«La vente du Lausanne HC est devenue ma priorité»

Hockey sur glaceHugh Quennec s’exprime sur ses intentions et l’avenir du club lausannois.

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Dix heures, mercredi matin dans les bureaux du Genève-Servette HC. Hugh Quennec débarque calmement, ses écouteurs vissés dans les oreilles. L’homme d’affaires canadien est serein, au moment de nous offrir une heure et demie de son temps, histoire d’évoquer l’actualité qui fait mauvais genre. Celle qui le lie à la fois au club des Vernets (président ainsi qu’actionnaire majoritaire) et au Lausanne HC (propriétaire).

Mis sous pression, le Québécois doit se mettre en conformité avec le nouveau règlement, lequel sera vraisemblablement adopté lors de la prochaine assemblée générale de la Ligue, agendée au 17 février. Autrement dit: il ne lui sera plus possible de gouverner les deux navires lémaniques. Le voilà donc dans l’obligation de se retirer de l’un des deux bateaux (le vaudois) et d’en transmettre la barre à un ou plusieurs repreneurs. Etat des lieux.

Hugh Quennec, la Ligue vous a lancé un ultimatum au 4 février pour que vous quittiez l’actionnariat du LHC. Où en êtes-vous?

Tout d’abord, il faut préciser que mes échanges avec la Ligue sont très constructifs et qu’ils tiennent compte du contexte actuel. Il ressort de nos discussions une certitude: le règlement va changer. Je vais donc devoir m’y plier. Je me suis engagé à me désengager du LHC. Et la Ligue a souhaité qu’une solution soit trouvée avant la prochaine assemblée générale.

Comprenez-vous la réaction virulente des fans vaudois à votre égard?

Oui. En me faisant passer pour le grand méchant loup durant sa conférence de presse (ndlr: le 18 décembre), le conseil d’administration a excité les supporters. Et les menaces de sanctions qui ont suivi les ont rendus encore plus nerveux.

En voulez-vous aux membres du conseil d’administration?

Je ne souhaite pas laver mon linge sale en public, mais disons que j’aurais préféré que cela se passe différemment. Désormais, me voilà forcé à vendre, alors que ce n’était pas mon intention. Pourquoi? Parce que certaines personnes, au sein du club, veulent que le LHC ne soit plus dans mes mains. Compte tenu du contexte médiatique, la Ligue a ensuite décidé de modifier son règlement dans un souci d’intégrité sportive. Mais je n’ai pas rejoint Lausanne avec le dessein d’arranger des matches. Le sport est devenu tellement compétitif que, si on truquait quoi que ce soit, ça se remarquerait immédiatement, non? J’ai toujours respecté les lois. Fondamentalement, la situation actuelle est d’ailleurs légale. Est-ce que Genève possède le LHC? Non. L’inverse? Non plus.

Comment auriez-vous voulu que les choses se déroulent?

Sans cette action du conseil d’administration, je serais resté dans l’ombre. Et je suis persuadé que le statu quo aurait fonctionné. Qu’on aurait pu trouver des solutions avec les collectivités concernant l’investissement (ndlr: quelque 6 millions) pour les secteurs des loges et de la restauration dans la nouvelle patinoire que le conseil d’administration juge nécessaire. Et puis, ce dont on nous soupçonne n’est qu’un faux problème. Tout le monde en Suisse était au courant de mon implication à Lausanne depuis 2007 et il n’y a jamais eu le moindre souci d’intégrité.

Lorsque je me rendais à Malley, on me présentait aux sponsors et aux VIP comme le propriétaire du club. Je vous assure qu’on ne me demandait pas de «dégager». Jusqu’aux récents événements qui ont provoqué les tensions que l’on connaît. Mais je n’ai rien fait de mal. Mon implication a en revanche permis à la Ligue de composer avec deux organisations financièrement saines après le sauvetage de Ge-Servette puis du LHC.

