«Le LS n’assume pas encore son rôle de favori»

FootballMalgré un 1er tour décevant, Pablo Iglesias explique pourquoi il continue de croire à la promotion en Super League.

Pour Pablo Iglesias, le traumatisme causé par la relégation trotte encore dans la tête des joueurs.

Pour Pablo Iglesias, le traumatisme causé par la relégation trotte encore dans la tête des joueurs. Image: PATRICK MARTIN

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Le très ambitieux Lausanne-Sport a bouclé son 1er tour à la 2e place, derrière le surprenant, mais modeste, FC Wil. Plus que le fait de ne pas voir le grandissime favori dominer cette Challenge League, c’est la manière qui déçoit. Avec une seule victoire par plus d’un but d’écart, le LS a souffert à chacune de ses sorties. Malgré un effectif du niveau de la Super League. Mais le plus inquiétant aujourd’hui est de constater que l’équipe ne progresse pas collectivement. Des errements que Pablo Iglesias, le directeur sportif, admet avoir lui-même constatés mais qui ne l’inquiètent pas. Pour le moment tout du moins.

Quelle note donnez-vous au LS sur ce 1er tour?

7! Même s’il nous en manque quatre – ceux égarés contre Wil et Kriens – nous respectons globalement notre feuille de route en termes de points. Pour ce qui concerne la manière, elle n’est pas encore à la hauteur de nos attentes. Mais il ne faut pas oublier que le groupe définitif actuel ne travaille ensemble que depuis un bon mois seulement. Laissons donc du temps à Giorgio Contini et à son staff avant de tirer un premier bilan.

Pourquoi est-ce que ces progrès tardent autant avec cet effectif de qualité?

Sans manquer de respect à qui que ce soit, sur le plan individuel, il est évident que nous sommes, avec Servette et Aarau, au-dessus de nos adversaires. Mais il y a un facteur – que j’avais peut-être moi-même un peu sous-estimé – qui freine encore notre progression: le traumatisme causé par cette relégation dans la tête des joueurs.

C’est-à-dire?

Ils se savent responsables de ce qui est arrivé ce printemps et en gardent un sentiment de culpabilité important. Du coup, les joueurs se mettent une pression négative sur les épaules en se disant qu’ils n’ont plus de droit à l’erreur. Chez les jeunes, ce sentiment néfaste est encore plus latent. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi seul le FC Zurich a, ces dernières années, réussi à rebondir immédiatement. Et encore, comme me le faisait remarquer Uli Forte, il a eu le gros avantage de jouer la Ligue Europa alors que son équipe luttait pour remonter.

Pourquoi était-ce un avantage?

Parce que, grâce aux matches européens, ils ont pu garder un rythme de jeu différent. Et, croyez-moi, conserver ce rythme supérieur est la clé du succès pour nous. Mais aussi la chose la plus difficile à faire. Car, si l’on excepte notre confrontation contre Servette, nos adversaires n’ont jamais pris l’initiative. Nous sommes seuls à dicter le rythme. D’où le risque important de caler sur la longueur.

À vous entendre, le costume de favori est alors trop grand pour le LS.

Je ne sais pas. Aussi loin que remonte ma mémoire, très rares ont été les saisons que le LS a abordées en tant que favori. Dans notre région, on aime être dans la peau du petit. Si on se plante, ce n’est pas trop grave, et si on réussit, c’est un petit exploit. On n’arrive pas encore à assumer ce rôle.

Que faut-il maintenant pour que ce projet collectif décolle?

Il est nécessaire que nos principaux atouts offensifs montent en puissance. Je fais, entre autres, allusion à Kukuruzovic et Margiotta, deux hommes capables de faire la différence mais sur lesquels le coach ne peut compter que depuis un mois seulement. «Kuki» vient juste de débarquer dans un environnement tout nouveau pour lui et Margiotta a manqué les deux premiers mois de compétition en raison de blessures. Sans oublier qu’il a été tiraillé tout l’été par cette éventualité de quitter le club. Ce ne sont pas des excuses mais des explications.

