Pour Joly, arbitrer aux JO, c’est la consécration!

Aviron Ancien rameur, le Nyonnais rêvait d’aller aux Jeux avec son bateau. Mais le destin lui a choisi un autre rôle.

Nico Stahlberg, Augustin Maillefer, Roman Röösli et Barnabé Delarze ont manqué, hier, l’accès à la finale A du quatre de couple. Aujourd’hui, le Genevois Lucas Tramèr et ses coéquipiers seront engagés dans les demi-finales du quatre sans barreur poids légers.

Nico Stahlberg, Augustin Maillefer, Roman Röösli et Barnabé Delarze ont manqué, hier, l’accès à la finale A du quatre de couple. Aujourd’hui, le Genevois Lucas Tramèr et ses coéquipiers seront engagés dans les demi-finales du quatre sans barreur poids légers. Image: EPA

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Un jour, alors qu’il se trouvait en gris-vert, son genou s’est bloqué, net, comme une carrière qui se brise: pour lui, celle de rameur est tombée à l’eau. A cette époque, alors que la télé crachait des images des JO de Barcelone, il avait les cinq anneaux olympiques en tête, et voulait s’y rendre avec son bateau. Régis Joly, qui ramait fort pour le club de Nyon, a dû jeter l’éponge. Heureusement, l’armée suisse mène à tout. Même à Rio!

Le voilà depuis samedi chaque matin au Lagoa Stadium. Pas avec la tenue d’un athlète, ni dans la peau d’un entraîneur, mais celle, moins glamour, d’un arbitre! «Cela m’a permis de rester parmi l’élite et de me retrouver ici et c’est vraiment une consécration…» Le Vaudois fait en effet partie des vingt sélectionnés au Brésil chargés de contrôler que tout se déroule au mieux dans le bassin. De s’assurer, comme le week-end dernier, que les conditions ne sont pas trop limite pour lancer les participants dans les vagues.

Un beau «palmarès»

Après la décision de reporter toutes les épreuves de dimanche d’un jour, tout était rentré dans l’ordre hier matin avec un plan d’eau redevenu aussi calme que cet économiste de 46 ans, seul représentant helvétique dans sa corporation. «C’est un job qu’on a qu’une seule fois dans sa vie, lâche-t-il avec fierté. J’ai plein de collègues qui se réjouissent d’être appelés un jour avant leurs 65 ans, mais ce n’est pas certain qu’un Helvète sera présent en 2020 à Tokyo. Depuis Athènes, aucun Suisse n’avait été retenu.»

Mais comment devient-on arbitre d’aviron? «Il faut être motivé et intéressé», sourit l’ancien athlète, qui a dû suivre une formation théorique et pratique d’environ deux ans avant de recevoir sa licence. Comme l’auto-école, il a fallu apprendre la réglementation, les statuts de la fédération et le code de course avant d’aller sur le terrain et se présenter à l’examen. Voilà quinze ans que celui, devenu président du jury des régates de Lucerne, sévit en Suisse et dix sur le plan international avec à son «palmarès» un championnat d’Europe, des championnats du monde et, donc, cerise sur le gâteau, ces JO de Rio.

Nombreuses tâches

«Les vingt arbitres fonctionnent sur l’ensemble des régates», explique Régis Joly, qui peut aussi bien se retrouver dans la zone de stationnement des bateaux pour contrôler que les gens qui montent à l’intérieur sont bien ceux qui ont été annoncés. «On contrôle aussi que les règles en matière d’affichage de publicité sont respectées et on vérifie le poids des athlètes et des bateaux.» Il est aussi appelé à officier dans la zone de départ comme starter ou à côté pour s’assurer que les embarcations sont correctement alignées avant de s’élancer. «On peut également se retrouver dans un canot tout au long du parcours pour vérifier qu’il n’y a pas d’irrégularité pendant les 2000 mètres de l’épreuve, qu’une embarcation ne sorte pas de sa ligne d’eau ou de corriger leur direction», poursuit ce polyvalent qui peut aussi aller dans la tour d’arrivée pour officialiser les résultats. Il y a largement de quoi occuper les vingt personnes jusqu’au 15 août, date de la dernière compétition d’aviron.

«Il m’est arrivé une fois d’être insulté, mais c’est vraiment très rare, relève ce passionné de sport, qui se souvient d’avoir fait changer des tenues d’un équipage qui n’étaient pas réglementaires. Mais une demi-heure après l’arrivée, les deux rameurs étaient venus s’excuser. L’aviron est un sport très sain.» Si sa fonction l’oblige à rester neutre, Régis Joly avoue qu’il ne pourra pas cacher sa joie si l’équipage de Lucas Tramèr remporte une médaille ce jeudi. «J’aurais de la peine à contenir ma joie selon le résultat, reconnaît-il. Mais ce ne sera pas une jubilation excessive, je ferai comme mes collègues, avec une certaine forme de discrétion. J’espère que je me retrouverai dans un endroit où je pourrai voir quelque chose.» Des Suisses en or? Pour lui, une autre consécration…

Créé: 09.08.2016, 07h07

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