«Il m’a fallu deux jours au LS pour me sentir chez moi»

FootballEn tête du classement des buteurs de CL avec 16 réussites, Aldin Turkes n’a que la promotion en tête.

Aldin Turkes est certain d’avoir fait le meilleur choix possible en rejoignant le Lausanne-Sport en juin dernier.

Aldin Turkes est certain d’avoir fait le meilleur choix possible en rejoignant le Lausanne-Sport en juin dernier. Image: FLORIAN CELLA

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Mardi, dans les entrailles de la Pontaise. L’entretien touche à sa fin et Aldin Turkes s’apprête à regagner le vestiaire lausannois afin de se préparer pour l’entraînement. Le meilleur buteur de Challenge League croise alors Andi Zeqiri, son coéquipier mais aussi son dauphin dans ce classement spécifique. L’accolade entre les deux «rivaux» est chaleureuse, presque fraternelle.

La veille, à Berne, ils avaient passé leur soirée ensemble – avec quelques autres Lausannois – et Zeqiri y avait reçu le trophée de meilleur joueur de l’année 2019 en Challenge League. Une récompense qu’Aldin Turkes aurait tout autant méritée que son compère, lui qui avait été sacré roi des buteurs de la catégorie avec le relégué Rapperswil la saison passée avant d’affoler les statistiques avec le LausanneSport (16 buts en 18 matches de championnat).

Période de disette

Mais l’envie et la jalousie ne font pas partie du vocabulaire du Bosnien au passeport suisse. Quelques minutes plus tôt, alors qu’on l’interrogeait sur ce palmarès, aucune frustration n’était d’ailleurs palpable. «Je suis très content pour Andi qui mérite son prix. Entre nous, il n’y pas la moindre rivalité. Que ce soit sur le terrain ou en dehors. La seule chose qui compte pour nous, c’est que le LS gagne et rejoigne la Super League en mai. Peu importe l’identité du buteur. S’il faut trouver quelque chose, je dirai qu’il existe entre nous deux une saine émulation qui nous pousse à chercher à toujours mieux faire. Pour le bien collectif d’abord.»

Une bonne habitude que les deux serial buteurs de la Pontaise n’ont apparemment pas perdue durant la pause de Noël puisqu’ils ont tous deux déjà trouvé l’ouverture lors des matches de préparation. «C’est vrai, sourit Aldin Turkes, marquer, même en match amical, est toujours très bon pour la confiance d’un attaquant. C’est notre façon de contribuer au succès de notre équipe. Mais, je vous l’assure, ce n’est de loin pas une obsession pour moi.»

«Je savais que le travail allait finir par payer»

Heureusement car les débuts de Turkes (bientôt 24 ans) dans le vrai monde, celui des pros, n’a pas été tout simple. Après avoir fait trembler avec une régularité de métronome les filets adverses dans ses jeunes années, le No 99 lausannois a vécu une longue période de disette. Avec le FC Zurich d’Uli Forte en Super League (sept présences) d’abord puis au sein du FC Vaduz de Giorgio Contini (deux buts en 40 matches) ensuite. «Mes dix-huit mois à Vaduz ont été difficiles, admet-il. À la fois parce que l’on attendait beaucoup de moi mais aussi par le surplus de pression que je m’étais mise. Je n’étais tout simplement pas prêt pour ce grand saut.» Une période de doutes qui n’a pas modifié le jugement de Giorgio Contini sur l’attaquant. «Je l’avais fait venir à Vaduz après l’avoir suivi avec les M21 du FCZ, où il exprimait déjà un potentiel très intéressant, explique le coach du LS. L’une de ses principales qualités est d’avoir très souvent le bon geste face au but adverse. À l’époque, il avait Sadiku devant lui et les opportunités étaient donc rares. Aldin manquait alors aussi d’un peu de maturité. Il a fait ensuite le bon choix en décidant de rejoindre une équipe plus modeste, comme Rapperswil, pour obtenir du temps de jeu et ainsi progresser.»

