LHC: Quatre cartes que pourrait abattre Peltonen

Hockey sur glaceOn a confronté le coach lausannois à quatre de nos interrogations. Dominé par Zoug, procédera-t-il à des changements?

Ville Peltonen va-t-il déroger à ses principes, jeudi soir à Zoug pour l'acte V des demi-finales?

Ville Peltonen va-t-il déroger à ses principes, jeudi soir à Zoug pour l'acte V des demi-finales? Image: Keystone

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Ville Peltonen a privilégié la stabilité toute la saison. Le leitmotiv du coach finlandais, source de confiance, a conduit le LHC à la troisième place du championnat régulier et jusqu’en demi-finales des play-off. Mais voilà les Lions dos au mur, menés 3-1 dans la série par un Zoug qui leur semble supérieur à tous les niveaux. Et face à qui ils subissent tout en dégageant une sacrée impression d’impuissance (2 blanchissages de suite pour Stephan, sans forcément trembler). N’est-ce pas le moment de jouer son va-tout? De tenter de faire bouger les choses, d’insuffler une nouvelle dynamique et pourquoi pas de surprendre son adversaire?

Contraint à disputer un septième match par Langnau en quarts de finale, Ville Peltonen avait misé sur la confiance. Malgré deux défaites d’affilée, il avait reconduit son alignement et ses principes de prédilection. À raison. La situation est toutefois différente aujourd’hui. Parce que Zoug n’est pas Langnau. Et parce que Lausanne n’y arrive pas, même lorsqu’il respecte son plan de match et qu’il est au rendez-vous au niveau de l’intensité, comme ce fut le cas mardi.

De quoi pousser le tacticien finlandais à procéder à des changements en vue de l’acte V de ce jeudi à la Bossard Arena? On l’a confronté à quatre de nos interrogations. À quatre cartes qu’il pourrait abattre. Le tout sans remettre en question un système de jeu huilé, qui a fait ses preuves.

1) La carte «Dustin Jeffrey»

Elle dépend évidemment de l’évolution de la blessure du maître à jouer lausannois, touché au bas du corps durant le 7e match des quarts de finale. «Je vais bien et je serai prêt à revenir au jeu à un moment ou à un autre dans cette série», déclarait-il lundi à la sortie de l’entraînement. Pour un come-back, c’est (presque) la dernière qui sonne. Et puis, trois jours se sont écoulés depuis cette matinée où il n’a pas semblé en mesure de pousser sur ses jambes.

Jeudi à Malley 2.0, où la séance collective était facultative, le joueur de centre canadien était sur la glace. Et il a paru plus à l’aise. A-t-il récupéré le 100% de ses possibilités? Probablement pas. Mais un Jeffrey à 90% ne vaut-il pas mieux qu’un Jeffrey absent? Ne serait-ce que pour les engagements (44,68% d’efficacité pour le LHC en demi-finales, malgré un Emmerton à plus de 56%) ou l’organisation du power-play (11,76%)? Une chose est sûre: Partanen, qui le remplace numériquement dans l’alignement, n’y est pas.

La réponse de Peltonen: «Nous sommes dans une phase où nous avons vraiment besoin de tout le monde. Concernant «DJ», la question n’est pas de savoir à quel pourcentage de ses possibilités il est, mais simplement s’il est capable de jouer ou non. Il va mieux, mais on prendra une décision définitive demain (ndlr: jeudi).»

2) La carte «brassage des trios»

Peltonen a modifié ses trios en cours de match, lors des actes III et IV. Dans le cas où Jeffrey devait encore manquer, pourquoi ne pas carrément partir d’entrée avec des triplettes remaniées? Car la ligne de parade semble orpheline de son «DJ» (quatre points, dont un but pour Bertschy-Vermin-Partanen en demi-finales), alors que la seconde ne parvient pas vraiment à prendre le relais (deux points, dont deux buts pour Moy-Emmerton-Kenins).

Si Partanen a été intégré au sein du premier trio, lorsque Jeffrey s’est blessé, c’est en partie parce que cette option a permis à Peltonen de ne pas toucher aux autres triplettes. L’ailier finlandais étant en dedans, et si le coach décidait de mettre son amour de la stabilité de côté pour chambouler son alignement? Histoire de créer un premier trio fort et globalement d’insuffler une nouvelle énergie, de gagner en impact. Les alternatives existent. Y compris pour décharger Vermin de son rôle de centre de remplacement. Et le repositionner à l’aile, dans son poste de prédilection.

