«Une nouvelle patinoire, cela ne fait pas tout»

Hockey sur glaceStéphanie Mérillat évoque son HC Bienne, qui surfe sur les effets d’une aréna moderne depuis quatre ans de plus que le LHC.

Stéphanie Mérillat, co-présidente du HC Bienne.

Stéphanie Mérillat, co-présidente du HC Bienne. Image: CHRISTIAN BRUN

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Bienne était l’équipe surprise de l’exercice 2017-2018. Il est aujourd’hui une référence en National League. Parce qu’il a su confirmer sa demi-finale d’antan par une nouvelle place dans le dernier carré lors du championnat passé. Et parce qu’il joue toujours les premiers rôles cette saison. Le tout avec une stratégie de recrutement intelligente et sans faire de vagues. «Cela n’a jamais été dans notre ADN de parler. Ce qui nous intéresse, ce sont les résultats; pas les promesses de résultats», lance la co-présidente du club seelandais Stéphanie Mérillat (50 ans), qui nous a accordé un entretien avant le déplacement de son équipe à la Vaudoise aréna. «Un outil par ailleurs magnifique», selon la dirigeante, très bien placée pour savoir à quel point une nouvelle patinoire change la vie.

Stéphanie Mérillat, si on vous dit que le HC Bienne s’est installé dans le haut du panier de National League?
Je vous réponds que nous sommes encore en phase d’installation. Nous n’avons pas l’arrogance de prétendre que nous y sommes déjà. Ces deux demi-finales d’affilée, cela reste hors du commun pour nous. Je ne m’attends pas à vivre de tels résultats chaque année. Notre philosophie a toujours été d’avancer à petits pas. Nous y parvenons, mais actuellement, l’objectif demeure de s’établir en milieu de classement, tout en ayant les yeux tournés vers le haut le plus souvent possible. Et en étant conscients de ne pas être à l’abri d’une saison compliquée dans cette Ligue ultra-compétitive.

Votre discours semble être davantage celui d’une co-présidente modeste, prudente, que celui d’une dirigeante conquérante.
A un moment ou à un autre, nous aurons envie de soulever le titre national, c’est évident. Mais ce n’est pas nécessaire de le marteler. Cela n’a jamais été dans notre ADN de parler. Ce qui nous intéresse, ce sont les résultats; pas les promesses de résultats. Entre excès de prudence et prétention, il existe un juste milieu.

Sentez-vous toutefois que les attentes autour de votre club ont changé?
Absolument. Après notre première demi-finale, tout le monde disait que ce serait difficile de confirmer. J’étais d’accord avec ce raisonnement. Tout simplement parce que nous ne faisons pas partie des plus gros budgets du championnat. Et qu’une équipe bâtie pour jouer régulièrement les premiers rôles, il faut la financer. Un an et demi plus tard, nous sommes toujours dans le top 4. Avec la même philosophie à l’interne, mais avec une pression médiatique et populaire autrement plus forte. C’est un sacré challenge.

Votre patience, votre calme: peut-on dire qu’il s’agit de la clé de votre réussite?
Une chose est sûre: la stabilité de notre management suscite un climat de sérénité. Nous avons les idées claires. Cela fait 10 ans, depuis que nous avons réintégré l’élite, que nous savons où nous allons. Et puis, nous avons une direction sportive (ndlr: emmenée par Martin Steinegger) qui réalise un travail exceptionnel. Il y a également une part de réussite. Tout cela crée une bonne alchimie. Mais le plus important, je crois en effet qu’il s’agit de la continuité dont nous faisons preuve en matière de philosophie. Et donc de cette sérénité. Nous avons connu des crises, l’affaire Kevin Schläpfer* en était une, mais nous étions suffisamment solides pour en sortir indemnes.

A quel point le bond en avant du HC Bienne est-il lié à l’arrivée de la Tissot Arena, inaugurée durant l’été 2015?
Cela a d’abord été une question de survie en National League. Sans cette nouvelle patinoire, nous n’aurions pas pu soutenir le rythme. Et puis, évidemment qu’elle a aussi eu un effet déclencheur en termes de recettes. Mais le processus n’est pas terminé, l’idée étant d’améliorer toujours plus notre outil, avec l’expérience que nous engrangeons.

A propos d’expérience, d’apprentissage, combien de temps vous a-t-il fallu pour apprivoiser cette infrastructure et la modeler de la manière la plus fonctionnelle possible?
L’optimum a été atteint après deux ou trois ans. Notamment pour tout ce qui concerne le nerf de la guerre, à savoir le secteur VIP et les loges. Trois ans, c’est le temps qu’il a fallu pour que le catering tourne au rythme adéquat.

Comment votre modèle économique a-t-il été impacté par la Tissot Arena?
Avant son inauguration, notre budget était de 11 millions de francs. Il se monte aujourd’hui à 17 millions. Mais la question est désormais de savoir jusqu’où nous pouvons aller et comment, avec le bassin de population qui est le nôtre. Nous voulons continuer à grandir? Je ne pense pas que nos moyens actuels suffisent pour construire une machine à-même de jouer le titre chaque année. La pression des salaires est telle sur le marché des joueurs… Martin Steinegger a pu engager un ou deux éléments d’un calibre supérieur, mais pour le reste, il doit compléter son contingent avec des jeunes et en tentant des coups. Cela fonctionne parce qu’il sent bien les coups, justement, et que nous disposons d’un bon mouvement juniors. Mais si nous voulons progresser encore, nous devons continuer à travailler. A entretenir ce qui fait notre force et à chercher de nouveaux moyens de nous développer.

Que vous inspire la situation du LHC, qui vient d’inaugurer sa Vaudoise aréna?
Ce que je constate avant tout, c’est une tendance générale en Suisse à se professionnaliser à tous les niveaux. Il y a Lausanne, mais en ce moment, il y a aussi Fribourg, Davos, Ambri. Ces arénas fonctionnelles, lieux de rencontre comme de networking ou de business, sont devenues impératives.

* En octobre 2015, l’ancien coach emblématique du HC Bienne Kevin Schläpfer avait fondu en larmes en conférence de presse, après le refus du club seelandais de le libérer de son contrat afin qu’il puisse entraîner la sélection nationale. Il sera licencié un an plus tard en raison des mauvais résultats de son équipe.

Créé: 14.11.2019, 18h05

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