Lara Gut: «Si je gagne un veau, on trouvera une solution!»

Ski alpinA Val d’Isère, la tradition veut que celle qui remporte la descente des dames gagne un bovin. Cela a fait sourire la Tessinoise.

Lara Gut n’a que de bons souvenirs dans la station aveline: «Ici je me sens comme à la maison», jubile-t-elle.

Lara Gut n’a que de bons souvenirs dans la station aveline: «Ici je me sens comme à la maison», jubile-t-elle. Image: Keystone

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A chaque fois qu’elle franchit la porte de La Savoyarde, où flotte à l’entrée un drapeau… genevois, elle esquisse un large sourire, comme si elle se retrouvait en pays conquis. «Cela fait tellement du bien d’être à nouveau à Val d’Isère!» A peine a-t-elle débarqué en Tarentaise, mardi à son hôtel, que Lara Gut annonçait d’emblée la couleur sur son compte Twitter. «On me propose toujours la même chambre et on parle français, j’adore. Ici je me sens comme à la maison, jubile-t-elle. A part l’an passé, où j’ai terminé deux fois au 4e rang, je suis toujours repartie avec un podium.» Double médaillée d’argent sur la piste de Solaise en 2009, victorieuse d’une de ses treize victoires sur le cirque blanc en 2013 à la Daille, la Tessinoise (24 ans) n’a que de bons souvenirs dans cette station aveline.

Que ce soit ce vendredi dans l’épreuve du super-combiné ou samedi en descente, la Tessinoise sera l’une des grandes favorites. Or, pour vaincre une nouvelle fois sur cette piste Oreiller-Killy, la Suissesse est consciente qu’elle va devoir escalader une autre montagne: la «Tigresse des neiges». Ou si vous préférez Lindsey Vonn, insatiable en ce début de saison et dominatrice du dernier entraînement.

Consciente qu’elle a le potentiel de remporter un jour le gros Globe de cristal, Lara Gut a mis tous les atouts de son côté pour tenter de succéder à Anna Fenninger, qui s’est blessée avant le géant de Sölden. Avec le forfait de Mikaela Shiffrin et l’absence de Tina Maze (qui s’est retirée une saison pour accoucher), la Tessinoise a en effet une belle carte à jouer. A commencer par ce week-end prolongé entre Val d’Isère et Courchevel. Et si c’était son année? Nouveau matériel, nouvel entourage, nouveau départ, nouvelle Lara?

Lara Gut, vous êtes proche des temps de Lindsey Vonn. Cela promet une belle bataille, un beau duel.

Cela me fait plaisir de retrouver mes virages sur cette neige européenne. Mais je ne pense pas à un duel, car il y a beaucoup de filles au départ. J’ai vu il y a deux ans que pour avoir une petite chance au général, il faut prendre les courses les unes après les autres et skier fort à chaque fois.

Pour vous, c’est la saison du renouveau, avec du matériel différent et une nouvelle structure. Parlez-nous de votre collaboration avec Patrice Morisod et Didier Cuche…

Je ne peux être que satisfaite puisqu’après un 4e rang en géant, à la deuxième course je gagnais déjà! On ne s’impose pas par hasard. C’est positif, mais il ne faut pas oublier que j’ai beaucoup travaillé le géant cet été. Si je réussis ce super-début de saison, c’est grâce à la bonne collaboration avec mon serviceman Chris Krause, mais aussi avec Patrice Morisod et Didier Cuche.

On a tendance à dire que c’est à Val d’Isère que le vrai départ de la saison a lieu. Pour vous aussi?

Ah non, c’est à Sölden, en octobre, d’autant plus qu’il n’y a ni championnats du monde ni Jeux olympiques cette saison! Il est inutile d’attendre quinze courses pour commencer à viser les cent points. Moi, dans tous les cas, lorsque je mets un dossard je ne calcule pas, je profite chaque jour pour faire de mon mieux.

Que vous inspire une saison sans Mondiaux et sans JO? Il y a moins de pression, moins de questions sur cette médaille d’or qui vous manque, non?

