Lara Gut quitte Val d’Isère avec le sourire

Ski alpinEliminée vendredi en combiné puis samedi en descente, la Tessinoise a réagi en championne dimanche lors du super-G.

Lara Gut prend un selfie avec Tina Weirather.

Lara Gut prend un selfie avec Tina Weirather. Image: AP/Marco Tacca/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’était avec plein d’étoiles dans les yeux et énormément d’espoirs que Lara Gut avait débarqué, mardi soir, à Val d’Isère. Il y avait, surplace, trois cents points en jeu et l’occasion de réaliser une belle opération au général en l’absence de Mikaela Shiffrin. L’Américaine avait préféré faire l’impasse sur les Hautes-Alpes pour se reposer. Mais vous savez, cette fameuse peau de l’ours, avant de l’avoir tué…

Si, dans cette station qu’elle affectionne, dans des disciplines qu’elle apprécie, la tenante du gros globe de cristal n’a pas réussi le «hat trick» attendu, c’est tout de même avec un gros sourire qu’elle a quitté la Haute Tarentaise, en s’offrant ni plus ni moins que le super-G dominical. Après avoir pris un gros coup sur la tête, samedi, après une descente… à l’envers, la Suissesse a donc fini par trouver la solution. Elle qui s’était imposée à trois reprises sur cette piste Oreiller-Killy, qui se sentait toujours comme à la maison, savait bien qu’elle ne pouvait pas partir comme ça, avec zéro point dans ses bagages. C’est ce qu’on appelle une réaction de championne.

Dans une discipline où elle sait si bien laisser aller ses skis et son instinct, Lara Gut s’est offert le dixième super-G de sa carrière, son deuxième de la saison – devant Tina Weirather – et son 21e en Coupe du monde. Comme un certain Didier Cuche, une forte tête, lui aussi. C’est la marque des grand(e)s.

Trop négative

«Ces derniers jours, je n’arrivais plus à communiquer avec Val d’Isère, imageait Lara Gut au moment de livrer ses impressions. Il a fallu que j’ouvre mon cœur parce que quand je suis si négative, je ne suis pas «open». Et je ne pouvais pas recevoir l’énergie des autres. Avec mon team privé, qui me connaît mieux que moi, on a trouvé quelques petites choses à régler ce matin.» Patrice Morisod et son entourage ont utilisé les mots justes.

Son père, Pauli, qui est aussi son entraîneur, confirme: «On s’est posé des questions. Sur la neige, sa position sur ses skis, avec cette sensation que quelque chose ne fonctionnait pas alors que normalement elle était tellement bien ici où elle a de bons souvenirs. Or, avec une neige qui a changé après le premier entraînement, ses carres étaient trop agressives. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive, mais c’est un soulagement, aujourd’hui. Cette réaction est vraiment bonne pour la tête.»

Lorsque Lara Gut a pris le départ, hier matin, les sensations sont revenues. Comme par enchantement. Comme avant, comme toujours. «Dans le portillon, je me sentais bien, en contact avec mes skis. Je n’étais plus perdue comme vendredi ou samedi. Je n’ai peut-être pas réussi une manche parfaite, on peut certainement construire des skis plus rapides et moi je peux mieux skier, mais j’ai eu du plaisir du haut jusqu’en bas. Je ne retiendrai pas mes deux sorties de piste, mais que j’ai des personnes incroyables autour de moi. Cette victoire est un cadeau pour ceux qui m’ont aidée: c’est tous ensemble qu’on a réussi à remettre les choses en place.»

A cinq points de Shiffrin

Et voilà Lara Gut relancée, à cinq points de Mikaela Shiffrin. Mais on ne parle plus de duel, mais désormais d’une bagarre à quatre pour le général avec, depuis cette semaine, Ilka Stuhec et Sofia Goggia. «Vous savez bien que le ski ce n’est pas un match de tennis avec seulement deux adversaires, se marre la Tessinoise. C’est bien d’avoir deux filles en plus…»

Et même trois avec une Tessa Worley cinquième hier et grande favorite demain à Courchevel, dans un géant qui promet des étincelles. Avec Mikaela Shiffrin, bien sûr, et Lara Gut, deuxième l’an passé, qui va s’élancer avec le sourire, des étoiles dans les yeux et beaucoup d’espoirs…

Créé: 18.12.2016, 21h13

Ilka Stuhec a réussi un coup

«Valdy», qui broute du côté de Savièse, attendait un petit camarade pour jouer avec lui dans les prés. Mais voilà, Lara Gut, qui avait, l’an passé, mis en pension ce petit veau en Valais chez David Luyet, une connaissance de Patrick Flaction (son préparateur physique), a raté sa descente.

Cet hiver encore, c’était le prix offert à celle qui domptait encore une fois la piste Oreiller-Killy dans l’épreuve de la vitesse. Et c’est Ilka Stuhec, la Slovène de 26 ans, qui a réussi un deuxième «coup vache» dans la station après avoir remporté le combiné alpin la veille.

Comme elle, son cadeau de Noël est fort comme un bœuf et s’appelle Isa, qui se prononce «Isha». C’était le nom de son bouvier bernois, 13 ans, qu’elle a dû endormir il y a quelques jours avant de venir à Val d’Isère, avec beaucoup de larmes.

La nouvelle star du cirque blanc, grande dame de cette étape dans la Tarentaise, c’est donc elle. Une jeune femme qui n’était encore jamais montée sur un podium avant cette saison et qui vient donc d’obtenir une quatrième victoire de suite samedi en descente devant Cornelia Huetter et cette incroyable Sofia Goggia, laquelle s’est adjugé son sixième podium en huit courses.

Avec ses skis Stöckli aux pieds – des spatules suisses, faut-il le rappeler? – la digne descendante de Tina Maze a dévalé la piste comme dans un rêve, comme sur son nuage.

Tout comme sa glorieuse compatriote et Lara Gut, Ilka possède son propre team, avec sa maman comme serviceman (Darja Crnko a des mains de fée) et une amie qui officie comme physio et qui a fait des miracles avec son athlète opérée cinq fois aux genoux. «A cette époque, entre 2008 et 2011, je me battais seule dans un coin, sans savoir s’il s’agissait du bon chemin, expliquait Ilka samedi. Mais cette période où je logeais dans des petits hôtels m’a aidée à grandir.»

Encore 7e dimanche en super-G, la Slovène se retrouve, avec 481 points, 3e du général, juste derrière Mikaela Shiffrin et Lara Gut. «Mais nous ne sommes qu’à mi-décembre, d’ici aux finales d’Aspen, beaucoup de choses peuvent arriver!»

Comme un nouveau coup vache…

Articles en relation

Lara Gut: "Ce n'est pas de la faute à Val d'Isère!"

Ski alpin La Tessinoise se retrouve avec deux courses et zéro point. Victorieuse de sa 3e descente d'affilée et du combiné la veille, Ilka Stuhec skie toujours sur son nuage. Plus...

Ilka Stuhec et Sofia Goggia volent la vedette à Lara Gut!

Ski alpin La Tessinoise avait l’occasion de frapper déjà un grand coup dans le combiné alpin, c’est raté. Ce samedi c’est la descente! Plus...

Michelle Gisin: «Un rêve qui devient réalité»

Ski alpin Un jour après son premier podium sur le cirque blanc, la petite sœur de la championne olympique a effectué sa première descente en coupe du monde avec une magnifique 7e place! Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.