Des ultras du LHC sont-ils à l’origine des débordements?

FootballSelon la police, la possibilité existe que des supporters externes au LS soient impliqués dans les incidents de dimanche à la Pontaise.

Treize de la vingtaine d'ultras présents à la Pontaise dimanche ont pu être interpellés par les forces de l'ordre vaudoises.

Treize de la vingtaine d'ultras présents à la Pontaise dimanche ont pu être interpellés par les forces de l'ordre vaudoises. Image: Keystone

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Pour le Lausanne-Sport, la journée ayant suivi la relégation en Challenge League a été mouvementée. Pas sur le terrain, mais en coulisses. Réuni lundi après-midi, le conseil d’administration du LS a abordé de nombreux points. Dont, bien entendu, celui lié aux débordements d’une vingtaine de ses «supporters», lesquels ont incité l’arbitre à mettre un terme anticipé au match contre Thoune, dimanche. «La seule chose que je peux vous dire, c’est que nous allons organiser au plus vite un débriefing avec la police et la sécurité du stade pour déterminer ce qu’il s’est passé», expliquait Stefan Nellen, vice-président du club.

La police vaudoise a communiqué avoir procédé à treize interpellations. «Douze sont des ultras lausannois – âgés de 20 à 42 ans et tous domiciliés dans le canton – et un est Bernois, précise Florence Maillard, la porte-parole. En revanche nous ne pouvons pas vous donner davantage de précisions, ni sur l’identité de ces personnes ni sur leurs éventuels antécédents judiciaires. Comme, par exemple, une interdiction de périmètre et de stade au moment des faits de l’un ou l’autre des ultras interpellés.»

Quant à cette rumeur persistante voulant que des hooligans du Lausanne Hockey Club soient non seulement impliqués mais à l’origine de cette action violente contre leurs homologues thounois, Florence Maillard ne peut «ni la confirmer ni l’infirmer. Cela dit, nous savons par expérience qu’à certaines occasions les supporters de différents clubs nouent des alliances entre eux. Cette hypothèse n’est donc a priori pas totalement infondée.»

La sécurité botte en touche

Reste le problème de la sécurité à l’intérieur du stade. Comment une vingtaine d’énergumènes seulement peut-elle obliger un arbitre à arrêter définitivement un match? «Je ne peux pas vous répondre, avoue la porte-parole de la police vaudoise. Cette responsabilité appartient aux clubs.» Donc à leur service de sécurité, que dirige Sébastien Kraft. «Ce qui s’est terminé au stade avait commencé bien plus tôt dans la journée, explique celui-ci. Nous n’avons pas encore toutes les données. Il y a des heures d’images de vidéo surveillance à passer au crible avant de pouvoir livrer une analyse plus précise. Nous aurons dans les prochains jours une séance avec nos partenaires sécurité et les forces de police, afin d’échanger toutes les informations en notre possession. Cela dit, on peut en effet supposer qu’il y avait, outre des supporters du LS, des «pièces rapportées» parmi les fauteurs de troubles.»

Seules certitudes aujourd’hui, l’enquête prendra du temps et des sanctions sévères seront ensuite prises contre ces hooligans que personne ne veut revoir autour des terrains. «Mais l’identité de ces personnes et les sanctions infligées ne seront pas communiquées publiquement», précise Florence Maillard.

Ce souci de totale intolérance est aussi partagé pleinement par Claudius Schäfer. «J’étais en train de patienter dans le tunnel du Stade de Suisse avant de remettre la coupe et les médailles aux joueurs d’YB lorsque j’ai vu les images de la Pontaise, raconte le CEO de la Swiss Football League. Et je dois avouer avoir été choqué de constater qu’une vingtaine de personnes peut faire arrêter un match. Le problème n’est pas propre à la Suisse, comme on a encore pu le constater ce week-end à Hambourg, mais il faut tout faire pour l’éradiquer. Comment? En continuant, comme on le fait depuis quelque temps déjà, à travailler conjointement entre les clubs, la Ligue, la police, la sécurité et les supporters eux-mêmes. Jusqu’à dimanche, les choses se passaient plutôt bien puisque nous vivions une saison très tranquille dans les stades.»

De l’amende au huis clos

Autre motif d’interrogation: les sanctions qui toucheront le LS. Si la défaite par forfait (3-0) est acquise, elle ne constituera assurément pas la seule peine à l’encontre du club de la Pontaise. «Il est trop tôt pour évoquer cela, coupe Claudius Schäfer. De toute manière, il appartiendra à la Commission de discipline de la SFL de statuer. Dans un cas assez similaire qui s’était déroulé en 2011 lors d’un derby entre Zurich et GC, la commission avait décidé de fermer pour un match le secteur des supporters du FCZ, responsables des heurts. Mais ce n’est qu’un exemple et il n’est pas certain du tout que la sanction contre du LS soit identique.»

