Jovian Hediger: «Aux Mondiaux de Lahti, je skierai sans complexes»

Ski de fond Le Vaudois ouvrira les feux jeudi aux Championnats du monde, à l’occasion du sprint.

Jovian Hediger sera un peu comme dans son jardin,sur la piste de Lahti.

Jovian Hediger sera un peu comme dans son jardin,sur la piste de Lahti. Image: ODILE MEYLAN

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Membre de l’équipe nationale, Jovian Hediger sera l’un des Suisses à surveiller de près, lors des Mondiaux de ski nordique, qui se disputeront à Lahti, du 22 février au 5 mars. Le Bellerin de 26 ans a prouvé qu’il est en forme. Il s’est hissé en finale du sprint à Dobbiaco, le mois dernier, se classant 5e sur une piste qui lui avait déjà souri en 2015 (4e) et en 2014 (6e). Avant l’épreuve de jeudi, nous l’avons rencontré chez lui, à Bex.

Jovian Hediger, avec quelles certitudes et quel état d’esprit rejoignez-vous Lahti?

Avec un super état d’esprit dans la mesure où ma saison s’est déroulée comme je le souhaitais. Je m’étais fait un plan idéal qui consistait à me qualifier rapidement pour les Mondiaux en réalisant de «grosses» courses. J’arrive à ces Mondiaux en étant sûr de mes possibilités et avec la certitude d’avoir fait les choses justes.

Etes-vous serein ou ressentez-vous une certaine pression?

En tant que leader de l’équipe de sprint, je sens qu’il y a un peu d’attente. La pression est quelque chose qui monte petit à petit, dès le début de la saison. Toutefois, nous atteignons véritablement le sommet de cette tension le jour de la course. Il s’agit de mes quatrièmes Mondiaux ou JO et je sais qu’il y aura une nuit difficile à gérer, juste avant l’épreuve. Et une matinée où je ne serai pas bien du tout. Mais cette fois, contrairement à Sotchi, je ne passerai pas par des sélections internes. Celles-ci m’avaient littéralement éteint et malgré ma qualification, j’avais réalisé l’une des pires courses de ma carrière.

Quel sera votre objectif?

Aux Championnats du monde, seules les médailles comptent. Ce serait toutefois prétentieux d’affirmer que je veux en remporter une, alors que je ne suis jamais monté sur un podium. Loin de moi l’idée de vouloir être arrogant. Cela dit, si je suis capable de me hisser en finale, je pense que tout est possible. Je me rends à Lahti avec des ambitions et le sentiment d’avoir les capacités de battre les meilleurs.

Les meilleurs justement auront une pression encore plus forte à gérer. Etes-vous prêt à en profiter?

Dans ce genre de circonstances, être un outsider comme moi n’est pas forcément une mauvaise chose. Je n’aurai pas l’obligation d’être tout devant. En sport, les grands champions sont les athlètes qui sont capables d’être là le jour-J, malgré la pression. En ce qui me concerne, je skierai sans complexes. Je veux saisir ma chance si elle se présente et pourquoi pas venir surprendre tout le monde?

En sprint, la chance est-elle un facteur important?

Je nuancerais en disant qu’il ne faut pas avoir de malchance. Un bâton cassé ou une chute: sur des longues distances, ça peut se rattraper. En sprint, pas. La chance ne vient pas toute seule, elle se provoque par nos choix tactiques et en travaillant pour obtenir la meilleure position possible.

Comment se passe votre vie durant un grand événement comme les Mondiaux?

Déjà, il est primordial de garder ses habitudes, de rester dans sa routine. Il ne faut surtout pas tenter d’innover. Physiquement, je garde mes schémas standards d’entraînement. Pour le reste, il faut essayer de se distraire, d’être cool. Le soir avant l’épreuve, on sent monter la tension. Alors, on discute avec les collègues ou on déconne un peu pour évacuer la pression. Ce n’est qu’une heure trente avant le départ que l’on commence à entrer dans sa bulle. Et tout s’enchaîne. Il y a d’abord le test des skis. Puis, on s’échauffe. A ce moment, on n’échange plus. On reste seul. On communique encore avec les coaches et les filles qui ont couru juste avant nous, à propos des conditions de course. Puis c’est le départ.

Votre papa, Daniel Hediger, sera sur place en tant que consultant RTS. Est-ce un avantage ou une pression supplémentaire?

Mon père n’est pas du genre à mettre une pression négative. Il garde un œil critique, mais jamais il ne viendra me contredire ou me dénigrer. Il sait que je suis capable de faire les bons choix. Il m’a toujours soutenu et je sais qu’il sera là en cas de coup dur. Parfois, il est utile de pouvoir compter sur quelqu’un d’extérieur à l’équipe. Surtout lorsqu’il faut évacuer certaines choses négatives. A Sotchi, j’ai particulièrement apprécié sa présence.

Selon vous, qui seront les stars de ces Mondiaux?

En sprint, Federico Pellegrino est ultradominateur, mais il n’a jamais triomphé lors d’un grand rendez-vous. C’est quelque chose qui doit le picoter un peu. Quant au Russe Ustiugov, il risque de frapper très fort, de même que les Norvégiens qui sont toujours en grande forme.

Qu’apporte un skieur comme Dario Cologna dans un groupe?

Il est au-dessus du lot. Ça se ressent déjà à l’entraînement. D’un point de vue humain, Dario est une personne très humble qui a un palmarès et un statut forcément différent au sein d’une équipe. Toutefois, il se comporte comme n’importe quel collègue d’entraînement et jamais il ne se prendra pour une star.

Si le meilleur atout suisse reste Cologna, que valent les autres?

Cette année, tout n’a pas toujours bien joué, mais nous pouvons compter sur une équipe complète qui a la capacité de se montrer sur chaque course. Un garçon comme Jason Rüesch (22 ans) qui a réalisé son premier top 15 cette saison et qui s’est classé 5e aux Mondiaux des Moins de 23 ans, est une valeur sûre pour l’avenir. Tony Livers est un autre atout. De mon côté, j’espère bien sûr tirer mon épingle du jeu.

(24 heures)

Créé: 20.02.2017, 20h49

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