La réponse de Peltonen: «Oui, mon staff et moi apprécions la stabilité. On aime donner aux joueurs la possibilité de se racheter. Cela a été notre force toute la saison. Mais on réfléchit aussi à d’autres options pour prendre la décision en laquelle on croit le plus le jour du match. Dans ce sens, l’alignement est l’un des thèmes qui occupent actuellement notre esprit. La position de Vermin comprise.»

3) La carte «temps de jeu»

L’unité est clamée à tout bout de champ, à Lausanne. Il est peut-être temps d’offrir davantage de confiance aux hommes de l’ombre. Principalement parce que certains leaders vaudois, utilisés à toutes les sauces depuis le début de la saison (box-play compris), commencent à tirer la langue. Et semblent avoir besoin d’être soulagés.

Globalement émoussé, le LHC n’a-t-il pas intérêt à faire davantage tourner ses troupes pour espérer renverser Zoug? Dans un système de jeu aussi exigeant, physiquement comme mentalement, la question n’est pas dénuée de sens. D’autant moins quand on voit à quel point la quatrième triplette des Lions s’est engagée mardi encore. Jusqu’à faire mieux que contenir ses homologues de Suisse centrale. Du moins durant les six à sept minutes de temps de jeu qui lui ont été accordées.

À titre comparatif, Senteler et Albrecht, deux membres du quatrième trio zougois, griffent en moyenne la glace entre 13 et 15 minutes par match dans cette série. Parce qu’ils ont plus de responsabilités en situations spéciales (box-play) que les Lausannois, aussi. Une question de confiance du coach?

La réponse de Peltonen: «Donner davantage de responsabilités aux troisième et quatrième lignes est également une piste potentielle. Elles méritent de jouer, actuellement. Peut-être plus, d’ailleurs.»

4) La carte «liberté», pour Junland

Junland et Genazzi sont deux des défenseurs les plus offensifs du LHC? Leur association ne donne rien en termes de production. Du moins à égalité numérique (0 point en play-off). Le Suédois est-il brimé par le rôle de couverture qui lui est confié dans cette paire? En lui redonnant davantage de libertés, pourrait-il participer à rendre les Lions plus tranchants, par sa capacité naturelle à agir en qualité de rampe de lancement? Ne faut-il pas en finir avec ce duo, quitte – là aussi – à sacrifier cette fameuse stabilité? Lausanne a en tout cas défensivement des repères dans une autre configuration, celle qui était la sienne avant la blessure du No 45 (Junland-Grossmann, notamment).

La réponse de Peltonen: «L’une des raisons pour lesquelles on a réintégré Junland avec Genazzi, c’est parce que cela nous a permis de conserver une certaine stabilité derrière. De maintenir deux de nos trois paires, lesquelles nous ont toutes donné satisfaction en l’absence de Jonas. Et puis, ce duo est solide. Reste qu’il fait partie des facteurs qui doivent nous apporter davantage, c’est vrai aussi. Offrir plus de libertés à Junland? Nos soucis ne concernent pas le rôle d’untel ou d’un autre en particulier. C’est un phénomène global et une question d’enchaînements. On veut être plus percutants? On doit récupérer le puck plus rapidement, plus haut dans la glace. Et, pour ce faire, on doit mettre de l’intensité dans nos attaques. Tout est lié et tout le monde est impliqué.»

Créé: 03.04.2019, 20h19

Zoug - LHC, l'avant-match

Situations spéciales

Régulièrement dominé par Zoug, le LHC doit pouvoir compter sur les situations spéciales pour tenter de faire la différence. Problème: non seulement son box-play n’est pas des plus imperméables dans cette série (6 buts encaissés en 19 situations), mais en plus son power play est inefficace (2 buts marqués en 17 opportunités).

Le chiffre: 151

Le but de Genazzi durant la prolongation de l’acte II ayant été inscrit à 5 contre 4, Lausanne n’a plus marqué à égalité numérique depuis 151 minutes et 21 secondes. Soit depuis la réussite d’Emmerton en fin de tiers médian, jeudi dernier sur la glace de Malley 2.0. Difficile de gagner un match de play-off dans ces conditions.

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