Lausanne se rêve en capitale nationale de la gym

Sport populaireLes délégués des sociétés du canton doivent valider mardi la candidature du chef-lieu à l'organisation de la Fête fédérale de 2025. Un événement à la taille XXL.

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Dans le milieu de la gymnastique vaudoise, ce serait la cerise sur le gâteau. Après l’organisation réussie de la Gymnaestrada en 2011, une belle «Cantonale» à Bière en 2014 et l’an prochain la fête romande à Lausanne, il ne manque plus aux Vaudois que de décrocher l’organisation de la fameuse «Fédérale» pour faire de la capitale olympique celle de la gymnastique.


Edito: La gym comme une évidence


Le chemin est encore long, mais il commence mardi prochain dans une salle de Grand-Vennes, où chaque société de gymnastique que compte le canton est convoquée pour prendre la décision qui s’impose: confirmer Lausanne comme candidate à l’organisation de l’événement en 2025. Une formalité, sans doute, avant de mettre au point un dossier de candidature «béton» pour défier Lucerne, le représentant de la Suisse alémanique, fief de la discipline qui se pratique dans le moindre village que compte notre pays. «C’est un solide concurrent», résume Laurent Leyvraz, le président de l’Association cantonale (ACVG), à l’origine du projet. «Après Genève en 1978, cela fera presque un demi-siècle que la fête ne s’est pas déroulée en Romandie et il y a une volonté claire de la faire revenir ici si une candidature solide se profile.»

La petite histoire dit que l’idée a germé lors de la Fête cantonale de Bière en 2014 lors de l’apéritif des VIP. Interpellé, le conseiller d’État Philippe Leuba sort de son discours une fois sur le podium et place les officiels face à leurs responsabilités. «Je ne suis pas le détonateur mais je leur ai dit que c’était un projet sérieux, d’une grande ampleur, et que si c’était du sérieux il fallait se bouger et se mettre au travail. Je crois que nous nous sommes compris…»

Sportif, festif et populaire
Dans la foulée, l’ACVG sonde les villes qui ont le potentiel d’accueillir un tel rassemblement, 60'000 athlètes et 100'000 spectateurs sur deux grands week-ends. «Nous voulions offrir une chance à chaque région mais Payerne, Nyon, Montreux, Yverdon et surtout Morges ont finalement décliné, même si cette dernière Municipalité a beaucoup réfléchi avant de renoncer», explique Laurent Leyvraz. Ne reste alors plus que le chef-lieu, fort logiquement, qui a décidé de se lancer sans réserve. «Il y a une histoire forte entre Lausanne et la gymnastique. Nous avons le siège de la Fédération internationale et celui de l’Union européenne, nous avons à peu près tout organisé (championnats du Monde, d’Europe, Gymnaestrada) ces dernières années; il ne reste donc plus que cela pour boucler la boucle», résume Patrice Iseli, chef du Service des sports. «Nous avons une occasion en or car il y a la volonté de tous, nous disposons déjà des infrastructures nécessaires – même s’il en faut beaucoup – et le nouveau Stade de la Tuilière pourrait être un bel écrin pour les cérémonies d’ouverture et de clôture.»

Les acteurs du dossier mettent également en avant le côté populaire, intergénérationnel et surtout l’état d’esprit sain qui règne dans ce sport, sans compter les retombées économiques puisque les Suisses alémaniques seront nombreux à prendre leurs quartiers dans la région. «Nous attendons maintenant un signal clair de nos membres afin de montrer à la Fédération suisse que tout le canton est derrière nous et qu’il y a un bel élan autour de cette candidature», espère Laurent Leyvraz. Il sera alors temps d’affronter Lucerne, que Lausanne avait déjà battue dans la course aux JOJ 2020…


A Bienne, le rire après les larmes

De la Fête fédérale de Bienne en 2013, on se souvient notamment de la dramatique tempête qui s’était abattue sur le site à la veille de l’ouverture, faisant 96 blessés et malheureusement une personne décédée. Ancien maire de Bienne et désormais conseiller aux États socialiste, Hans Stöckli ne regrette rien. «Cet événement reste un terrible coup dur, mais il ne doit pas effacer le reste de l’événement et l’héritage exceptionnel dont nous profitons encore aujourd’hui.»

