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A Londres, dans un stade sacrificiel, Bolt n’est pas parti à la retraite en flèche

Les Mondiaux n’ont pas fait de cadeau d’adieux au sprinter jamaïcain, fauché par une crampe.

Pendant qu’Usain Bolt et Mo Farah grimacent, les relayeuses suisses n’en finissent pas d’avoir le sourire.
Pendant qu’Usain Bolt et Mo Farah grimacent, les relayeuses suisses n’en finissent pas d’avoir le sourire.

Certains diront qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. Un champion caricatural. Un monstre sacré qui, par fatuité, désirait encore une fois émerveiller le monde. Ou, plus trivialement, épater la galerie. Samedi, sur la piste olympique qui l’avait anobli cinq ans plus tôt, le génial Usain Bolt a fait son dernier numéro. Quelques pitreries avant d’entrer sur scène, des mimiques qui ont fait le personnage tandis que l’athlète surdoué créait le mythe. Et puis, en pleine action, un rictus et son grand corps qui se désarticule, s’écroule et s’immobilise, face contre terre.

Le Jamaïcain fêtard et mangeur de nuggets s’imaginait-il indestructible comme ces superhéros de cinéma? Une banale crampe l’a foudroyé dans sa course désespérée, alors que les relayeurs britanniques lui volaient l’amour du public. Un comble pour le Zeus du sprint! Imbattable en grand championnat, il ne l’aura pas été. Irremplaçable, il le sera. L’octuple champion olympique avait fait de ces Mondiaux le théâtre grandiose de ses adieux. Il les souhaitait en or pour compléter sa collection de onze titres mondiaux. En coulisses, en régisseuse dévouée, l’IAAF tirait les ficelles. Mais c’est un tout autre scénario qui s’est produit. Le sombre crépuscule d’un dieu du stade, pris de vitesse par un paria, le conspué Justin Gatlin, puis foudroyé par un destin injuste.

Dans ce stade tout à la fois cérémoniel et sacrificiel, un autre géant couvert d’or a buté sur la dernière marche. Dominateur une semaine plus tôt sur 10'000 mètres, Mo Farah (2e) est tombé dans un véritable guet-apens sur 5000. Prisonnier de la tenaille éthiopienne, puis pris à la gorge par Muktar Edris, le Britannique a cédé dans un final où d’ordinaire il se montre irrésistible.

Magnifique Diniz

De fait, Londres n’a pas fait de cadeau aux superstars en partance ou en approche. L’échec de Wayde van Niekerk sur 200 m laisse ouverte l’hypothétique succession de Bolt. Battue sur 5000 m après son cavalier seul sur 10'000 m, Almaz Ayana reste une championne évanescante. Trop de railleries et d’intolérance cernent la course mastarde de Caster Semenya, implacable sur 800 m. Mais pourquoi d’ailleurs vouloir à tout prix placer les champions sur un piédestal quand leur prouesse et leur courage suffisent à les distinguer? Hier, du côté de Buckingham Palace, le marcheur français Yohann Diniz, en perdition il y a un an à Rio, a mérité tous les honneurs en survolant l’épreuve de 50 km.

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Ces champions ont aussi fait l’histoire des Mondiaux, sans faire de foin

Le Zébulon de l’athlétisme français a fait sensation en remportant, presqu’à son insu, le 800 m. Mais il a surtout fait le buzz avec ses interviews déjantées. Créateur d’un site de rencontre, fan de mangas, de son chat et de Jean-Luc Mélenchon, le Nantais sait que cette notoriété tonitruante risque de lui jouer des tours. «La suite me fait peur. Je fanfaronne, mais dans la vraie vie j’aime bien mon petit confort», a-t-il reconnu.

Les blondes, aussi, ne comptent pas pour des prunes. Même sur 3000 m steeple, la chasse gardée des pisteuses africaines. Avant qu’Emma Coburn ne triomphe devant sa compatriote Courtney Frerichs, c’est la Kényane Beatrice Chepkoech qui s’était illustrée en s’égarant sur le chemin de la rivière. L’Américaine, diplômée en marketing et business, en a fait son affaire. Le secret de son ventre plat? Les glucides!

Un Turc d’origine azérie qui vole la vedette à Wayde van Niekerk et Isaac Makwala, c’est le monde à l’envers! La nouvelle star en a pris pour son grade et le décrété malade, au bout du rouleau, l’est devenu pour de bon. Quant à l’inattendu Guliyev, naturalisé en 2011 pour 200'000 dollars, il exhibe ses tatouages et un modeste chrono — le plus lent depuis 2003 — que l’on veut bien imaginer au-dessus de tout soupçon!

Ce jeune costaud de 21 ans, forgé à l’école du décathlon, est un Viking, pas de doute. Avant de coiffer son casque à cornes, il a mis à sac cette épreuve que l’on dit «tueuse d’hommes». Personne ne lui a résisté, surtout pas Kariem Hussein, le pharaon de Thurgovie. Cela fait depuis trente ans (et le titre d’Ingrid Kristiansen sur 10 000 m) que la Norvège espérait un nouveau héros. En Suisse, le successeur d’André Bucher est attendu depuis 2001.

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