LHC: Gérer un marathon, mode d’emploi

Hockey sur glaceVille Peltonen et son staff ont optimisé les temps de jeu et les responsabilités de leurs joueurs à l’intersaison.

Jonas Junland patine en moyenne 2’10 de moins par match à 5 contre 5, cette saison.

Jonas Junland patine en moyenne 2’10 de moins par match à 5 contre 5, cette saison. Image: Keystone

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La tendance est nette depuis le début de l’exercice. Ville Peltonen sollicite moins certains cadres que lors de la saison passée (voir infographie). Leçons tirées des play-off 2019 ou simple nécessité, face à un calendrier 2019-2020 surchargé par la Champions Hockey League et ses voyages? «Un peu des deux, admet le coach lausannois. Dans un sens c’était planifié, afin d’obtenir davantage de fraîcheur sur la longueur du championnat. Mais il fallait aussi le faire pour affronter la répétition des matches qui nous touche actuellement (14e rencontre en 29 jours, ce mardi). Une chose est sûre: la manière dont a été construite l’équipe nous permet de mieux diluer les responsabilités et donc les temps de jeu.»

Avec désormais trois trios d’attaque potentiellement dominants (au lieu de deux), Ville Peltonen ose plus faire tourner à 5 contre 5. Conséquence: les présences à égalité numérique de Cory Emmerton (3’07 de moins par match en moyenne), de Dustin Jeffrey (2’11), de Ronalds Kenins (1’21), de Christoph Bertschy (1’13), de Joel Vermin (1’11) ou de Tyler Moy (1’05) ont toutes diminué. Pareil en défense où, avant la maladie de Robin Grossmann, le LHC jouait régulièrement avec sept éléments. En mode tournus, avec des paires qui bougent. «C’est bénéfique sur le plan physique et en plus on s’habitue à évoluer avec différents joueurs, ce qui peut rendre service en cas de blessure», explique Jonas Junland, dont le temps de jeu moyen à 5 contre 5 a baissé de 2’10.

Unités spéciales renforcées

Autre changement majeur: l’utilisation des joueurs en situations spéciales et notamment en infériorité numérique. Ils étaient une dizaine à jouer le box play lors de l’exercice 2018-2019. Ils sont aujourd’hui une quinzaine, avec comme nouveaux protagonistes réguliers de la boîte lausannoise Benjamin Antonietti, Etienne Froidevaux ou encore Matteo Nodari. Preuve que Ville Peltonen fait également davantage confiance à ses membres de la quatrième ligne, qui le lui rendent bien.

«La route est longue. D’autant plus avec la Champions Hockey League. Surutiliser des joueurs durant le tour de qualification nous avait joué des tours en play-off il y a trois ans contre Davos. Et dans une moindre mesure il y a quelques mois face à Zoug. Alors si on peut tout faire pour avoir un maximum de gars en pleine possession de leurs moyens dans les moments décisifs d’une rencontre ou d’une saison, faisons-le, poursuit Jonas Junland. Et puis, non seulement les responsabilités sont mieux réparties, mais en plus les points personnels le sont aussi (ndlr: 11 joueurs, dont Benjamin Antonietti et Robin Leone, comptent entre 2 et 6 buts, le total du top scorer Christoph Bertschy). Au final, on dépend moins de certaines individualités.»

Shifts plus courts

Les gardiens n’échappent pas à la règle. Après avoir enchaîné 9 départs en 11 matches, le No 1 Tobias Stephan vient de passer les deux dernières rencontres à la bande, alors que se profilent deux chocs – face à Zoug (mardi) et Zurich (vendredi) – qu’il devrait débuter en étant frais. De la gestion, là encore. A l’image d’une autre statistique intéressante. Celle qui voit la longueur des shifts des Lions diminuer également (7 joueurs affichent des présences moyennes supérieures à 40 secondes; ils étaient 18 lors de l’exercice passé).

En résumé, tout est fait pour que le LHC encaisse avec le moins de dégât possible (d’un point de vue comptable comme physique) l’enchaînement de matches qui caractérise son calendrier. Et pour qu’il prépare au mieux sa fin de saison. «Dans le même temps, on bosse dur entre les rencontres, livre Jonas Junland. Mardi dernier après Trinec, par exemple, on a directement filé en salle de force pour une séance de musculation intensive. Cela peut en partie expliquer pourquoi on n’était pas dans nos meilleures dispositions le vendredi à Genève.»

Le futur avant le présent

Sacrifier un derby fait-il partie du processus? «Ce n’est pas ce que je voulais dire, répond le défenseur suédois. Bien sûr que le derby lémanique reste un match à part et que l’on est conscients de son importance pour les supporters. Mais on est actuellement plus dans une logique de construire pour le futur, de travailler pour aller chercher le titre au printemps. On fait des points en ne jouant pas si bien et en sachant que l’on a une marge de progression. C’est encourageant. Oui, il y a de la fatigue, physique et mentale. Mais je suis certain qu’on saura élever notre niveau de jeu lorsque l’on sera à nouveau plus frais. Et je me réjouis de voir ce que ça donnera quand on jouera mieux.» Le rendez-vous est pris.

Créé: 21.10.2019, 16h51

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