Lorik Cana privé de dessert à Marseille

Euro 2016Expulsé samedi à Lens, l'ex-joueur lausannois ne pourra pas affronter la France mercredi avec l'Albanie. Il est convaincu que ses coéquipiers sont capables d'un bon résultat sur la Cannebière.

Lorik Cana lors de la conférence de presse d'avant-match contre la Suisse.

Lorik Cana lors de la conférence de presse d'avant-match contre la Suisse. Image: Keystone

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Il se réjouissait tellement d’affronter la France, mercredi prochain à Marseille, qu’il en avait forcément gros sur la patate. Peut-être même qu’une fois qu’il a rejoint les vestiaires, à 15h38, le capitaine de l’Albanie a fondu en larmes. C’est même probable.

Pour un tacle trop appuyé sur Dzemaili (23e) puis une main volontaire devant Seferovic (36e), Lorik Cana va rater ses retrouvailles avec le Vélodrome. «Au départ, je ne savais pas de quel côté l’arbitre allait siffler et quand je me suis aperçu que c’était pour «eux», j’ai compris que c’était le deuxième, que c’était fini pour moi...»

Non seulement il a laissé ses coéquipiers évoluer sans lui, à dix durant une heure, mais en plus cela l’empêchera de disputer ce match sur la Cannebière, là où il a évolué de 2005 à 2009, là où il a tant d’amis, tant de souvenirs. Mais que s’est-il passé lors cette fatidique 37e minute?

«On est au duel avec Seferovic, explique-t-il. Je sens qu’il me pousse un peu, je glisse, je tombe, je vois que je suis encore en dehors de la surface. J’essaie de jouer le ballon de la tête, mais je suis trop court, je ne veux pas le laisser tout seul face au gardien alors que je risque ça (la main). Je tente alors de mettre l’épaule, la tête, mais je touche de la main!» Ses coéquipiers ne lui en voudront pas, il s’est sacrifié pour l’équipe. «J’ai voulu éviter le pénalty tout en espérant qu’il siffle pour nous, renchérit Cana. Et forcément que cela donne bien des regrets pour moi, pour tout le monde, soupire le capitaine. Car à onze contre onze cela aurait été différent même si les gars sont restés concentrés jusqu’au bout.» Ils n’ont d'ailleurs pas été loin d’égaliser, si Gashi (89e) n’avait pas buté sur Yann Sommer. «C’est frustrant, poursuit l’ancien Lausannois, mais dans cette nouvelle formule on aura notre chance jusqu’au bout et on va la jouer à fond!»

Prochain match, on l’a dit, mercredi dans la cité phocéenne. «Alors oui, j’admets que j’y ai pensé parce que c’est l’équipe de France et Marseille, regrette Lorik. Mais voilà, cela fait partie du foot.» Quand il dit ça, il y a des trémolos dans la voix et une boule à l’estomac. «Maintenant, j’aurais préféré être sur le terrain mais ma tâche sera d’aider l’équipe dans sa préparation, pour aller chercher un bon résultat.»

Lorik, n’avez-vous pas le sentiment que dans ce groupe A, la hiérarchie peut encore être bousculée?

Si on avait au moins obtenu le match nul, cela aurait encore plus ouvert les choses. Je pense qu’à la fin on aurait mérité au moins un point. Maintenant, peut-être, mais c’est sûr que tout est possible. Il faut qu’on essaie de gommer nos inattentions sur les coups de pied arrêtés puis qu’on essaie d’avoir au moins un match nul contre l’équipe de France. Et si on y parvient, on aura notre destin dans nos mains avant de jouer contre les Roumains lors du dernier match.

Sur ce que vous avez vu à Lens, quelle impression vous a-t-elle fait la France?

Je pense que ce n’était facile. Eux, comme nous, sont rentrés crispés dans le match. Il y a pas mal de jeunes joueurs qui n’ont pas fait la Coupe du monde il y a deux ans. Il y a une telle pression de jouer cette compétition à la maison que cela les a crispés au début. Or, petit à petit, ils sont revenus dans le match. Cela reste une grande équipe et la chance sourit aux grandes équipes...

La crispation de jouer à la maison? C’est ce qui vous est arrivé aussi, non?

C’est vrai, on avait un stade acquis à notre cause. Cela nous a peut-être mis un peu de crispation au début, cela nous arrive souvent, même les rencontres à l’extérieur on les joue toujours à la maison! C’est beau d’avoir un tel public, on est chanceux et fier de pouvoir compter sur eux. C’est pour eux encore qu’on joue et qu’on continuera de le faire jusqu’au dernier match.

De quelle manière comptez-vous aider vos coéquipiers en étant suspendu?

Les mots, c’est le coach qui les trouvera, moi j’essaie tout simplement d’être quelqu’un qui veut faire passer un message et essayer de bien analyser le match. Il s’agira de gommer les déceptions et garder ce qui a bien fonctionné. On a vu samedi une équipe d’Albanie largement au niveau de son adversaire, avec peut-être moins de qualité technique, mais bien organisée qui a joué le coup à fond...

Créé: 13.06.2016, 08h30

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