Quelle était votre ambition en injectant 2,3 millions de francs pour sauver Lausanne en 2007?

Défendre le hockey suisse, romand et genevois. C’est dans l’intérêt de ce sport que la Suisse romande puisse compter sur plusieurs clubs solides dans l’élite. Au niveau national, il est important de rendre la Ligue la plus compétitive et la plus équilibrée – entre les régions – possible. C’est bon pour les spectateurs, les partenaires, les droits TV et le public en général. Aujourd’hui, le hockey romand est fort. Et je suis fier d’y avoir contribué.

Vous n’envisagiez pas un retour sur investissement?

Mon intention n’a jamais été de faire des bénéfices à court terme. Maintenant que je suis poussé à vendre, je vais être attentif à toutes les offres.

Quel a été votre degré d’implication au LHC?

Depuis 2007, je n’ai pas sorti un rond. Dans ce sens, les dirigeants ont fait un excellent travail afin de faire progresser le club à son rythme, tant financièrement que sportivement. Et je tiens à dire qu’ils l’ont fait de façon autonome dans tous les domaines. Je les ai toujours laissés faire avec confiance.

Revenons à notre première question: où en êtes-vous dans votre désengagement de l’actionnariat lausannois?

A l’heure actuelle, six repreneurs potentiels différents ont manifesté un intérêt: quatre Suisses, dont deux Vaudois, et deux Nord-Américains. Nous sommes en train de finaliser le cadre sur lequel les négociations vont débuter, afin que ceux-ci soient informés du contexte.

A quel point est-on proche de la vente du LHC?

On ne vend pas un club du jour au lendemain, d’autant que cette vente-ci est précipitée et qu’elle se déroule dans une atmosphère hostile, où le conseil d’administration n’est pas enthousiasmé par la situation. Il faut laisser aux repreneurs potentiels le temps de maîtriser l’ensemble des éléments. Je fais de mon mieux pour conclure l’affaire au plus vite, dans l’idéal avant le 17 février. Une chose est sûre, cette vente est devenue ma priorité. Et j’étudie minutieusement l’intérêt manifesté par chacun.

C’est-à-dire?

Je veux protéger le club et m’assurer que le hockey romand et suisse reste sain. Je ne vais pas amener un propriétaire douteux ou sulfureux. Je conçois que les collectivités vaudoises, qui investiront considérablement dans la nouvelle patinoire, aient cette crainte. Mais je garantis que ce bel objet n’hébergera pas une organisation qui dérape.

A propos de cette patinoire, êtes-vous finalement aussi d’avis qu’il est fondamental d’injecter ces 6 millions?

Absolument. C’est d’ailleurs la condition numéro un qui est fixée aux potentiels repreneurs. Ce qui est encourageant, c’est qu’ils sont toujours dans la danse, même après avoir été mis au courant de cela. Ils comprennent tous qu’il est nécessaire de maintenir l’équilibre financier du Lausanne HC et que la future patinoire doit lui permettre de franchir un pas important dans son développement.

Quel prix demandez-vous pour la vente du LHC?

Ce que je peux vous dire, c’est que des propositions se font et que je trouverai la solution qui conviendra le mieux. Il faut simplement retenir que Lausanne suscite un intérêt réel, par sa stabilité, son habituel calme, sa forte identité, son projet de nouvelle patinoire et son cadre environnemental notamment. Ce club a beaucoup d’atouts, il est très séduisant pour quelqu’un qui souhaite investir.

Etes-vous prêt à céder la totalité des actions que vous possédez à Lausanne?

Je ne désire pas me prononcer tant que le règlement n’a pas évolué.

Vous pourriez donc rester en qualité qu’actionnaire minoritaire?

C’est une option, si des repreneurs veulent que je les accompagne et que la Ligue l’autorise. La seule certitude que j’ai actuellement, c’est que je dois me désengager majoritairement. Quelqu’un d’autre contrôlera bientôt le club. (24 heures)

Créé: 28.01.2016, 06h58

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