Kevin De Bruyne ou la version augmentée du meneur de jeu

FootballLe joueur offensif occupe une place de choix au cœur de City. À savourer ce mardi (20 h 45) face au FC Bâle en Ligue des champions.

Avec un talent exceptionnel, Kevin de Bruyne montre la voie à Manchester City.

Avec un talent exceptionnel, Kevin de Bruyne montre la voie à Manchester City. Image: Keystone

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Il portait généralement le No 10. On lui donnait le ballon et il s’occupait de tout. La description paraît bien sûr sommaire, mais c’est ainsi que l’on peut se représenter le meneur de jeu, du moins à une certaine époque, celle de Platini ou de Zidane par exemple. Or le football a beaucoup changé. Les rôles ont évolué dans des organisations tactiques qui font appel à l’effort simultané – et bien sûr concerté – des onze joueurs. Au Parc Saint-Jacques, ce mardi soir, le public suisse aura le privilège de voir à l’œuvre la meilleure équipe du moment, Manchester City, avec des individualités hors norme au service d’un collectif d’exception. Et au cœur du système instauré par Pep Guardiola, une merveille absolue, Kevin De Bruyne, archétype du joueur offensif moderne.

Avec lui, l’étiquette de «meneur de jeu» prend un sérieux coup de vieux, parce qu’il sait tout faire (y compris défendre), qui plus est sous haute pression et dans des espaces toujours plus réduits. «Il simplifie le football. Il rend beaux les matches à regarder. Et il rend les attaquants intelligents», estimait l’ancien international français (dés­ormais consultant) Emmanuel Petit l’automne dernier. «KDB» l’a encore prouvé samedi en Premier League, en délivrant trois assists pour le succès de City face à Leicester (5-1). Le deuxième, par sa spontanéité, son audace et sa précision, relève même du génie.

Une domination durable

«Nous développons un football fantastique et je prends énormément de plaisir sur la pelouse», soulignait Kevin De Bruyne voilà quelques semaines. Il indiquait encore: «Ici, tous les joueurs savent ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire. Tout est pensé, réfléchi. Mais il a fallu du temps pour que tout s’emboîte.» Autrement dit une saison complète (2016-2017), assortie de quelques ajustements offensifs et d’un relookage important en défense, avec l’arrivée d’Ederson (gardien), de Walker, de Stones ou encore de Laporte. Autant de jeunes joueurs – comme peuvent l’être les Sané, Jesus ou Sterling en attaque – susceptibles de permettre à City d’exercer une domination durable, à la fois en Angleterre et sur tout le continent.

Bien sûr, bâtir une équipe est plus simple lorsque l’argent ne représente pas un problème. Mais se contenter de cette analyse serait faire injure à l’exigence, la minutie et la soif d’absolu entretenues par Guardiola. «Dans le football d’aujourd’hui, un joueur a pris une importance capitale, le No 6, estime le technicien Yves Débonnaire. Il est en quelque sorte le meneur de la première phase de jeu. C’est lui (ndlr: en l’occurrence Fernandinho à City) qui va donner le rythme. Ensuite, dans la phase finale, on parlera plutôt d’éléments capables de faire une différence, par une passe, un dribble, une accélération, comme c’est évidemment le cas de De Bruyne.»

Une justesse absolue

À 26 ans, Kevin De Bruyne arrive à maturité. Dans le contexte des Citizens, le Belge est même devenu indispensable. Corollaire, son contrat vient d’être prolongé jusqu’en 2023, pour un salaire qui avoisinerait les 350 000 euros par… semaine. Bagatelle, passons. Et retournons au terrain! L’influence de «KDB» sur le jeu de City est immense. Parce qu’il est très juste dans presque tout ce qu’il entreprend. Intelligence, coup de patte, vision, mais aussi engagement de chaque instant, un régal! «Sa qualité de passe est phénoménale, note Yves Débonnaire. Il est capable d’éliminer, il crée des décalages, et surtout il voit plus vite. Il a ces coups de folie qui font dire au spectateur: mais comment a-t-il fait? Et j’aime que, d’un geste, on puisse dire parfois qu’il ne s’explique pas.» (nxp)

Créé: 13.02.2018, 14h27

Il existe un monde entre United et City

Raphaël Wicky mesure pleinement la tâche qui attend le FC Bâle pour son troisième huitième de finale en Ligue des champions en six ans. Éliminés par le Bayern Munich en 2012 (1-0 et 0-7) et par le FC Porto en 2015 (1-1 et 0-4), les Rhénans s’attaquent cette fois-ci à un véritable Everest. L’unique raison d’espérer avant ce match aller réside dans les statistiques du FCB à domicile face aux formations anglaises: quatre victoires et un nul contre seulement deux défaites.

L’entraîneur bâlois rappellera certainement à ses joueurs le lumineux souvenir de la victoire 1-0 contre Manchester United, le 22 novembre, grâce à une réussite de Lang à la 89e minute. Face à la formation de José Mourinho, les Bâlois avaient livré leur performance la plus aboutie de la saison. Mais seront-ils capables de la rééditer après avoir perdu au mercato leur meilleur défenseur Akanji, parti à Dortmund? Et une telle performance suffira-t-elle pour préserver ses chances de qualification avant le match retour si l’on sait qu’un monde sépare aujourd’hui le City de Guardiola de l’United de Mourinho?

«Il faudra du courage, de la solidarité et de la discipline pour avoir une chance», lâche le directeur sportif Marco Streller. Samedi, le FC Bâle – battu par Lugano lors du match de reprise – s’est imposé à Thoune. «Face à Manchester City, c’est un autre football qui nous attend», prévient toutefois le défenseur Michael Lang.

ATS

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