Alerte rouge au LHC

Hockey sur glaceÀ deux semaines des play-off, Lausanne donne l’impression de s’enliser. Le malaise s’installe dans la Vaudoise aréna.

Devant Tobias Stephan, c'est un peu le flou en ce moment.

Devant Tobias Stephan, c'est un peu le flou en ce moment. Image: Keystone

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Le 6 février dernier, Patrick de Preux profitait du repas de soutien du Lausanne HC pour exhiber fièrement un graphique sur lequel les Lions apparaissaient en bonne posture (huit victoires en onze matches), malgré les critiques. Ce soir-là, son discours s’inscrivait dans la droite ligne d’une interview publiée par le club lui-même une semaine plus tôt, notamment dans le but de calmer les ardeurs de certains supporters et partenaires remontés contre le spectacle proposé cette saison.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la série a connu un nouvel épisode quand le président du conseil d’administration est allé poser sa plume sur le forum de discussion des fans lausannois. Pour répondre à l’un d’e ux, qui lui reprochait de leur «lancer de la poudre aux yeux». Et pour appeler à l’unité.

Le LHC s’attache à démontrer qu’il est loin d’être en crise. Mais il faut admettre que sa communication ressemble fort à une communication de crise. C’est sans doute parce que celle-ci n’est finalement pas bien loin. De huit victoires en onze matches – avec des prestations décevantes la moitié du temps, qu’on se le dise –, Lausanne est passé à quatre défaites en cinq matches. L’argument du totomat n’est plus valable. Malgré leur sixième place au classement, avec huit points d’avance sur la barre, les Lions donnent l’impression de s’enliser. À deux semaines des play-off, c’est inquiétant.

Le malaise s’installe dans la Vaudoise aréna. Là où le LHC est censé séduire pour capitaliser sur son formidable outil. Là où il affiche une moyenne catastrophique de 1,32 point par rencontre. En ayant jusqu’ici perdu tous ses derbys romands (7), le dernier mardi soir face à FR Gottéron (2-3). Le pire? Au contraire des couacs précédents, bercés par les sifflets, l’atmosphère en tribunes transpirait cette fois davantage la résignation que l’indignation.

Trop peu de références

La colère est pourtant bien présente chez une frange des supporters. Et les discussions font rage dans les travées de la patinoire. Au cœur des débats: «l’absence d’émotions» et «la piètre qualité du jeu». Dans le rôle des coupables désignés: les joueurs, mais aussi le coach, voire le directeur sportif, selon les sons de cloche. Une chose est sûre: les matches de référence des Lions se comptent sur les doigts des deux mains, cette saison. Sur 45 journées de championnat et avec les ambitions qui sont les leurs, cela fait peu. Très peu. Le bât blesse forcément quelque part.

Les comptes seront faits à la fin. Le Lausanne HC peut encore inverser la tendance. La qualification pour les play-off est proche. Mais s’il veut y aller pour jouer davantage qu’un rôle de figurant, il ne doit plus attendre pour réagir et appuyer sur «marche». En est-il capable?


Réveillez-vous!

Le commentaire de notre journaliste, Jérôme Reynard

Il y a des paramètres que les Lions ne peuvent plus modifier. Le visage de leur contingent – et de leur légion étrangère – en fait partie. On y reviendra en fin de saison, si besoin. Pour le reste, il est temps que certaines choses changent. Qu’une réaction se produise. D’abord sous le casque des joueurs. Faire un bon match, ce n’est gage de rien dans la National League d’aujourd’hui. Encore moins à ce stade de l’année. Se reposer sur ses acquis, sur son talent, ça ne suffit pas. C’est en tout cas à l’opposé des valeurs qu’est censée représenter une équipe aspirant à bouleverser la hiérarchie du hockey suisse. Lausanne rêve de titre? C’est le moment de l’assumer.

L’instinct de tueur et le supplément d’âme nécessaires à la réalisation des plus grands objectifs ont tendance à faire défaut. Depuis deux saisons, le LHC donne l’impression d’avoir besoin de se retrouver dos au mur, face à un challenge important, pour se mobiliser et se surpasser. Il saura alors peut-être élever son niveau de jeu en play-off. Mais qui dit que ce ne sera pas trop tard?

Certains joueurs semblent en manque de confiance, d’autres paraissent déconnectés, pour une raison ou pour une autre. Mais, bon sang, un peu de fierté! C’est la mission du staff technique aussi de préparer son équipe. Et actuellement force est de constater que Ville Peltonen et ses adjoints ne parviennent pas à tirer le meilleur de leur groupe. Le système est-il inefficace? Il a fait ses preuves à plus d’un titre. Est-il trop exigeant et usant sur la longueur? Une chose est sûre: le LHC a connu l’une de ses meilleures passes de la saison lorsque Peltonen a tapé du poing sur la table pour montrer qu’il était le patron et que personne n’était intouchable dans le vestiaire (Jonas Junland s’en souvient).

Il serait peut-être temps d’envoyer une piqûre de rappel au rayon management pour faire bouger les choses. Notamment au sein d’une offensive qui ronronne. L’excuse du manque de profondeur pour faire marcher la concurrence et effectuer un nouveau choix fort n’est en tout cas plus valable. À part chez les étrangers. Mais ça, c’est un autre problème.

Créé: 20.02.2020, 17h06

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