Selon la Ville, le stade de la Tuilière ne sera pas fini avant 2020

LausanneLes modifications voulues par Ineos retarderont l’inauguration de la Tuilière de six mois selon la Municipalité. Le président du LS la croit toujours possible en 2019.

Au nord de Lausanne, le chantier du futur stade de la Tuilière est freiné par les demandes formulées par Ineos.

Au nord de Lausanne, le chantier du futur stade de la Tuilière est freiné par les demandes formulées par Ineos. Image: FLORIAN CELLA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Sur le terrain, le Lausanne-Sport lutte pour éviter la relégation. En coulisses, la prise de pouvoir d’Ineos est aussi plus laborieuse que prévu. Le nouveau propriétaire, arrivé fin 2017 à la tête du club, a soumis une multitude de modifications pour le futur stade lausannois de la Tuilière. Des souhaits qui repousseront l’inauguration de l’arène, initialement prévue en juillet 2019.

«D’après les premières données, nous n’arriverons pas à commencer le championnat 2019-2020 dans le nouveau stade, reconnaît Oscar Tosato, municipal des Sports. La dérogation pour l’utilisation de la Pontaise restera de toute manière en vigueur dans l’attente de l’ouverture de la Tuilière. Quand est-ce que l’inauguration aura lieu? Aujourd’hui, personne ne peut donner de date précise. On peut estimer que le délai pourrait être de six mois.» Cela signifie que le stade ne serait prêt qu’en janvier 2020. L’inauguration coïnciderait ainsi avec la reprise du championnat, début février.

Le président du LS, David Thompson, se montre lui plus optimiste. Joint par téléphone en Chine avant qu’il n’embarque dans un avion, le patron d’Ineos Europe estime que le stade pourrait être inauguré dans les temps: «Les entreprises de construction donnent toujours des délais plus longs pour être certains de les respecter. Nous travaillons fort pour avancer rapidement. La Tuilière sera prête le plus tôt possible. J’espère que ce sera pour juillet 2019.»

Une chose est acquise, le chantier prend actuellement du retard. Comme l’avait révélé «24 heures» fin janvier, la multinationale britannique a soumis une série de requêtes concernant l’aménagement du futur écrin du Lausanne-Sport. Des désirs qui ont obligé la Ville à rouvrir un dossier qui avait été bouclé avec les anciens dirigeants du LS.

Surcoûts de 15 millions

La première mesure évoquée concernait le retour à une pelouse en gazon naturelle – aux dépens du synthétique. Plus adéquat pour la pratique du football, ce choix amène des problèmes structurels supplémentaires. Dans les faits, les demandes d’Ineos touchent tous les domaines: de l’éclairage LED du terrain à la réorganisation des zones VIP et administrative, en passant par l’agrandissement des vestiaires de la première équipe. «Nous avons travaillé main dans la main avec Ineos, explique Oscar Tosato. Les nouveaux propriétaires ont voulu augmenter la fonctionnalité des infrastructures. Les améliorations proposées avaient souvent déjà été évoquées par les concepteurs, avant d’être abandonnées faute de moyens.»

Certaines de ces propositions ont été jugées irréalisables par les services de la Ville et les architectes lors d’une étude de faisabilité. Mais la plupart des idées ont été acceptées par la Municipalité. Les désirs d’Ineos n’impacteront pas uniquement les délais de livraison. Ces modifications auront un coût. Celui-ci est estimé entre 12 et 15 millions de francs. Un montant qui représente entre 15% et 20% du prix initial du stade (76,6 millions).

«Il a été convenu dès le départ qu’Ineos prendrait entièrement à sa charge le coût de toutes les modifications et des différentes études de faisabilité, poursuit Oscar Tosato. Le coût du stade pour la Ville de Lausanne restera le même. On s’assure désormais, dans les négociations en cours, que ces modifications soient bien financées sur le long terme, notamment si Ineos devait se retirer un jour. Lausanne n’aura aucunement à assumer ce coût, aujourd’hui ou dans le futur.»

