Ville Peltonen: «Un nouvel univers s’est ouvert à moi»

Hockey sur glaceLe Finlandais a dirigé ses premiers matches en tant qu’entraîneur principal du Lausanne HC. Il se confie.

Ville Peltonen, après une longue et impressionnante carrière de joueur, se retrouve à la tête du Lausanne HC pour sa première expérience en tant que coach principal.

Ville Peltonen, après une longue et impressionnante carrière de joueur, se retrouve à la tête du Lausanne HC pour sa première expérience en tant que coach principal. Image: CHANTAL DERVEY

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Dans le lobby d’un grand hôtel de Villars, Ville Peltonen (45 ans) attend sagement le moment de passer sur le gril. L’un de ses assistants passe à côté de lui. «Good luck Ville.» La perspective de faire une interview semble agiter son entourage. Lui est serein et coopère volontiers aux nombreux changements de siège imposés par la photographe. «Celui-ci? Oui ça me va aussi.» On en était au quatrième strapontin et Ville Peltonen ne s’est pas départi de sa bonne humeur.

Là où l’on se serait attendu à trouver un homme taiseux et introverti, l’ancien meilleur joueur du championnat à Lugano se montre au contraire ouvert. Les mots sont tous savamment réfléchis. Alors que la préparation du Lausanne HC vient de débuter, il a accepté de parler de lui, un peu. Et de sa vision du coaching, passionnément.

Ville Peltonen, vous avez gagné partout où vous êtes passé. Donnez-nous votre secret.
Il n’y en a pas. On ne gagne pas du jour au lendemain. Cela peut paraître étonnant, mais il faut être prêt à gagner. C’est un engagement au quotidien qui ne permet aucun jour off. C’est le seul moyen de se donner une chance d’arriver à ses objectifs.

Cela vous paraît rapide d’être déjà dans le costume d’un entraîneur principal à seulement 45 ans?
Tout est allé très vite entre mon début dans le coaching à HIFK en 2014, puis à Berne entre 2016 et 2018. Vous savez, je pars du principe qu’il est difficile de planifier les choses dans ce monde du hockey sur glace. Entre le moment où l’occasion à Lausanne s’est présentée et ma signature, le temps de réflexion était très court. J’ai senti que le club voulait construire quelque chose de bien. Cela fait cinq à six ans que le projet va dans la bonne direction. J’avais envie de m’y associer.

Avez-vous un modèle dans lequel vous puisez votre approche du coaching?
J’ai été très chanceux de pouvoir travailler durant quatre ans avec Kari Jalonen, entre la sélection finlandaise et le CP Berne. J’ai appris beaucoup grâce à lui. Il m’a pris sous son aile et m’a fait progresser. Désormais je dois garder mon esprit ouvert. En tant que joueur, j’apprenais constamment de nouvelles choses. Je pense que ce n’est guère différent lorsque tu es coach. Le hockey évolue sans cesse et il ne faut pas s’endormir.

Cette transition joueur/entraîneur a-t-elle été difficile à effectuer?
Non car c’était très rapidement clair que ce serait la voie que j’allais suivre après ma carrière. Je savais que j’aimais trop le hockey pour arrêter du jour au lendemain. Je ne peux pas parler des cinq premières années de ma vie, mais pour toutes les suivantes, je peux vous assurer que le hockey a été le centre de tout. Le jour où j’ai décidé que la saison 2013-2014 avec HIFK allait être ma dernière, j’avais conscience de ne plus pouvoir progresser. J’ai apprécié cette ultime saison à Helsinki même si le succès sportif n’était pas au rendez-vous. Puis c’était fini. J’y étais préparé car j’avais accompli tout ce que j’avais espéré.

Dans quel état d’esprit avez-vous fait vos premiers pas dans ce nouveau monde du coaching?
Un nouvel univers s’est ouvert à moi alors que j’étais arrivé au bout d’un chemin sur la glace. C’était une sensation fantastique. Comme je suis quelqu’un de passionné, je lis et je m’informe énormément. Mais il y a tellement à découvrir que c’est inspirant.

