«A Rouen, 300 personnes ont assisté à notre premier entraînement»

Hockey sur glaceAprès avoir passé sept ans au LHC, Benjamin Antonietti a choisi de relever un étonnant défi.

Image: Florian Cella

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Les héros de l’inoubliable promotion de 2013 ne sont désormais plus que trois – Cristobal Huet, Jannik Fischer et Florian Conz – à encore revêtir le maillot du LHC. Durant la trêve estivale, Thomas Déruns, Paul Savary, Gaëtan Augsburger (voir encadré) et Benjamin Antonietti ont dû quitter Malley. Si les deux premiers ont mis, à 35 ans, un terme à leur carrière, Antonietti a choisi de relever, à 26 ans, un drôle de défi en rejoignant Rouen et cette Ligue Magnus que de nombreux Suisses considèrent avec un peu de dédain.

«C’est vrai que dans un premier temps les réactions ont été contrastées, sourit l’ancien ailier du LHC. Mon frère, Eliot, s’est même demandé si je n’étais pas tombé sur la tête. Mais lorsque je lui en ai expliqué les raisons, il m’a conforté dans l’idée que j’avais fait le bon choix.» Alors que la plupart des joueurs évoluant en France rêvent d’un contrat en Suisse, Benjamin Antonietti raconte pourquoi il prend le chemin inverse: «Les discussions avec le LHC pour une prolongation de contrat traînaient en longueur. Depuis décembre, Jan Alston me faisait des promesses qu’il ne tenait pas. Faute d’argent, disait-il… En juin, j’en ai eu marre et j’ai dit à mon agent que je voulais un changement radical. Avec comme première ambition de retrouver ce vrai plaisir de jouer que j’avais peu à peu perdu depuis quatre ans. Utilisé la plupart du temps dans un rôle plutôt ingrat, j’avais l’impression de m’être égaré. A chaque fois que j’entrais sur la glace, j’avais surtout peur de mal faire et de me retrouver ensuite au bout du banc. Cette pression négative m’empêchait de tenter des gestes et, surtout, de prendre du plaisir sur la glace.»

Dans ce constat, Antonietti ne cherche pas à mettre la faute sur qui que ce soit. Bien au contraire. «J’ai connu de bonnes périodes durant ces quatre saisons de LNA, mais je n’ai certainement pas réussi à me montrer assez constant pour mériter plus de responsabilités. Et comme je ne voulais pas rejoindre un autre club pour jouer dans le même registre qu’à Lausanne, l’exil devenait la solution idéale.»

Cette volonté de changement aurait pu emmener le Genevois en… Corée du Sud. «C’est une destination qui m’aurait intéressé, mais avec deux étrangers autorisés seulement, il est très compliqué d’intégrer une ligue fermée à double tour, rigole-t-il. Et lorsque, grâce à Cristobal Huet, l’option Rouen s’est présentée, je n’ai pas hésité très longtemps.»

Après quelques bonnes discussions et une visite de la ville et des installations sportives, Antonietti paraphait une entente pour la prochaine saison. «C’est, comme Lausanne, une vraie ville de hockey, continue-t-il. La patinoire, qui peut contenir 3500 spectateurs, affiche d’ailleurs régulièrement complet. Et pour notre premier entraînement, le mois dernier, ils étaient 300 à s’être déplacés pour nous encourager. Et nous découvrir aussi, car après une saison ratée l’effectif a beaucoup changé.»

Benjamin Antonietti est l’un des sept étrangers de l’équipe. «Ce statut ne me met aucune pression supplémentaire, se marre-t-il. Pour l’instant, tout se passe à merveille. Le coach me donne pas mal de ces responsabilités, que je revendique. A moi de montrer que je le mérite.»

Un titre comme objectif

En dehors de la glace aussi les choses se passent très bien pour Benjamin et son amie, qui l’a suivi à Rouen. «Le club est aux petits soins pour nous, souligne-t-il. Il possède même un immeuble où les joueurs sont logés, ce qui facilite davantage encore l’intégration des nouveaux. Et puis, comme ils nous l’avaient promis, les dirigeants n’ont pas mis beaucoup de temps à trouver un emploi pour mon amie. Sinon, il est clair que tout y est aussi un peu moins «professionnel» que chez nous, mais je m’y attendais et cela ne me pose aucun problème.»