Un héritage qui se décompose de plusieurs manières, parfois inattendues. «Le bénéfice de 1 demi-million a été reversé à des projets en faveur du sport et notamment la participation bernoise à la candidature olympique pour 2026 dont je suis le vice-président. Parmi les 60'000 actifs, il faut souligner la présence de 17'000 jeunes, signe que l’intégration par le sport n’est pas une théorie. Nous avons aussi beaucoup insisté sur le développement durable et certaines options prises dans ce domaine sont maintenant des standards pour les autres manifestations qui se préparent en Suisse.» S’il avait une recommandation à adresser aux Vaudois, Hans Stöckli leur dirait de ne pas hésiter. «Mon conseil, c’est de foncer car nous avons vu se créer à Bienne un dynamisme très positif, presque un esprit de famille grâce à cette fête. En prime, il n’y a pas besoin de se préoccuper de la sécurité, car les gymnastes sont des gens responsables et très respectueux.»

Un avertissement toutefois, celui de bien assurer ses arrières sur le plan financier. «Il est primordial de bien anticiper la question du sponsoring. Nous avions en face de nous la Fête fédérale de lutte et si la participation des athlètes et du public ne pose aucun problème, la chasse aux sponsors n’est jamais facile.»

Créé: 15.11.2017, 06h44

Une période dorée

La gymnastique a le vent en poupe et la porte-drapeau qu’est Giulia Steingruber n’y est pas étrangère. Médaillée de bronze lors des derniers Championnats du Monde de Montréal et lors des Jeux olympiques de Rio, la Saint-Galloise est en train de marquer son époque – au niveau national – tout en étant une publicité vivante pour son sport. Blessée mais tout de même présente à Morges lors du Mémorial Gander qui s’est déroulé le 1er novembre, elle a inlassablement signé des autographes tout en se pliant à l’exercice des selfies avec des ados qui n’avaient d’yeux que pour elle. Il n’y a d’ailleurs sans doute qu’en Suisse où l’une des meilleures athlètes du monde se rend fidèlement à ce rassemblement d’amateurs – dans le sens noble du terme – puisqu’elle est la tenante du titre depuis 2013. Il ne reste plus qu’à savoir si la relève sera présente en 2025 ou si la Suisse en aura fini avec cette période dorée.

«Rien ne s’oppose à la Fédérale 2025 et aux JO 2026»

Avec les Jeux olympiques de la jeunesse en 2020, la participation à la candidature de Sion 2026, Vaud n’a pas froid aux yeux en revendiquant encore la Fête fédérale de 2025. Le conseiller d’État Philippe Leuba estime que le canton a les épaules pour y faire face.

– Philippe Leuba, n’avez-vous pas les yeux plus gros que le ventre avec tous ces projets?
– Absolument pas. Dans mon esprit, rien ne s’oppose à organiser la Fête fédérale puis de participer à l’aventure olympique à une année d’intervalle. Avec la Ville de Lausanne, nous avons l’habitude de monter conjointement chaque année des manifestations de grande envergure. Je ne vois donc pas de problème, malgré ce calendrier il est vrai un peu serré mais qu’on ne choisit pas.

– Y a-t-il d’autres intérêts que le sport à vouloir accueillir les gymnastes du pays?
– Cet événement les cumule, justement. La «Fédérale» est intéressante car elle nous offre l’ambition de développer le sport pour tous, avec des valeurs saines. On ne peut pas ignorer non plus les retombées économiques, principalement les nuitées et tout ce que l’on peut imaginer sur le plan touristique. De plus, cette manifestation ne nécessite pas d’investissements puisque nous avons déjà les salles et les infrastructures.

– Comment le Canton va-t-il soutenir et financer la candidature?
– La balle est dans le camp des gymnastes et de Lausanne, qui doivent aller de l’avant. Ensuite, il nous faut une feuille de route, un budget détaillé mais le Conseil d’État a déjà décidé d’entrer en matière, ce qui est une première étape. Ensuite, nous allouerons un montant important, qu’il est trop tôt de dévoiler à ce stade du projet, mais qui sera équivalent à celui de la Ville.

– Avec la reprise du LS cette semaine et les projets en route, Vaud veut avoir sa place sur la carte du sport?
– Chaque Vaudois qui a lu assidûment le programme de législature a pu voir que nous voulons être un pôle en matière de sport. Pas pour nous faire plaisir, mais parce qu’il y a des valeurs qui nous parlent, comme l’intégration des jeunes et notamment des enfants, mais aussi parce que cette activité génère de la croissance économique. La Fête fédérale y contribuerait tout comme l’implantation de nouvelles fédérations internationales que nous espérons accueillir prochainement.

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