Et Contini, porte-t-il une part de responsabilité sur ce médiocre 1er tour?

Juger aujourd’hui la qualité de son travail n’est pas d’actualité, mais ce que je remarque, c’est qu’il a déjà donné une excellente assise défensive au LS. Pour ce qui concerne le jeu, chaque entraîneur a son style, sa philosophie. Réussir à l’inculquer à ses joueurs requiert davantage que trois mois. Ce que je trouve en revanche très positif, ce sont ces signaux clairs que Contini a adressés aux titulaires contre Wil. Avec lui, l’âge, le nom ou l’expérience ne sont pas synonymes de passe-droits. L’équipe et les résultats passent avant l’intérêt individuel.

Malgré les grosses difficultés que rencontre le LS, on vous sent quand même très optimiste pour la suite. Pourquoi?

Je comprends la déception des gens car l’attente est très grande. On aimerait tous voir le LS gagner ses matches avec deux ou trois buts d’écart, en jouant bien au foot et en ayant une majorité de jeunes sur le terrain. Mais ce tableau idéal est une utopie. L’objectif reste de monter et je crois que tout le monde a désormais compris que nous n’y arriverons que collectivement. J’ajouterai que nous avons tout pour réussir. Lors du match de Coupe contre Sion, Kasami me disait même à la mi-temps que, sur le papier, le LS était supérieur à la moitié des équipes de Super League. Mais il ne comprenait pas que, sur le terrain, nous ne parvenions pas à nous faire quatre passes de suite. Ce jour-là, je ne pouvais pas lui donner tort.

Cette élimination vous reste-t-elle encore en travers de la gorge?

Oui et je suis toujours à la fois très déçu et fâché par notre prestation. Nous avons raté l’occasion de prolonger un peu une belle aventure et de nous confronter encore une fois à une équipe de Super League afin de pouvoir mieux mesurer nos progrès. C’est d’autant plus regrettable que nous avons montré, après la pause, que la qualification était à notre portée.

Pour terminer sur une note positive, je vous dirai que tout va bien puisque le LS compte déjà quatre points d’avance sur Servette et douze sur Aarau, vos deux seuls concurrents…

Non, c’est encore insuffisant à bien des égards. Tout se jouera dès le mois de février. Jusque-là, il appartiendra à chacun de démontrer, par les faits, qu’il mérite de poursuivre l’aventure au LS, l’an prochain. En décembre, après avoir fait le bilan de cette première partie de championnat, nous apporterons les changements nécessaires durant le mercato hivernal. Mais je suis convaincu que la très grande majorité des joueurs seront les mêmes pour aborder cette dernière et cruciale ligne droite.

(24 heures)

Créé: 06.10.2018, 09h05

Avant-match

Périple Parce que le coup d’envoi est fixé à 14 h 30 dimanche et parce que Chiasso n’est pas la porte à côté, le Lausanne-Sport prendra la route samedi, après l’entraînement du matin et le repas de midi. La délégation passera la nuit à Chiasso même. L’excuse des jambes lourdes ne tiendra pas.
Infirmerie Jérémy Manière, Yeltsin Tejeda et Noah Loosli sont blessés. «Sinon, tout le monde est en forme», constate l’entraîneur Giorgio Contini, qui ne déplore aucun suspendu.
Vision Dans la vie, tout est question de regard. Giorgio Contini ne veut surtout pas voir deux nouveaux points de perdus dans le 2-2 de samedi passé contre Wil. Le coach préfère retenir la manière, la matière qui prend forme. Et considérer ce match comme un tremplin: «Notre performance doit donner confiance à l’équipe. Nous allons à Chiasso pour terminer ce que nous avons commencé, prendre trois points, dans une organisation offensive.» S.M.

Challenge League

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