Un choix qui allait s’avérer décisif dans la carrière de Turkes. En dix-huit mois, l’attaquant un brin immature se développe, progresse et reprend très vite cette confiance qui lui avait fait défaut au Liechtenstein. Dans un club de bas de tableau de Challenge League, il réussit à faire trembler à 24 reprises les filets en 49 matches. Ce qui n’a toutefois pas empêché les Saint-Gallois de tomber en Promotion League, l’été dernier.

Ne pas se tromper

«Je savais que le travail allait finir par payer, raconte Aldin Turkes. Mais après cette enrichissante expérience avec Rapperswil, il fallait surtout que je ne me trompe pas de destination. Je voulais choisir une équipe dans laquelle j’aurais de grandes chances de beaucoup jouer.» D’où sa décision de rejoindre le LS d’un entraîneur qui l’appréciait plutôt que ce Grasshopper d’un certain Uli Forte qui n’avait pas cru en lui quelques années plus tôt. Ou encore de tenter une expérience peut-être plus hasardeuse en 2e Bundesliga.

«LS est le meilleur choix que je pouvais faire, s’enthousiasme Turkes. Ici, il m’a fallu deux jours pour me sentir chez moi. Tout a été fait pour que mon intégration se passe le plus simplement possible. Sans exagérer, durant ma carrière, jamais je ne me suis senti aussi bien dans un vestiaire qu’au LS. L’excellente ambiance n’est d’ailleurs pas étrangère à nos bons résultats.»

Créé: 23.01.2020, 21h02

L'avant-match

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Les absents Monteiro (suspendu), Cabral et Puertas (blessés). Ndoye et Zeqiri sont incertains. «Ils souffrent tous deux d’un léger problème musculaire dû au passage de l’herbe au synthétique. Rien de grave, mais il faut faire attention», prévient Contini.

Giorgio Contini «Cette préparation hivernale a été plus courte que d’habitude. Elle se poursuivra donc la semaine prochaine encore. Mon équipe n’est pas au top de sa forme, mais ce que j’ai vu lors des matches amicaux est déjà très positif. La confiance est là, même s’il faut toujours se méfier des incertitudes qui accompagnent un match de reprise.»

Schaffhouse Avant-dernière, l’équipe des frères Yakin ne compte que quatre points d’avance sur Chiasso. Des Tessinois qui ont fait un gros effort de recrutement, au contraire du FC Schaffhouse. «Disons qu’ils ont surtout cherché à consolider leur défense avec le géant (190 cm) Mirza Mujic et l’espoir bâlois Adrian Kaiser (21 ans)», précise le coach de la Pontaise. Le défenseur central suédois de 25 ans n’avait jusque-là évolué que dans de modestes clubs islandais, norvégien et suédois.

Le LS sera son principal adversaire

Commentaire

En juillet dernier, le Lausanne-Sport partageait l’encombrant statut de favori avec Grasshopper, le tout frais relégué de Super League. Six mois plus tard, au moment d’aborder la seconde phase du championnat, les Vaudois semblent seuls au monde. À entendre les différents commentaires, ils ont même presque déjà un pied à l’échelon supérieur.

Le LS ne compte pourtant que six longueurs d’avance à mi-parcours sur son contradicteur zurichois. Pas grand-chose si l’on sait que 54points restent encore en jeu. Mais ce quasi-plébiscite est surtout dû à la supériorité parfois flagrante des Lausannois sur leurs adversaires. Tout le contraire d’un GC jusque-là plus laborieux que convaincant. Une domination que la différence de buts – +32 pour LS contre +9 à GC – traduit beaucoup mieux que l’écart au classement. Et puis, chacun a encore en mémoire ces deux confrontations directes que les Vaudois ont remportées à la régulière.

Comme les joueurs l’admettent spontanément, ce sont d’abord et surtout eux-mêmes qui pourront compliquer leur retour en Super League. Et on a pu constater cet automne combien cet «adversaire» pouvait être redoutable. Car aujourd’hui, on peut se demander ce qui prédomine dans les têtes lausannoises entre le bonheur de virer en tête avec cette petite marge de six unités et la frustration de ne pas en compter davantage encore. Les huit points égarés contre les trois derniers du classement doivent servir d’exemples à ne plus reproduire. Si tel est le cas, le LS inaugurera à coup sûr la Tuilière en SL en juillet.

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