Avec une équipe remodelée et dans un championnat qu’il ne connaît pas encore mais dont le niveau «se situe entre la LNB et la LNA sur le plan du rythme», Antonietti nourrit l’ambition de gagner un titre avec Rouen. «Nous figurons parmi les quatre ou cinq favoris, estime l’ailier. La Coupe de France est un autre objectif important. La finale se déroule dans une Accor Arena, à Bercy, qui rassemble plus de 10 000 personnes pour l’occasion. Un moment que j’aimerais beaucoup vivre.»

Après un premier exercice en France, Antonietti verra si l’aventure mérite d’être prolongée. Dans l’affirmative, il pourrait devenir une espèce de précurseur et inciter quelques bons joueurs suisses à l’imiter. (24 heures)

Créé: 11.08.2017, 07h55

Succès du LHC

Un incroyable autogoal du Français Chakiachvili en prolongation a offert une courte victoire au LHC, jeudi soir aux Hockeyades. Au Sentier, devant 1200 spectateurs, les Lions étaient menés 2-1 après deux tiers avant de revenir à la hauteur de Rouen grâce à Herren (48e). Frick avait égalisé une première fois durant le tiers médian (31e). Privé de Huet, Danielsson, Pesonen, Conz et Walsky, le LHC, complété par les juniors Simic et Plüss, a ainsi signé un premier succès en préparation après les défaites concédées face à La Chaux-de-Fonds et au CSKA Moscou. Il jouera son ultime rencontre de ces 22es Hockeyades ce samedi contre les Slovaques de Nitra.
A.B.

Augsburger reste dans l’expectative

A 29 ans, un hockeyeur professionnel est souvent au sommet de son art. Après une bonne douzaine de saisons passées entre la LNA et la LNB, avec Ge-Servette puis le LHC depuis 2009, Gaëtan Augsburger a pourtant du mal à trouver un nouvel employeur après la décision de Jan Alston de ne pas prolonger son contrat à Malley. «Pour le moment, je n’ai eu que des discussions avec quelques clubs, mais rien de concret malheureusement, admet l’attaquant né à Saint-Imier. Du coup, je dois m’entraîner seul pour être fin prêt si l’on sollicite mes services. Des circonstances nouvelles pour moi.»

La situation est d’autant plus étrange que l’ancien No 19 lausannois sort d’un très bon dernier exercice avec le LHC. «Je pense même que c’était le meilleur de ma carrière. Ces dix dernières années, j’ai connu pas mal de pépins physiques, dont certains assez lourds, continue-t-il. Mais la saison passée, tout s’est très bien passé et j’ai juste dû faire un petit break d’une semaine. Sinon, j’ai pu jouer une quarantaine de matches, play-off compris, sans le moindre problème. Là, je me sens particulièrement bien et surtout j’ai une grosse envie de prolonger encore un peu ma carrière. Mais pour cela, il faut être deux. Pour l’instant, je me prépare donc seul. L’ambiance du vestiaire, les copains et ces entraînements collectifs où l’on se stimule les uns les autres dans les moments pénibles me manquent…»

Philosophe, Gaëtan Augsburger prend son mal en patience. «J’essaie toujours de positiver, sourit-il. Cet été, j’ai l’avantage de pouvoir passer plus de temps avec ma famille et faire d’autres choses qui me plaisent. Mais je ne vais pas non plus attendre indéfiniment un coup de téléphone. Si rien ne se profile ces prochaines semaines, je chercherai à réorienter ma vie professionnelle. A trouver un boulot en dehors du hockey. Mais j’espère toujours qu’un club m’offrira la possibilité de jouer quelques années de plus.»

Malgré la crainte de devoir mettre prochainement un terme à sa carrière, Gaëtan Augsburger a vite digéré la fin de son aventure avec le LHC. «La non-prolongation de mon contrat ne m’a pas surpris, reconnaît-il. Pour être sincère,
je savais depuis septembre déjà, lorsque l’on m’avait proposé d’aller jouer ailleurs, que cette saison serait ma dernière à Malley. Malgré cela, je me suis accroché et j’ai réussi à montrer au coach que je méritais ma place sur la glace. Maintenant, le LHC veut franchir un palier et estime qu’il n’y a plus de place pour des joueurs comme moi dans l’effectif. Je me dois d’accepter cette nouvelle situation, même si j’aurais volontiers poursuivi l’aventure avec un club où j’ai connu les plus beaux moments de ma carrière.»

L’inoubliable promotion d’avril 2013 fait bien entendu partie de ceux-ci. «C’est, aujourd’hui encore, un souvenir qui me donne la chair de poule quand j’y repense. Pour le moment, je ne veux d’ailleurs même pas revoir les images de cette soirée parce que je suis certain que j’en aurais les larmes aux yeux.»

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