Mais vous ne me parlez pas de médaille, mais de Globe de cristal! (rires) Cela ne change pas grand-chose. Moi, franchement, j’adore les grands événements, ces chances de médaille et ces courses d’un jour. Maintenant, une saison comme celle-ci me permet de m’habituer gentiment à mon nouveau matériel où j’apprends chaque jour. Il y aura les Mondiaux à Saint-Moritz l’an prochain. C’est parfait…

Quelle impression vous fait Lindsey Vonn actuellement?

Toujours très à l’aise à Lake Louise, elle est solide, en confiance et skie bien, mais la saison est longue. On l’a vu avec Mikaela Shiffrin, cela peut aller très vite. Il faut profiter de chaque jour. Alors inutile de se prendre la tête avec des points, cela ne sert à rien. Je me dis: «Laisse ça aux autres et pense au ski!»

Que vous manque-t-il pour être aussi constante que Lindsey?

Je pense surtout à mon ski et à faire de mon mieux chaque jour. Chacune d’entre nous pense à sa carrière et, je le répète, une blessure peut arriver rapidement. Cela ne sert à rien de penser aux autres. Maintenant je comprends qu’on parle de notre rivalité. Cela fait vendre du papier et favorise l’audience, mais on peut très bien enfourcher à la deuxième porte dans le géant de Courchevel…

Vous n’aviez pas gagné un veau après votre succès en 2013?

Non, il n’y a que Lindsey qui a gagné une vache ou un veau ici, moi je n’ai eu que de l’argent!

Et si on vous offrait une vache ce samedi après la descente?

J’aurais un problème, mais pour cela il faut déjà aller plus vite que Lindsey, on trouvera une solution ensuite…


Vonn a tout connu ici

Victorieuse à quatre reprises cet hiver, Lindsey Vonn est aussi radieuse que les rayons de soleil illuminant Val d’Isère. «Cette station est l’une de mes préférées avec Lake Louise et Cortina. Je m’y étais déjà imposée il y a dix ans dans des conditions difficiles», s’exclame la leader de la Coupe du monde, qui se sent, comme Lara, si bien à Val…

Elle a tout connu ici: deux titres mondiaux en 2009, six victoires en Coupe du monde mais aussi des larmes en 2013, lorsqu’elle se blessa sévèrement au genou droit devant Tiger Woods. Depuis, la skieuse du Minnesota (31 ans) a quitté son golfeur en mai et a retrouvé ses ailes sur ses lattes.

«Pour moi, a-t-elle lâché dans l’aire d’arrivée, c’est le moment de ma carrière le plus abouti. Je suis revenu meilleure que je ne le pensais. Juste en travaillant beaucoup, sans jamais abandonner.» A la poursuite des 86 succès d’Ingemar Stenmark en Coupe du monde, la «Tigresse des neiges» est bien partie avec ses 71 bouquets pour le dépasser. «Gagner n’est jamais ennuyeux pour moi, sourit la belle. Mais c’est dommage que Tina Maze, Anna Fenninger et Michaela Shiffrin ne soient plus là cette saison. Cela dit, il y a d’autres adversaires…» Lindsey Vonn a un œil sur Lara Gut et Tina Weirather, qu’elle considère comme ses plus grandes rivales pour le gros Globe de cristal. «Mais elles doivent être plus constantes en vitesse pour devenir plus dangereuses au général.»

La championne olympique de Vancouver le dit sans ambages: «Je ne suis pas imbattable, j’essaie juste de donner le meilleur de moi-même et je suis chanceuse que les choses tournent aussi bien maintenant. Car il ne faut pas oublier que j’ai connu des blessures. Or mon karma est de retour…»

Oubliées son entorse à la cheville gauche cet été et la morsure de ses chiens au début de novembre à son pouce droit. «Je ne sais pas encore combien de temps je vais skier, mais en tout cas jusqu’aux prochains Jeux à Pyeongchang (ndlr: 2018). Tant que mon corps réagit bien et que je suis rapide, je vais foncer, même si j’ai appris ces dernières années que l’on ne peut prédire l’avenir.» Lindsey Vonn s’élancera ce matin en quête de sa 5e victoire de la saison, sa 72e. En quête d’un nouveau veau et à la poursuite de Stenmark… C.MA.

Créé: 18.12.2015, 06h34

Dames à Val d’Isère

Vendredi: 10h30/13h45 super-combiné

Samedi: 10h30 descente

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