Il fut le boss le plus populaire du LHC

Hockey sur glacePrésident du LHC de 1992 à 1997, Bertrand Jayet est décédé à 66 ans. Il avait orchestré une mémorable ascension en LNA.

Bertrand Jayet, un président qui aimait follement son club.

Bertrand Jayet, un président qui aimait follement son club.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’image restera à jamais gravée dans la mémoire collective des amoureux du Lausanne HC. Ce 4 avril 1995, dans un vestiaire qui a perdu de son intimité, où les effluves du houblon étouffent l’odeur de la sueur, Bertrand Jayet honore un pari. La chevelure du président du LHC tombe sous le rasoir du défenseur Raymond Wyssen alors que les Lions de Malley venaient d’acquérir leur sésame pour la LNA (8-0 contre Grasshopper dans le cinquième et dernier duel de la finale du championnat de LNB).

Dans les tribunes et les estrades, il y a 11'000 personnes habitées par l’allégresse. «Voilà le plus beau des cadeaux», s’exclame Bertrand Jayet, qui s’est éteint dimanche à 66 ans, en contemplant les virages de Malley. Derrière le banc, il y a le vénérable Jean Lussier. Sur la glace, il y a une bande de potes insouciants et dénués de complexes emmenés par la légion québécoise (Jean Gagnon, Claude Verret et Martin Desjardins) et sécurisés par un Marsupilami devant le filet (Beat Kindler).

Cette équipe, probablement celle qui a offert le plus d’émotions aux supporters du Lausanne HC dans les trente dernières années, était à l’image de son président. Elle venait de nulle part (deux ans plus tôt, les matches se disputaient devant une poignée de pèlerins et dans une atmosphère lugubre), s’était forgé une identité, s’était battue pour convaincre les sceptiques et avait fini par devenir une attraction incontournable. L’époque n’était pas celle des selfies. Mais celle des poignées de main et des causettes au coin du bar. Un exercice que Bertrand Jayet, un apôtre du «tu», adorait et dans lequel il excellait. Le président était l’homme du peuple, celui qui prenait toujours une minute pour papoter avec un supporter, un peu comme Jeannot Martinet à Fribourg-Gottéron avant lui. Il était un habile communicateur qui n’avait guère de peine à convaincre les sceptiques, un peu comme Christian Constantin au FC Sion après lui, ou à mépriser avec panache. Et il aimait follement ses joueurs, peut-être même un peu trop.

Cet attachement quasi viscéral à un groupe de hockeyeurs qui lui avaient permis de chavirer dans l’émotion l’avait propulsé dans l’irrationnel, une dimension peu compatible avec la froideur requise dans la gestion du sport professionnel. Pendant qu’il se faisait tondre le crâne et qu’il festoyait avec ses disciples, Bertrand Jayet avait sous-estimé l’envergure de la LNA. Ligue dans laquelle il était impossible d’exercer un autre rôle que celui de figurant en s’y présentant avec une bande de bons types.

Ses qualités de cœur ont eu raison de ses ambitions dans la grande ligue. Le LHC n’aspirait qu’à y rester. Il a déchanté après une seule saison où il a dû de séparer de son entraîneur miracle (Jean Lussier), recruter des renforts aux noms clinquants qui n’en étaient pas (Jimmy Carson), grever le budget et n’engranger que dix points en 36 matches.

Il n’empêche. Bertrand Jayet restera comme le président le plus populaire de l’ère Malley. Un homme de lettres qui est demeuré fidèle à ses valeurs. (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 19h50

«Il avait un cœur énorme»

Surnommé le «Marsipulami», Beat Kindler a défendu la cage des Lions de 1991 à 2003. C’est lui qui se trouvait devant le filet lors de la fameuse promotion des Vaudois, quatre ans après son arrivée au LHC. «Si Bertrand Jayet n’avait pas été le président, je serais parti de Lausanne. Il m’a retenu à deux reprises, se souvient l’ancien gardien. La première fois c’était à cause des finances du club et la seconde quand j’ai été en concurrence avec Östlund. Mais c’est lui qui a insisté pour que je reste absolument.

Bertrand Jayet a tout donné pour le LHC, il avait un cœur énorme.» Atteint au Québec, Jean Gagnon, qui a porté les couleurs lausannoises de 1992 à 1996, ignorait sa disparition. «C’était un bon président avec lequel j’entretenais des rapports corrects, raconte-t-il. Grâce à lui, qui était venu me chercher à Martigny, j’ai passé du bon temps dans ce club. Au début, tout était beau quand on gagnait mais la dernière année j’avoue qu’avec toutes ces défaites en LNA c’était plus compliqué. Je suis revenu plusieurs fois à Lausanne mais je ne l’ai jamais revu.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Des parents et des enfants séparés par le rêve américain, paru le 19 juin
(Image: Bénédicte) Plus...