José Gonçalves, partout chez lui

FootballTrès curieux, énorme polyglotte, le Lausannois de 32 ans joue depuis le mois d’octobre en Indian Super League. Avant de voyager encore?

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En vingt minutes de conversation, José Gonçalves a dit trois fois: «Être footballeur, ce n’est pas seulement taper dans un ballon.» Le Lausannois en est l’exemple parfait: tout au long de sa carrière, il n’a cessé de se cultiver et de s’imprégner des réalités locales. A l’aise dans six langues (français, anglais, allemand, portugais, espagnol et italien), le voilà depuis le mois d’octobre en Inde, où il découvre un nouveau championnat, mais surtout un nouvel environnement. Et pour lui, l’un ne va pas sans l’autre. «Ta journée se finit vers midi. Tu fais quoi après? C’est vrai, tu peux rester à l’hôtel et attendre l’entraînement du lendemain… Mais tu peux aussi t’intéresser à ce qui se passe autour de toi. Il y a quelques temps déjà que l’envie d’aller jouer en Asie revenait dans ma tête. Alors, quand j’ai eu la possibilité, je n’ai pas hésité. J’avais des offres pour rester aux Etats-Unis, d’autres en Europe, mais je m’en serais voulu de ne pas avoir tenté l’aventure indienne», glisse celui qui a découvert le sixième championnat de sa carrière.

Le voilà en effet installé à Guwahati, au nord-est de l’Inde, dans une ville d’environ 800'000 habitants, une broutille à l’échelle locale. «On parle d’un pays d’1,3 milliard d’habitants», sourit le défenseur, impressionné par la multitude de langages et de cultures. «L’hindouisme est très présent, mais vous croisez aussi beaucoup de musulmans. L’Inde est un beau pays, malheureusement avec une population pauvre par endroits, mais avec un potentiel stupéfiant. L’énergie est vraiment présente, je le sens à chaque sortie. Les gens sont bienveillants, je dois dire que je me plais bien ici. Et la passion pour le foot est folle. A peine je fais un pas dans la rue, je suis reconnu», continue-t-il. Une notoriété qui contraste avec l’anonymat de Boston, aux Etats-Unis, où il vient de passer quatre saisons.

Arrivé seul en Inde, celui qui est déjà capitaine du FC Northeast United (entraîné par Avram Grant, ex-Chelsea) a eu l’immense plaisir de passer les fêtes de Noël avec son amie sur les plages de Goa. «Vu que nous sommes en plein championnat, je ne pouvais pas rentrer, donc c’est elle qui est venue depuis Zurich. On a passé quelques jours magiques dans un endroit vraiment à part», explique José Gonçalves.

Il apprend l’hindi et… le mandarin

La suite, le Vaudois d’origine cap-verdienne l’imagine sans doute plus volontiers en Asie qu’en Afrique, pourtant l’un des seuls continents où il n’a pas joué au football. «En fait, je ne sais pas vraiment, corrige-t-il. Je me suis engagé pour une année avec Northeast, une durée que j’aime bien. Vu que j’arrivais dans un nouvel endroit, je ne voulais pas m’engager sur le long terme. On fera un point à la fin de la saison, en espérant que nous aurons atteint les play-off. Je ne me mets aucune pression par rapport à la fin de mon contrat, c’est une situation que j’ai vécu quasiment toute ma carrière».

Une chose est sûre, il entend profiter de cette année en Inde pour apprendre l’hindi et… le mandarin! «C’est un de mes défis, oui», confirme le polyglotte, un oeil déjà tourné vers son après-carrière. «J’y pense sans y penser. Je ne me dis pas qu’il faut absolument que je devienne entraîneur ou agent, mais c’est sûr que j’ai envie de rester dans le milieu du football. Je vais rendre cet objectif possible par les contacts accumulés durant ma carrière et par toute l’expérience que j’aurai engrangée». Tout simplement en sortant de sa chambre d’hôtel et en s’imprégnant de ce qui se passe autour de lui. En Inde aujourd’hui, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Ecosse hier. Et ailleurs demain.

(24 heures)

Créé: 12.01.2018, 14h37

Moins de stars qu’au début, mais plus de passion

Il existe deux championnats en Inde, qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. L’I-League est le championnat «traditionnel», le moins bien doté en infrastructures et en argent. En 2013, des investisseurs ont créé l’Indian Super League, une ligue fermée qu’il est possible d’intégrer uniquement en payant un droit d’entrée. La catégorie compte aujourd’hui dix équipes. «Au début, cette nouvelle ligue avait été très médiatisée. Le but était de la faire connaître rapidement à l’étranger», explique José Gonçalves. Pour y arriver, les riches propriétaires ont misé sur des «anciennes gloires»: David Trézéguet, Nicolas Anelka, Alessandro Del Piero, Alessandro Nesta et Robert Pirès.

«La stratégie a évolué. Il y a moins de grands noms aujourd’hui, la ligue veut progresser techniquement et ne se trouve plus dans une phase de médiatisation à outrance. Ce qui est bien, c’est que la ferveur des fans s’est même encore amplifiée», continue le Vaudois. Le public n’était pas dupe: les stars venaient surtout pour l’argent, sans rien offrir en retour. Les trois meilleurs buteurs du championnat en cours sont aujourd’hui des joueurs ayant réussi une carrière correcte en Europe, mais qui surtout s’intègrent au pays: Ferran Corominas (ex-Espanyol Barcelone), Miku (international vénézuelien, ex-Valence et Rayo Vallecano), ainsi que le Brésilien Marcelo Pereira.

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