À Langnau, l’amour du maillot est plus fort que la défaite

Hockey sur glaceMené 2-1 par le LHC avant l’acte IV des quarts de finale, samedi à l’Ilfis, Langnau redoute moins la défaite que la fin de saison.

Au Löwen, la «Stamm-Tisch» est entourée d’accessoires aux couleurs des Langnau Tigers.

Au Löwen, la «Stamm-Tisch» est entourée d’accessoires aux couleurs des Langnau Tigers. Image: DR

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Vendredi matin, au Hirschen de Langnau. C’est l’heure du café dans l’un des stamms des supporters des Tigers. Les mines sont grises, à l’image de la météo. Forcément, on refait le match de la veille, revue de presse comprise. Battus 5-2 sur la glace du LHC, les hommes de Heinz Ehlers sont menés 2-1 dans la série avant l’acte IV de samedi à l’Ilfis. «On prend trop de pénalités, peste Aloïs, la soixantaine. Et, désormais, ça va être très compliqué pour nous. Lausanne est lancé. Cette équipe comporte plusieurs individualités capables de faire la différence. Nous, on ne peut compter que sur notre collectif, notre esprit de groupe. Nos possibilités sont plus restreintes. J’ai de la peine à y croire.»

On se rassure en évoquant le rival bernois, lui aussi mené 2-1 en quarts de finale, par Ge/Servette. «De toute manière, pour nous, les play-off ce n’est que du bonus. L’objectif de la saison, c’était le maintien», poursuit notre interlocuteur. L’essentiel est ailleurs. À Langnau, le hockey va du reste au-delà des victoires ou des défaites. On le saisit en découvrant le sous-sol du restaurant, décoré à l’effigie de l’idole locale: Martin Gerber, vainqueur de la Coupe Stanley en 2006 (241 matches de NHL).

Scott Beattie et le cabriolet

Au Hirschen, les anecdotes sont légion. Il y a notamment celle qui relate le limogeage de Scott Beattie en octobre 2016, remise au goût du jour par watson.ch la semaine passée. Alors que le conseil d’administration se réunissait sur la terrasse de l’établissement après une entame de championnat catastrophique (9 défaites), l’entraîneur canadien avait déboulé dans la rue au volant de son cabriolet, musique à coin. Au revoir merci. Et place à Heinz Ehlers. «Personne n’a son pareil pour réaliser de grandes choses avec de petits moyens», note Aloïs à propos du tacticien danois.

Sous la direction de l’ex-coach du LHC, Langnau a franchi un cap. L’équipe a frôlé la deuxième qualification de son histoire pour les play-off (après 2011) la saison dernière. Avant d’arriver à ses fins cette année, record de points à la clé (78). Le tout en affichant des valeurs qui correspondent parfaitement à celles de la bourgade de moins de 10 000 habitants et de ses environs. «Ici, on prône le travail, la famille, la solidarité, et on s’engage. On est comme ça: on a le feu en nous, on est des passionnés», explique notre homme en guise de parallèle.

Le rôle des SCL Tigers? «Il est social, avance Aloïs. Cela fait partie de la vie des gens, y compris des jeunes. La patinoire de l’Ilfis est un lieu de rencontre. Vous savez, on est à la campagne; on n’a pas beaucoup d’autres occasions de nous réunir sur notre temps libre. En gros, il y a la musique, le ski, la lutte, le hornus et le hockey.»

«Une culture»

Les dirigeants emmentalois surfent sur ce côté familial, rassembleur, identitaire. Les slogans du club? «Hockey-Country» ou, depuis deux semaines, «Playoff-Dorf». Le surnom de l’équipe? Il faisait au départ référence au célèbre fromage du tigre (Tiger Käse) de la région, par intérêt financier aussi. Malin.

Langnau, c’est quelque chose. L’Ilfis et ses 6000 spectateurs également. On y mange les meilleures frites de National League. Mais on y croise surtout des personnages uniques: l’homme aux sabots, l’homme à la cloche, l’homme à la combinaison (rouge et jaune) une pièce… «Les SCL Tigers, c’est une culture, appuie Federico Lardi, qui dispute sa cinquième saison sous le maillot emmentalois. C’est le sujet de discussion No 1. Si tu ne suis pas l’actualité du club, tu es comme à l’écart de la société. Les gens vivent au rythme de l’équipe. Selon que l’on gagne ou que l’on perde, on observe des différences d’humeur en ville, même si le résultat est souvent secondaire. Parce ce que les fans veulent avant tout, c’est de l’engagement et des émotions.»

Le quotidien, pour les joueurs? «Il est autre que l’anonymat que j’ai vécu à Lausanne», répond l’ancien défenseur des Lions. «Langnau, c’est bien plus petit. On nous reconnaît dans la rue. Les gamins nous suivent, scrutent nos moindres faits et gestes, jusque dans les magasins. Je préférais le calme de mon expérience au LHC. Maintenant, si j’ai envie de chips, je dois demander à ma femme de m’en acheter sinon je me fais griller», se marre-t-il.

Un passage obligé

Langnau, pays de hockey. Enfin presque. Au Löwen, autre lieu de rassemblement des supporters emmentalois, deux quinquagénaires semblent faire office d’exceptions en sifflant leur bière sur le temps de midi. «Nous, on ne connaît rien et cela ne nous intéresse pas. Il faut de tout, non?»

Ils sont pourtant assis à la «Stamm-Tisch» de l’auberge. «On attend nos amis. Ce sont des fanatiques.» Pas surprenant. Prêts à parler play-off avec eux? «On les écoutera et on se taira», rétorque l’un des deux hommes en souriant. Avant d’avouer avoir déjà été entraîné «deux ou trois fois» à l’Ilfis. Une sorte de passage obligé. (nxp)

Créé: 15.03.2019, 19h10

Langnau - LHC, l'avant-match

Séance allégée Comme mercredi, les Lions ont eu droit à un entraînement léger et optionnel, vendredi matin. Seule une dizaine de joueurs a griffé la glace. Ville Peltonen devrait reconduire la même équipe que lors des actes II et III, samedi soir à l’Ilfis.

Indiscipline emmentaloise Après avoir fait partie des meilleurs élèves de la saison régulière en termes de discipline, Langnau est l’équipe qui a reçu le plus de pénalités mineures depuis le début des play-off (23x2’). La palme pour Chris DiDomenico, puni à six reprises en trois matches. L’attaquant canadien n’y est pas, pour le moment. Mardi à l’Ilfis, il avait même été provisoirement benché par Heinz Ehlers en fin de premier tiers. J.R.

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