

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«Il est tellement costaud qu’il pourrait gagner avec une main attachée dans le dos!» s’est un jour exclamé le Grec Ilias Iliadis, triple champion du monde des moins de 90 kilos. «Il bouge comme s’il avait des ressorts sous les pieds et dans ses articulations», avait pour sa part déclaré le Japonais Shinichi Shinohara, en 2000.

Le plus souvent, l’adversaire qui se retrouvait en face de Teddy Riner, refusait systématiquement le combat, conscient qu’il allait se faire laminer.

Mais au Japon, dans un pays, où le judo est une religion, on s’était mis à rêver d’un exploit inimaginable, encore plus impensable aujourd’hui tant le maître incontesté, cet extraterrestre, paraît invincible sur sa planète. Pour tout un peuple, le Japonais Hisayoshi Harasawa, 125 kilos sur la balance, devait oublier qu’il n’avait aucune chance et foncer! C’est lui, pensait-on très fort, qui allait être celui qui allait enfin détrôner le roi de la discipline.

Allergique à la défaite

Solide, vif et malin, ce droitier de 24 ans restait sur une période de plus de deux ans sans défaite qui l’avait conforté dans son idée qu’il était prêt à défier le boss. Il y a cru d’ailleurs dur comme fier, mais voilà, s’il avait fait connaissance avec le colosse français lors d’un stage international il y a quelques semaines en Espagne, il n’avait encore jamais eu l’honneur de se frotter à ce monstre sacré dans une compétition comme les Jeux…

S’il a réussi à faire tituber et vaciller le maître de la discipline à deux reprises, l’Asiatique a dû lui aussi, comme tous les autres avant lui, tirer sa révérence, battu aux pénalités. Après le gros succès de l’énorme Rafael Silva (160 kg), qui a offert du bronze au Brésil dans la petite finale, la Carioca Arena a alors réservé un immense triomphe au porte-drapeau de l’Hexagone qui a offert une cinquième médaille d’or à la France.

Ce n’est pas le plus gros dans sa catégorie, mais désormais, au niveau du palmarès, Teddy Riner est le plus grand des poids lourds et vraiment le plus fort. Un mental d’airain, un physique hors norme, cet homme allergique à la défaite était trop rapide, trop puissant et trop explosif pour perdre sa couronne. Dans cette salle remplie de supporters tricolores, cela ne pouvait pas se terminer différemment. C’était le jour de ce charmant titan, celui d’un seigneur des anneaux qui rêve d’un rôle de gros bras au cinéma. Mais avant que ce romantique super-fleur bleue ne crève l’écran, l’athlète n’est pas encore prêt de raccrocher son kimono. Il aime trop ça, se piquer aux Jeux. Ce bourreau de travail était d’ailleurs arrivé très en avance au Brésil, dans ce pays qui lui rappelle tellement son île, pour son rendez-vous avec l’histoire.

«Chaque tournoi est dur»

Le Guadeloupéen est donc entré de plain-pied et avec maestria dans la légende en s’adjugeant hier soir son deuxième titre olympique d’affilée. Avec ses huit titres mondiaux en plus dont le premier obtenu ici même alors qu’il n’avait que 18 ans, le médaillé de bronze de Pékin qui avait également obtenu son deuxième sacre planétaire dans la «Cité Merveilleuse», était comme à la maison. A l’image de l’Israélien Or Sasson en demi-finale, battu après un sumi gaeshi, son adversaire nippon n’a pas été en mesure de faire le poids. Sa technique irréprochable fait des merveilles. Le Levalloisien de 204 cm pour 139 kg de muscles est resté imperturbable, un large sourire sur les lèvres avant que l’arbitre ne le déclare encore une fois vainqueur. Devant ses parents, sa chérie Luthina, son garçon (Eden) de deux ans et demi et son coach, Franck Chambily, son «deuxième père», il s’agissait de son 128e combat sans défaite.

Seuls deux judokas avaient réussi à conserver leur titre olympique dans la discipline reine avant lui: le Japonais Hitoshi Saito et la référence – jusque-là – David Douillet, son grand frère, si fier de Teddy,

«Chaque tournoi est dur, même avec mon palmarès, sourit le héros. Je savais en arrivant ici que ce serait des combats durs et que je retrouverai ce Japonais en finale. A l’avenir il faudra s’en méfier», a déclaré un Riner si fier de cette nouvelle médaille d’or après une journée aussi intense.

Créé: 14.08.2016, 10h40

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