Ces discussions autour du stade avaient provoqué des remous au Conseil communal de Lausanne fin janvier. La Municipalité a alors demandé un avis de droit sur le sujet. «Nous n’aurons pas besoin de procéder à un nouveau vote, explique Oscar Tosato. La loi sur les communes est tout à fait claire. Il est de la compétence de la Municipalité de régler ces questions d’ordre technique.» Une décision qui suscite de fortes réactions dans le milieu politique lausannois (voir encadré ci-dessous).

«Une nouvelle dimension»

La construction d’un espace de stockage important devrait pourtant alimenter un vif débat. Cette zone serait située en sous-sol, entre le stade et le futur parking. «Le plan d’affectation le permet, précise Oscar Tosato. Cela libérerait des espaces à l’intérieur du stade en lui-même. La réalisation de cette zone déboucherait sur une nouvelle mise à l’enquête et une demande de permis de construire. Les modalités de financement de cette annexe ne sont pas encore décidées.»

Cette implication importante d’Ineos dans les plans du futur stade, tout comme les moyens investis, démontre de nouveau l’ambition de la multinationale basée à Rolle. «On est passé dans une autre dimension, résume le municipal des Sports. Le stade n’a plus seulement une visée régionale et nationale. Sans évoquer la capacité de spectateurs (Ndlr: qui restera à 12'000 places), la Tuilière fera partie des plus grands stades d’Europe en termes de qualité d’accueil.»

Des discussions sont encore en cours entre Ineos et la Municipalité. Concernant notamment les conventions pour l’exploitation et l’entretien de la Tuilière par le LS. Oscar Tosato et David Thompson se retrouvent sur un point: un accord final doit être trouvé d’ici à la fin mai. (24 heures)

Créé: 24.04.2018, 20h09

Un passage en force dénoncé

«Le processus démocratique est biaisé.» À l’instar du PLR Xavier de Haller, des voix s’élèvent pour réclamer un débat devant le Conseil communal sur les changements annoncés à la Tuilière. La Municipalité compte passer outre (voir ci-contre). «Il est regrettable que l’Exécutif n’ait pas le courage de passer devant le plénum, poursuit de Haller. Si cette décision est peut-être acceptable sur le plan légal, elle est discutable sur le plan politique et intellectuel.»
En mars 2017, les conseillers communaux avaient débloqué le crédit d’investissement de 76,6 millions pour la construction de la Tuilière. Un vote qui avait été soutenu au-delà des clivages politiques (65 oui, 8 non et 8 abstentions). «Les débats avaient été menés avec consensus, explique Xavier Company (Les Verts). Les décisions prises par la Municipalité ne laissent aucune place à la discussion.»
Le changement de la pelouse symbolise la divergence entre les deux pouvoirs de la Ville. Au Conseil communal, Les Verts avaient accepté l’installation d’un système de chauffage, à condition qu’il ne soit utilisé que pour les matches internationaux. Le recours régulier au chauffage durant l’hiver semble désormais plus que probable avec une surface de jeu en gazon (et non plus en synthétique). «Ces modifications répondent à des intérêts privés, en l’occurrence ceux d’Ineos, résume Xavier Company. Ce stade a pourtant été construit pour l’intérêt public.»
En rouvrant le dossier de la Tuilière pour répondre aux exigences des nouveaux propriétaires du LS, la Ville a ravivé le brasier politique.

Articles en relation

Les désirs d’Ineos irritent les élus lausannois

Football La liste des modifications pour la Tuilière est telle que les partis aimeraient avoir leur mot à dire. Ils seront «informés». Plus...

Ineos a demandé du changement au nouveau stade de la Tuilière

Football Une étude est en cours pour modifier la structure du site, alors que tout était bouclé. La Ville de Lausanne va devoir se prononcer. Plus...

Super Coupe

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Un chien accompagne une pasteure dans les EMS, paru le 23 mai 2018
Plus...