Vous étiez fréquemment capitaine au cours de votre carrière. Le leadership est-il inné ou acquis, selon vous?
Je suis convaincu que c’est possible de l’acquérir pour une simple et bonne raison: il n’y a pas qu’une seule façon d’être un leader. Un joueur qualifié de suiveur peut tout de même être un leader. Un joueur peut ne rien dire dans le vestiaire mais être un leader par l’exemple sur la glace. De ce point de vue, c’est presque devenu un soulagement d’être coach et non plus joueur et capitaine.

Pourquoi dites-vous cela?
Les leaders d’une équipe doivent l’être tant par les paroles que par les actes. Si tu fais des grandes phrases mais qu’au final tu ne les mets pas en pratique sur la glace, il y a un problème. Maintenant, c’est plus simple. Je dois juste dire les bonnes choses. Les gars dans le vestiaire les concrétiseront. Je rigole, bien sûr. Mais sur le fond, ce n’est pas tout faux.

Pourtant la pression sera assez grande cette saison avec de nouveaux joueurs talentueux comme Grossmann, Kenins ou Bertschy. La craignez-vous?
Pas du tout. Les attentes seront grandes, c’est un fait. Mais nous sommes habitués à gérer la pression au quotidien.

À quoi ressemblera le LHC à la sauce Peltonen? Au joueur flamboyant que vous étiez ou au hockey finlandais réputé rigoureux défensivement?
J’ai une philosophie: l’attaque est la meilleure défense, tandis que la défense est la meilleure attaque. C’est un cercle qui ne s’interrompt jamais. Ce qui différencie les bonnes équipes des autres réside dans la capacité à réguler la fluidité d’une rencontre et ce, des deux côtés de la patinoire. C’est notre objectif. Nous avons une image très précise de ce que devra être le LHC. Mais j’ai besoin de temps pour en parler plus précisément. Une chose est sûre, la vitesse jouera un rôle important. C’est la clé dans cette ligue.

Vous arrivez dans une organisation qui sort d’une saison difficile sans play-off. N’est-ce pas plus aisé pour imposer votre vision?
Non, je ne vois pas les choses ainsi. Les joueurs ne doivent pas porter sur leurs épaules le poids du précédent championnat. C’est une nouvelle équipe avec de nouveaux joueurs, qui se préparent à la saison 2018-2019. La ligue est compétitive et nous ne connaissons pas les résultats à l’avance. Notre niveau de préparation, au quotidien, décidera de notre sort.

Comme vous lors de la finale du championnat du monde 1995, où vous marquez un triplé lors de la finale contre la Suède… en Suède.
On peut dire ça, oui (rires). Ce sont des souvenirs incroyables. Ce premier titre mondial pour la Finlande a tissé de tels liens entre les joueurs. J’ai du plaisir à évoquer cette victoire même si, pour être honnête, je me rends compte que les années passent car cela arrive de moins en moins fréquemment. Donc oui, j’ai du plaisir lorsqu’une personne comme vous vient sur le sujet.

Créé: 16.08.2018, 18h20

Bio express

Ville Peltonen

le 24 mars 1973, à Vantaa (Finlande).

Carrière de joueur

NHL: près de 400 matches (avec San Jose, Nashville et Florida).
3 titres nationaux:
Jokerit en 2002, Lugano en 2006 et HIFK Helsinki en 2011.
Avec la Finlande
4 tournois olympiques:
1994-1998-2006-2010 (1 médaille d’argent et 2 médailles de bronze).
13 championnats du monde: entre 1994 et 2008 (1 titre mondial en 1995, 4 médailles d’argent et 3 de bronze).

Carrière de coach
Assistant de Kari Jalonen à la tête de la sélection finlandaise (de 2014 à 2016) puis du CP Berne (de 2016 à 2018).

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