Pour ce type de cas, la punition peut aller d’une simple amende – pouvant se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de francs – à l’obligation de disputer un ou deux matches à huis clos. En passant, comme à Zurich, par la fermeture d’un secteur précis du stade. (nxp)

Créé: 14.05.2018, 19h14

«Réaction lente» pour un match classé rouge

Même si les débordements constatés dimanche à la Pontaise pourraient laisser croire le contraire, la sécurité n’est jamais négligée dans les stades de Swiss Football League (SFL). Elle répond même à un catalogue de mesures précises, évaluées semaine après semaine et match après match par les responsables désignés dans chaque club, en collaboration avec la police. Ainsi, selon nos informations, la rencontre entre Lausanne et Thoune n’était pas classée verte ou jaune, selon la codification routière en vigueur, mais rouge, autrement dit susceptible d’occasionner des problèmes… de trafic.

Il existe en effet des antécédents entre les groupes de supporters – appelons les ainsi, pour rester poli – de ces deux clubs. Pour différentes raisons, dont la dernière remonte au match Thoune - LS du 19 août 2017 dans l’Oberland (5-2). Sur le chemin du retour, le bus des Vaudois – ceux-ci ne s’étaient pas très bien conduits dans le stade – avait été arrêté par la police et chacun des occupants avait été minutieusement contrôlé. Alors, dimanche, dans le mélange des gens regroupés dans le bloc N, de vilaines idées sont nées en cours de partie…
«Le club est responsable de ce qui se passe à l’intérieur du stade, qui est une zone privée. Le reste est sous la responsabilité des polices municipale et cantonale. Mais l’une des difficultés d’une enceinte comme la Pontaise, c’est par exemple l’anneau, autrement dit le tour du stade, à l’extérieur, plus compliqué à contrôler», indique Christian Baillif, qui a longtemps représenté le LS (celui de l’ancienne direction) auprès de la SFL. Dimanche, il était présent dans la tribune opposée, en tant que simple spectateur. Son impression? «Celle d’avoir assisté à une réaction lente», témoigne-t-il, avant d’ajouter: «Mais il faudrait connaître les détails du dispositif prévu.»

De leur côté, même s’ils sont en quelque sorte les «locataires» principaux du fameux bloc N, les membres du BWFK ne souhaitent pas réagir. «Ce n’est pas pour minimiser ce qui est arrivé, assure son responsable, Keyvan Moghaddam. Mais nous préférons ne pas communiquer pour l’instant afin de laisser retomber la pression et de causer le moins de tort possible au club et à son entourage.»

Le LS est le deuxième meilleur relégué de l’histoire

Les chiffres ne disent pas tout mais ils donnent des indications intéressantes. Après une relégation administrative en Challenge League en 2002 – suivie d’une faillite, un an plus tard, qui obligera le club à repartir de 2e ligue inter – le LS a subi dimanche la deuxième relégation sportive de son histoire, après celle de 2014. Avec un total de 32 points avant un dernier rendez-vous à Saint-Gall, les Lausannois sont pourtant tout à fait en ligne avec les résultats obtenus lors des trois saisons au terme desquelles ils avaient assuré leur maintien au sein de l’élite. En 2012, pour ce qui était son premier exercice après dix ans d’absence en Super League, le LS avait terminé au 7e rang avec 30 points. En 34 matches seulement puisque Xamax n’avait pas pris part à la seconde moitié de la saison. Sans oublier que le FC Sion avait, lui, été pénalisé de 36 unités.

La saison suivante, Lausanne concluait son deuxième exercice à la 9e place grâce aux 33 points engrangés, dont trois à l’occasion d’un succès décisif à la Pontaise contre Servette lors de l’avant-dernière journée. Un avertissement vain puisque, douze mois plus tard, le LS quittait l’élite avec 24 points seulement. L’an passé enfin, le néo-promu concluait son périple avec 35 unités qui lui valaient un 9e rang. Contre 30 à Vaduz.

Même si le raccourci ne signifie pas grand-chose, les 32 points actuels auraient donc normalement dû permettre au LS de se sauver. Mieux encore. Depuis la création de la Super League, en 2003, seul un relégué, le FC Zurich en 2016, avait comptabilisé davantage de points que ce LS (34). Mais la maigre «satisfaction» d’être le deuxième meilleur relégué de l’histoire de la Super League s’arrête là. Ne dit-on pas que les résultats acquis lors d’une deuxième phase sont la base de travail sur laquelle s’appuie un club pour préparer la saison suivante? Dans ce cas, les dirigeants de la Pontaise ont énormément de soucis à se faire. Avec seulement 7 points glanés depuis février, dont plus de la moitié de façon assez chanceuse, le LS propose le pire bilan partiel de SL. Très loin, par exemple, derrière le total de 17 points qu’il avait accumulé lors de sa relégation, en 2014.

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